Le Jeudi 3 avril au matin, les collégiens des deux établissements scolaires de côte d'or ayant choisi de faire installer des bornes biométriques (les Lentillères à Dijon et Rostand à Quétigny), ont trouvé les portes de leur établissement fermées à l'aide de superglu dans les verrous et les murs repeints de tags "Non à la biométrie !" et "Biométrie = Fichage = Prison". Cette initiative s'inscrit sans doute dans un soutien à la campagne nationale contre la biométrie initiée actuellement en France. Quand les collèges se transforment en prison et en laboratoire d'acclimatation au contrôle social, fermons-les !
| Date de parution: | Lundi 31 mars 2008 |
| Auteur: | Nicolas Dufour, Paris |
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Un homme aux capacités démultipliées par des puces? A la mémoire extensible grâce à des cartes,
comme les ordinateurs? Depuis trente ans, Joël de Rosnay décrypte la complexité du nouveau monde technologique. Il détaille les pistes prometteuses et les dangers. |
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Comme tout penseur des sciences, Joël de Rosnay est d'abord un fabricant de mots. Depuis son
ouvrage Le Macroscope en 1975, manifeste francophone de la nouvelle pensée cybernétique, ce futurologue façonne les termes qui traduisent l'évolution des techniques. Et qui inscrivent les
mutations électroniques dans nos sociétés. Ainsi face à l'extension des réseaux, en apparence infinie. Ou des démarches visant à fusionner l'humain et la machine. Aujourd'hui conseiller scientifique à la Cité des sciences de La Villette, à Paris, Joël de Rosnay balaie ces thèmes en offrant une pensée à débattre, mais qui ne cède pas aux modes, fidèle à ses principes d'origine. Discussion libre, du statut du pacemaker à l'avenir de la démocratie. Le Temps: Serons-nous bientôt des robots? Joël de Rosnay: Je ne l'espère pas! Il est vrai que ces trente dernières années, l'augmentation de l'humain s'est beaucoup développée, notamment dans le domaine militaire ou avec les techniques mises au point pour les personnes gravement paralysées. Il faut maintenant considérer l'aspect philosophique ou éthique de ces questions. - Quels jalons voyez-vous dans cette histoire récente qui lie hommes et machines? - En 1981 j'ai proposé le terme de «biotique», mariage de la biologie et de l'informatique, pour montrer que les interfaces homme-machine vont devenir de plus en plus symbiotiques, c'est-à-dire basées sur une association toujours plus étroite entre le biologique et l'électronique. On parlait alors de «bionique»: on pensait à des yeux ou des oreilles artificielles. Vous avez vu cela dans certains films ou séries TV de science-fiction... Sur un plan plus concret, on a appliqué ces techniques pour piloter des avions très complexes, en envoyant des informations non seulement par les commandes manuelles, mais aussi au moyen de signaux donnés par les yeux. Plusieurs recherches et expériences ont fait exploser les interfaces homme-machine. Je vois toutefois des limites à cela. - Quelles sont vos réserves? - Je suis réticent face aux puces invasives, à l'invasion du corps par des puces implantées. Bien sûr, pour traiter le diabète grâce à des pompes à insuline implantées, la raison médicale est évidente. Mais je suis opposé à toute volonté d'augmentation artificielle du corps. Certains plaident en ce sens, notamment un courant d'idées, les transhumanistes, qui sévit aux Etats-Unis. - Où situez-vous la limite? Quand parlez-vous d'augmentation de l'humain? - Il y a trois étapes: l'homme réparé, transformé, augmenté. L'homme réparé, c'est la chirurgie osseuse ou vasculaire, la possibilité de renforcer des os ou transplanter des organes... Je crois que personne ne s'y oppose sur un plan éthique. Par homme transformé, j'entends, justement, la pompe à insuline, ou des implants derrière la rétine pour que les malvoyants puissent au moins discerner la lumière... -... pourquoi «transformé»? - On parle d'un homme qui n'est plus complètement biologique, qui se trouve transformé en tant qu'humain, par l'ajout d'une puce ou de prothèses... Poussez le raisonnement: quelle serait l'identité d'un être humain composé exclusivement de puces dans le cerveau et d'organes sensoriels prothétiques? On arrive ainsi à la troisième étape, l'augmentation. Les transhumanistes pensent que l'homme peut être modifié grâce à la technologie, de la même manière dont on répare un avion après chaque atterrissage. L'homme pourrait ainsi devenir quasi immortel, il s'ajouterait des terabits de mémoire dans le cerveau comme on augmente la capacité de nos disques durs, etc. - En quoi franchit-on un seuil éthique? - Nous devons rester humains au sens de l'identité de notre corps. Si nous cherchons à dépasser les capacités naturelles du corps, nous créons une nouvelle forme d'inégalité, biologique, face à laquelle les inégalités sociales et économiques d'aujourd'hui ne constituent qu'une petite étape. La science générerait ainsi des différences entre des individus alpha et gamma, comme dit Aldous Huxley, les alphas étant dotés de tous ces outils et pouvant se les payer, les gammas croupissant au stade de subalternes. - Ne profitons-nous pas déjà de capacités techniques d'augmentation? - Oui, nous sommes des hommes augmentés, avec nos ordinateurs en réseau, nos voitures, nos avions ou nos téléphériques qui nous mènent au sommet des montagnes... Mais il s'agit d'une augmentation sociétale, liée à l'évolution de notre société. Evoquons le terme de mutation. Certains biologistes continuent de croire - ils ont raison, c'est leur métier - à une mutation de l'homme. Nous perdrons nos cheveux, devenus inutiles, nous aurons moins de dents, une grosse tête et des petites mains... - Ce que disaient des écrivains de science-fiction à la fin du XIXe siècle... - En effet. Je dis autre chose. Nous sommes déjà des mutants. Mais au lieu de muter de l'intérieur, comme l'imaginaient les biologistes, nous avons muté de l'extérieur, par les extensions et les prothèses. L'oreillette Bluetooth est une forme de prothèse, une paire de lunettes ou de jumelles aussi. Mais ces prothèses s'intègrent au sens que je veux donner à ma vie, elles ne créent pas une inégalité ou une différence avec les autres hommes. - Avec le clavier, la caméra, les capteurs, on ajoute des formes d'organes sensoriels aux machines: n'est-il pas logique que l'on implante certains appareils dans le corps? - La machine s'humanise, se biologise, et le biologique se machinise. Ce qui m'intéresse est notre capacité d'humain à choisir notre interface, qu'on soit mère au foyer, broker ou étudiant. Un exemple, la façon dont la télécommande a changé la télévision en permettant le zapping: elle a bouleversé la publicité, les émissions, le discours politique à la TV. Autre exemple, qui passionne ces temps les entreprises de télécoms, le téléphone portable, appelé à devenir un scanner, une souris et une télécommande de l'environnement cliquable. Ainsi, je vois une affiche intéressante de la Cité des sciences dans la rue, et grâce à un code-barres que lit mon «cam-phone», je peux accéder au site web de La Villette. - Vous célébrez l'avènement d'Internet et l'extension des connaissances qu'offre le réseau. N'est-ce pas aussi une forme de transformation? - Oui, mais différente, sous la forme de la symbiose. Voyez, dans un corail, le lien qui unit une algue faisant la photosynthèse et un petit protozoaire producteur du calcaire. L'algue donne ses aliments au protozoaire, il lui offre un gîte la protégeant des courants ou des prédateurs. Les deux sont absolument essentiels l'un à l'autre. C'est une symbiose. - Allons-nous nous fondre dans Internet? - Je constate une explosion extraordinaire de l'homme symbiotique: nous restons nous-mêmes, mais nous sommes associés comme nous le désirons - et si nous le désirons - à des outils qui nous changent, pour communiquer, mémoriser, nous mettre en réseau, créer une intelligence collaborative. Voyez la production de contenus par les utilisateurs sur Internet, le Web 2.0, bientôt le 3.0. De manière générale, j'y vois la croissance d'un système global fait de neurones interconnectés par les réseaux de communication. Je l'appelle le cybionte. C'est ici que se situe la suite de l'évolution. Cet organisme vivant que nous construisons par morceaux au niveau de la planète, à des niveaux de développement différents. Un homme toujours naturel, capable de se connecter quand il le souhaite. Une nuance: à un excès d'information, je préfère un surcroît de sagesse. Nous devons apprendre à nous débrancher. Le grand luxe sera de se libérer du diktat de la connexion. - C'est l'ère du réseau partout? - Internet devient un écosystème informationnel. Il va se couler dans l'environnement, comme l'électricité. Aujourd'hui, nous y accédons grâce à trois écrans: celui de l'ordinateur portable, celui de l'ordinateur de bureau et les appareils genre BlackBerry ou iPhone. L'immense univers d'Internet est réduit à une fenêtre d'au maximum 30 cm. Avec les environnements intelligents, nous allons passer (il fait le geste de plonger dans un cadre imaginaire) de l'autre côté du miroir, selon l'image de Cocteau. L'environnement sera l'ordinateur. Il y aura davantage de puissance informatique dans les murs, les poignées de portes ou les rideaux que dans les machines actuelles. Cela commence ces temps avec les puces de type RFID, les capteurs de mouvement comme ceux qui équipent la Wiii, les technologies de biométrie et celles qui permettent aux objets de communiquer entre eux. - Mais il faudra toujours un écran pour explorer le Net... - Il n'y aura plus besoin de l'écran tel qu'on le connaît. Toute votre table sera l'écran, votre mur, votre fenêtre. L'environnement devient cliquable. En attendant ces interfaces cliquables, c'est le téléphone portable qui fait évoluer la technologie. Ces ordinateurs personnels mobiles assurent la transition entre le monde actuel et le futur symbiotique. En d'autres termes, nos prothèses sont en train de s'interconnecter. - Certains délirent sur une forme de connexion mentale à Internet, est-ce si différent de votre symbiose? - La liberté de l'interface est prépondérante. Je demande à voir où sont les avantages dans l'hypothèse d'une connexion mentale. Personnellement, je n'ai pas de BlackBerry et n'utilise pas les réseaux communautaires, je veux pouvoir m'interfacer selon mes choix et ma responsabilité. - Le seuil de ce que l'on entend par humain recule-t-il? - Il a déjà reculé. Dans mes termes, le périmètre de l'humain à l'intérieur du cybionte va certainement s'élargir, avec des choix d'interfaces toujours plus nombreux, mais qui feront, à chaque fois, l'objet de débats éthiques et philosophiques. Ce sont, en fait, les mêmes réflexions que celles des comités d'éthique sur la biologie, à propos des mères porteuses, du clonage humain ou les cellules embryonnaires. Là aussi, on pose la question des limites du corps humain et de son exploitation en tant que machine. -... ou, sur un plan plus terre à terre, de la traçabilité des individus... - Ces évolutions technologiques accélèrent l'avancée de la connaissance, de la communication, de l'éducation. Mais en effet, dans le même temps, elles sont inquiétantes. Comme cellules à l'intérieur du grand organisme, nous sommes toujours plus traçables, nos communications peuvent être suivies, les systèmes de transaction, de visualisation et de localisation deviennent plus puissants... On sait déjà qui achète quoi, quand et où. Face à cet accroissement de la technologie, nous devons augmenter notre capacité de protection. Pour l'instant, nos protections relèvent de la mécanique. Il faut développer une culture et une pratique de la protection numérique. - Vous fustigez l'usage de prothèses mais semblez bienveillant face à cette invasion des puces électroniques... - Je n'ai pas de bienveillance, je dis que ces systèmes, avec les RFID, vont s'implanter dans nos vêtements, nos étiquettes, partout autour de nous, et sur nous. Le marché pousse au développement de ces techniques. Bien sûr, la traçabilité sera bien pire dans dix ans. Les scientifiques, les sociologues, les politiques et les industriels doivent réfléchir ensemble aux choix responsables qui se présentent, aux dérives possibles. Pour éviter que ces objets ne se retournent contre nous. - A ce propos, ne faut-il pas s'inquiéter de ce que l'Etat possède toujours plus de moyens de contrôle des citoyens? - Je prends l'image des blogs, qui peuvent être un vaste forum d'expression citoyenne, mais aussi un formidable outil de désinformation. Pis, la censure classique est peut-être moins puissante que la possibilité d'influencer les gens par des fausses informations. Oui, ces outils sont à la disposition d'Etats qui ne s'en privent pas, notamment au nom de la lutte antiterroriste. Mais en parallèle à ce mouvement, on assiste à la montée de nouveaux pouvoirs, qui contrent les pouvoirs pyramidaux classiques, de la politique ou de l'industrie... A côté des mass media, on a les médias des masses; face aux maisons d'édition, aux labels de musique, il se trouve des gens qui créent et s'échangent leurs créations par le peer-to-peer. Ce sont les pronétaires, les petites gens du Net. - Vous faites l'analogie avec les prolétaires, ceux du Web sont-ils opprimés? - Ce mouvement désarçonne les politiques et les industriels, qui se dépêchent d'interdire le piratage. Plutôt que d'accompagner le mouvement, de le catalyser en laissant les gens s'interconnecter pour créer de la valeur ajoutée, on essaie de mettre en place les vieilles barrières des interdictions et de la culpabilisation... Mauvaise tactique. Les modèles économiques sont en train de changer, les industriels et les politiques n'ont pas encore compris cette évolution. Entre le pouvoir du haut et celui de la base, il y a un niveau intermédiaire important, la corégulation, qui repose sur une démocratie participative. - N'y a-t-il pas quelque naïveté à penser que tout se régule toujours, naturellement? - Mon corps est régulé, je ne m'occupe pas de sa température, par exemple. C'est l'homéostasie, l'équilibre. Mais une société ne peut pas être homéostatique. Elle doit maintenir sa structure et son identité, mais elle doit aussi rompre cet équilibre pour créer du changement Que disent Hillary Clinton ou Barack Obama, que proclamait Nicolas Sarkozy? La rupture, le changement. Au pouvoir, ils doivent garder certains acquis, sinon le pays éclate. Le jeu du management du futur, c'est de jouer sur ces deux forces, l'équilibre et la nécessité de la rupture. - Face au dérèglement climatique, à l'appauvrissement d'une partie du monde, le simple citoyen a surtout l'impression de vivre une rupture permanente des équilibres... - Je fais du surf. Le surf, c'est la rupture et l'équilibre, tout le temps. Entre le totalitarisme et l'anarchie, les responsables doivent surfer sur cette crête si instable qu'est la démocratie, la solidarité, l'échange. Je ne suis pas sûr que la démocratie va réussir. Je le souhaite. Si j'avais une totale confiance dans la régulation, je plaiderais pour le modèle de la ruche d'abeilles, un système dans lequel il n'y a plus aucune liberté. Dans le surf, j'attends la vague, qui a été créée par un ouragan au nord de l'Atlantique générant de grandes ondulations, de manière tout à fait déterministe - comme ma vie. Mais une fois que la vague est là, je vais exprimer ma liberté en la prenant, en revenant en arrière, en virant ou en sortant de cette vague... C'est le jeu du déterminisme et de la liberté. Et c'est la noblesse de l'homme. |
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Dans le cadre de la "campagne contre la biométrie" menée dans toute la France du 12 mars au 12 avril 2008, contre le fichage ADN, la vidéosurveillance..., le collectif lyonnais contre la biométrie et d’autres personnes organisent débats, projections, concerts, actions, émissions de radios... Suivez le programme qui évoluera au fil du mois: http://rebellyon.info/article5011.html
(A noter, des projections de films au Boulon et un concert au Splash)
Lire aussi:
http://rebellyon.info/article5025.html
http://rebellyon.info/article5029.html
Annonce
Nouvelles pratiques sociales
Appel de contributions
Vol. 21, no 2 (printemps 2009)
Dossier : Intimité et vie privée : déplacements de pudeur et politiques
Responsables : Rébecca Beauvais et Maria Nengeh Mensah
Au 21e siècle, bon nombre de pratiques sociales mettent en jeu l’intimité et la vie privée. Pensons à la tenue des dossiers et des informations à caractère confidentiel, aux soins et services livrés à domicile, à l’intervention en matière de violence familiale et conjugale, à la biométrie et à l’intelligence sur l’identité individuelle, aux différents métiers de l’industrie du sexe, au quotidien des personnes qui résident en milieu carcéral ou dans d’autres institutions fermées, aux expériences du vivre dans la rue, aux exigences du secret professionnel, aux programmes visant à modeler l’habillement des adolescents ou à notre engouement face aux émissions de télé-réalité. Chacune de ces activités est traversée par une tension certaine, entre d’une part la volonté de savoir, de connaître et de dévoiler, et d’autre part, la résistance et le contrôle de l’invasion. Nos sociétés surveillent et protègent en même tant qu’elles sont devenues remarquablement « avouantes ». De ce constat, et si l’on accepte l’idée que ces pratiques ont une fonction politique, il importe dès lors de s’interroger sur les enjeux démocratiques qui les sous-tendent et, du coup, de nommer les repères à partir desquels les enjeux de l’intimité et de la vie privée peuvent être examinés.
La dimension politique de l’intimité et de la vie privée apparaît être au cœur des débats actuels. Car sans politique, parlerait-on vraiment de l’hypersexualisation de la société, du non-respect de la vie privée, de l’extimité ou du sur-dévoilement, entre autres, par l’usage d’Internet et des télé-réalités, comme des problèmes sociaux qui semblent bouleverser notre « vivre-ensemble » — donc une façon de vivre et de penser le politique.
Ainsi, bien que l’intime doive être différencié de la vie privée (la vie privée est une notion explicitement politique, un droit civil dûment policé, tandis que l’intime est une activité sociale, une portion d’espace réel ou métaphorique dont l’acteur principal privilégie la garde), les deux termes recouvrent des repères normatifs et politiques semblables. Les pratiques sociales, les institutions et les codes, qui organisent la vie privée cristallisent l’état des rapports de force entre les sexes, par exemple. « Le personnel est politique! », s’écriaient les mouvements féministes dans les années soixante. Parce qu’il n’y a pas de domaine privé dans une existence qui ne soit politique, et inversement, il n’y a pas de problème politique qui, en dernier ressort, ne soit personnel. Dans cet ordre d’idées, se sont imposées diverses stratégies, dont l’étude de la division entre les sphères privée/publique et de son inscription dans la différenciation sociale des sexes; et l’examen des problématiques de la vie privée (l’amour, la sexualité, la famille, le travail domestique, le rapport au corps et à l’identité, etc.) qui ont eu un impact sur les rôles sexuels et les modes de vie tant intimes que publics.
Cette intimité dont on parle se compose conceptuellement d’au moins quatre dimensions interreliées : une dimension émotionnelle qui renvoie au sentiment, au souci de l’autre; une dimension spatiale reliée à la proximité et aux interactions physiques; une dimension psychologique qui implique une certaine intersubjectivité; et une dimension sociale qui comprend des échanges verbaux d’informations, de connaissances. Or le sexe est fortement associé à cette intimité et à l’identité individuelle. C’est pourquoi on a tendance à réduire la notion d’intimité et les espaces où elle se cantonne à la dimension sexuelle de l’existence; à faire de la sexualité le fondement même de l’intime. Et c’est pourquoi aussi les ouvrages publiés au cours des dix dernières années qui se sont intéressés à la notion d’intimité ont largement exploré l’angle de la sexualité. Dans ce numéro, nous voulons élargir le sens et surtout la portée des transformations qui s’opèrent dans ce champ.
Or, nous émettons ici l’hypothèse que les déplacements et les débats actuels quant à l’intimité et à la vie privée, sont surtout une affaire de déplacement de pudeur ; les frontières du privé et du public resteraient quant à elles opérantes. En conséquence la pudeur, « cette gêne qu’une personne éprouve à faire, à envisager ou à être témoin » serait un motif des résistances comme des renouvellements des pratiques. Chez certains acteurs, cette pudeur serait déplacée au profit d’enjeux économiques et politiques : accès à l’information, test génétique dans les demandes d’immigration, cartes à puce, etc. Du reste, c’est la question démocratique qui nous interpelle ici : la pudeur n’y étant pas limitée aux choses sexuelles. La notion d’intimité génétique par exemple, notion qui « découle de l’apparition de formes de discrimination génétique utilisée par les employeurs, les compagnies d’assurances, les écoles ou les agences d’adoption » laisse entrevoir une nouvelle gestion et délimitation du champ de l’intimité. D’une part, une intimité à protéger : une atteinte à la démocratie, car on « viole » la vie (l’intimité) des gens; une tension entre diffusion/accès à l’information et le droit à une vie privée. D’autre part, une intimité qui est un moteur de prise en charge citoyenne, l’intimité devient un lieu propice à la prise de parole, à l’engagement, à la résistance (luttes contre l’assujettissement) qui ne se limite pas à l’individu même s’il en est la première prise de conscience.
Pour son numéro d’hiver 2009, NPS invite les praticiens, les étudiants engagés en intervention sociale, les militants des milieux communautaires et bénévoles, les professeurs et les chercheurs à réfléchir sur les enjeux démocratiques que soulèvent de nouvelles pratiques sociales liées à l’intimité et à la vie privée. Nous cherchons donc des contributions scientifiques qui tentent de contextualiser les changements quant à l’intimité et à la vie privée, à cartographier les lieux de cette intimité et leurs nouvelles frontières, ainsi qu’à questionner comment la démocratie s’inscrit dans ces nouvelles démarcations. À titre d’exemples, les textes soumis pourront aborder les questions suivantes : Quelle vitalité démocratique réside autour des frontières qui entourent l’intimité et la vie privée? Comment la caractériser? Qui limite qui? Dans quel but et avec quels effets? Quelles formes prennent les pratiques de l’intime et de la vie privée dans l’univers de l’intervention sociale? Individuelle, familiale, de groupe ou auprès des collectivités? Et que sont les nouvelles tensions émergentes en considérant les enjeux émotionnels, spatiaux, psychologiques ou sociopolitiques? Aussi, est-ce que ces déplacements sont radicaux (remise en question de cette séparation privée/publique), moraux ou stratégiques? Finalement, comment se définissent le politique et le démocratique sur le terrain de nos recherches et réflexions?
Les manuscrits doivent être soumis avant le 15 avril 2008 par courrier électronique à Nouvelles pratiques sociales (nps@uqam.ca).
Pour toute question relative à ce numéro thématique, les auteurs sont invités à communiquer avec les responsables : Rébecca Beauvais
Chargée de cours
Département de science politique et École de travail social
UQAM
Tél.: 514-987-3000 (poste 4141)
beauvais.rebecca@uqam.ca
Maria Nengeh Mensah
Professeure-chercheure
École de travail social Institut de recherches et d'études féministes
UQAM
Tél.: 514-987-3000 (poste 1723)
mensah.nengeh@uqam.ca
Rappel : Vous trouverez le guide pour la présentation des articles dans la revue et vous pouvez le consulter sur notre site Web (http://www.nps.uqam.ca/appel/guide.php); toutefois, nous
précisons déjà qu’aucun article ne devra dépasser 35 000 caractères (espaces compris), notes, bibliographie et tableaux inclus.
source : calenda.revues.org
« Dépassons les bornes ! »
23 février 2008
Voici un texte explicatif sur la campagne biométrie, ses objectifs et modalités, en html ainsi qu’en version mise en page et prête à être photocopiée. Tous les outils de campagne, tracts et affiches types sont disponibles en cliquant ici. Des documents complémentaires. sur la biométrie sont disponibles là, ainsi que des documentaires sonores, ici.
Contexte et propositions de lutte
La biométrie consiste à utiliser la mesure de parties du corps (iris de l’œil, empreintes digitales, contour de la main, du visage...) ou de comportements (démarche, manière de signer...) pour reconnaître une personne. Ces parties du corps, réputées uniques pour chaque individu, sont numérisées, puis enregistrées dans des bases de données, etréactivées à chaque fois qu’il faut s’identifier. Depuis la fin des années 90, sous la pression de lobbys industriels et étatiques, les outils de reconnaissance biométrique, souvent des bornes, se généralisent et remplacent les clés, les cartes ou tout simplement la reconnaissance en face-à-face.
Les dispositifs biométriques ont d’abord été installés dans des zones dites « sensibles » (prisons, aéroports…). Depuis quelques années, dirigeants et industriels ne reculent devant rien pour en généraliser l’usage à toutes sortes d’activités quotidiennes. En 2004, le groupement des industriels de micro-électronique (Gixel) publiaient un Livre Bleu de préconisations au gouvernement, lui conseillant de conditionner les plus jeunes pour faire accepter la biométrie à une population récalcitrante. Ils y prescrivaient une « éducation dès l’école maternelle », c’est-à-dire l’implantation massive de bornes biométriques dans les établissements scolaires. Dès 2005, cette propagande s’est rapidement matérialisée sous forme de systèmes d’accès des élèves à la cantine et aux entrées. On compterait aujourd’hui 350 établissements scolaires biométriques, contre seulement une vingtaine en 2005. C’est donc une grande partie de la jeunesse qui, tous les jours, est priée de trouver normal d’être gérée en silence par le biais de son anatomie, avec la complicité de prétendus éducateurs.
Le monde de la biométrie est le même que celui du prélèvement massif d’ADN, de la vidéo-surveilllance et de la pose de bracelets électroniques sur les nourrissons. C’est un monde où l’on juge que gérer des corps est finalement plus efficace et rentable que dialoguer avec des personnes. Derrière la machine, un pouvoir arbitraire et omniprésent alimente, peut-être plus encore que par le passé, frustration, impuissance et paranoïa. Grâce à ces technologies, les dirigeants constituent des fichiers et organisent une surveillance en temps réel dont auraient rêvé les dirigeants soviétiques. De leur côté, les industriels se réjouissent d’étendre encore leur conquête des activités humaines, en les conformant à leurs innovations technologiques. Tantôt en agitant la peur des terroristes, tantôt pour nous « simplifier la vie », les bureaucraties, petites et grandes, étatiques ou marchandes, ne cessent de soumettre les espaces de la vie commune à leurs propres critères : rien ne doit entraver le flux de l’économie ; rien ni personne ne doit se déplacer incognito.
Pourtant, depuis 2005, une résistance se structure. Fin 2005, une troupe de clowns apparaît dans la cantine du lycée de Gif-Sur-Yvette et sabote les bornes biométriques pendant le repas de midi. Diverses campagnes d’information ont lieu et certaines oppositions réussissent à empêcher l’installation de bornes biométriques. En ce début d’année 2008, divers collectifs en France se sont alliés pour lancer du 12 mars au 12 avril une campagne nationale contre la biométrie. Vous trouverez ci-dessous diverses infos politiques et pratiques sur cette campagne.
Cadre de la campagne
Cette campagne a été lancée parce qu’il est urgent de faire obstacle à la banalisation de la biométrie. Or les mobilisations qui ont eu lieu dans certains lycées sont encourageantes : la détermination de quelques-uns peut suffire à créer un rapport de force favorable. Si, depuis plus de deux ans, diverses actions ont déjà été menées ici et là, l’idée est aujourd’hui de se donner plus de force et de cohésion, notamment en agissant au même moment.
Cette campagne contre la biométrie a été lancée par divers collectifs en France souvent impliqués par ailleurs dans des luttes contre le fichage (ADN, "base élève"), la vidéo-surveillance, la répression et l’enfermement des mineurs... Nous avons décidé de nous attaquer à la biométrie dans le cadre d’une offensive de longue haleine et plus large sur le contrôle social, l’enfermement et les conséquences du développement des nouvelles technologies. Mais dans cette campagne, pas de stratégie unique ni de cadre fermé : à chacun, selon le contexte, de trouver les alliances et les formes d’action les plus belles et les plus intéressantes.
Nous cherchons à élargir cette campagne au plus vite. Votre aide est la bienvenue pour diffuser ce texte de proposition, par internet, mais surtout dans le monde réel autour de discussions.
Les actions que nous projetons visent notamment les établissements scolaires : ce sont des lieux privilégiés de la propagation de ces technologies, mais aussi parce que ce sont des endroits
où les enjeux collectifs permettent encore des mobilisations (au grand dam du Gixel). Mais il est tout aussi pertinent de s’attaquer à d’autres espaces où s’implante la biométrie :
immeubles, entreprises, bars et restos, lieux de diffusion d’objets high-tech (disques durs et ordinateurs portables par exemple), piscines... Et puis, évidemment, à toutes les entreprises qui la
vendent (vous trouverez de nombreux détails sur le blog d’un grand amateur de biométrie :
http://pagesperso-orange.fr/fingerc... _ Pas tout à fait
exhaustif mais une bonne base).
Modes d’action
La base est pour nous, de provoquer des remous dans les établissements biométriques et au mieux d’en exclure la biométrie ; et de diffuser massivement des tracts dans les établissements où elle n’est pas implantée, histoire de décourager des projets d’installation. Il a été constaté que dans l’un et l’autre cas ça pouvait marcher.
Nous nous sommes rendu compte qu’il est assez facile d’entrer dans les établissements pour glisser des papiers dans les casiers des profs, voire d’aller trouver franchement des chefs d’établissements et de leur proposer des affiches. On trouve toujours des profs et des lycéens complices.
Dans diverses villes, on peut prendre contact avec des lycéens, syndicats de profs (FEN, FSU, CGT educ, CNT, SNES, SNUIPP, SUD educ...) et parents d’élèves (FCPE...) pour organiser une soirée d’information. C’était assez efficace jusqu’ici et cela permet que les luttes soient menées avec des personnes directement concernées. Cela peut être pas mal d’organiser des actions communes avec des collectifs locaux (en général des syndicats de profs et parents aussi) qui s’engagent actuellement contre Base-élève.
En dehors des tracts et des soirées d’information, des initiatives de "fermeture" symbolique des établissements déjà équipés, avec des marquages du type "Biométrie : quand les lycées se transforment en prison, fermons-les !", pourraient aussi sonner juste.
Des initiatives plus drastiques ne sont pas à exclure, sans nuire aux personnes.
Textes et affiches-type pour la campagne
Deux tracts-types sont proposés avec un contenu un peu différent. Ils peuvent être diffusés tels quels ou modifiés à votre guise (versions texte et pdf disponibles sur le site panoptique.boum.org). Nous proposons aussi des modèles d’affiches à coller autour des établissements et ailleurs.
Soirées publiques
Pour des soirées publiques, nous pouvons envoyer des copies du documentaire "le temps des biomaîtres", un film qui est loin d’être parfait, mais assez court. Si vous en faites la demande par mail, certaines personnes qui ont l’habitude d’intervenir dans des présentations publiques pourraient venir vous aider à organiser la soirée.
Lister les établissements biométriques en France
Nous sommes en train d’établir une liste des établissements scolaires équipés. Il y aurait donc 350 établissements biométriques officiellement déclarés à la CNIL (qui participe activement à la banalisation de la biométrie, voir par ex. l’article http://ww.rebellyon.info/article4767.html), et un certain nombre d’établissements biométriques non déclarés. Il est assez facile d’appeler les collèges et lycées, voire les écoles primaires, en se faisant passer pour une quelconque boîte de biométrie qui propose des équipements aux établissements, pour voir s’ils sont déjà équipés ou pensent le faire. L’un des rares moments dans la vie où il est agréable de se faire insulter au téléphone par des gens qui ne veulent pas en entendre parler.
Retours et diffusion de l’info
Les divers documents et comptes rendus liés à cette campagne seront disponibles sur le site panoptique.boum.org. Vous pouvez déjà y retrouver, outre les tracts et affiches sus-mentionnés, des brochures et documents à photocopier sur le sujet.
Si vous avez fait de l’info dans les lycées locaux, collé des affiches, organisé des débats, envoyez-nous des communiqués sur les réactions que ça a suscité auprès des parents d’élèves, administrations, dans les médias locaux... Par ailleurs si vous entendez parler d’autres actions menées, par le biais de médias locaux indépendants ou marchands, nous voulons bien relayer l’info. Vous pouvez envoyer ces informations à panoptique@boum.org
Nous vous invitons à relayer largement cette initiative chez vous et à décider vous-mêmes du traitement médiatique que vous trouvez adéquat. Rappelons que les chefs d’établissement installent souvent la biométrie pour donner une image de modernité et de prestige à leur école : ils sont donc particulièrement gênés par une opposition médiatisée, ne serait-ce que localement. Des communiqués de synthèse des actions menées partout en France pendant la campagne seront envoyés aux médias au nom du réseau « Biométrie hors de nos vies ». Nous avons choisi que ce réseau de circonstance n’ait ni représentant ni porte-parole ; personne ne devrait donc se mettre en avant et « récupérer » ces actions publiquement, et surtout pas un parti politique.
Bon printemps à tous.
Biométrie, hors de nos vies !
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sécurité
Données personnelles : la Cnil juge la situation angoissante
Elu président du G29, Alex Türk souhaite que ce groupement des autorités européennes de protection des données se fasse mieux entendre.
Julie
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« L'utilisation des données personnelles dérive de plus en plus. Pire, il y a un
glissement des mentalités : les gens ne se rendent pas compte qu'il faut protéger leurs informations, donc leur intimité. » Alex Türk,
président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) tire une fois de plus la sonnette d'alarme. Et il le fait, cette fois, à l'échelle européenne.
20 millions d'euros pour pister les passagers aériens
Les réseaux sociaux dans le collimateur
La Cnil va faire le ménage dans les mairies
[Base-élève] plus de 160 personnes le 12/02/08 à la Maison du Tourisme.
écrit le 15/02/08 à 16:47:31 par anonyme
Cet article a été accepté par 2 modérateureuses.
Voici un compte-rendu de la réunion publique d’information sur le fichage base-élève qui s’est tenue à la Maison du Tourisme mardi 21 février. Initiative personnelle et récit décidément
subjectif.
La tribune est composée de professeurs et une directrice d’école, de parents d’élève (dont une syndicaliste) et une membre de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH).
Présentation de Base-élève
Elles nous expliquent ce qu’est le fichier base-élève 1er degré: un système de gestion informatique -web- centralisant des fiches d’informations sur chacun-e des élèves des écoles maternelles ou
élémentaires de France. Jusqu’au niveau académique, le nom apparaît sur le fichier, puis au niveau national, il devient un numéro d’identifiant. Il est expérimenté dans certaines écoles depuis
2005, mis en place progressivement un peu partout en France et devrait être généralisé en septembre 20008. Selon le ministère de l’Education nationale qui le met en place, 30 000 directeurs-ices
s’en servent déjà.
Base-élève peut contenir une soixantaine de données personnelles (consignées 15 ans). Elles concernent directement la scolarité de l’enfant : difficultés, évaluations des connaissances,
redoublements, langue pratiquée … mais aussi la situation familiale, le dossier médical, l’attitude, l’absentéisme… Des champs sur la nationalité, la langue et la culture d’origine et la date
d’arrivée en France ont été retirés après deux ans d’applications tout de même. Mais à place on trouve le pays de naissance, habile contournement.
Des arguments gestionnaires
Il est présenté comme outil un facilitant la gestion au sein de l’Education Nationale parce que commun et centralisé. Il permet la connaissance des effectifs, la composition des classes
(sic).
En effet, un but affiché de ce fichier est de permettre la réalisation de « statistiques nationales » sur différents sujets. Le fait de devoir mentionner la langue et le pays d’origine rappelle
étrangement les « statistiques ethniques »...
Certains de ces renseignements sont, "pour le moment", facultatifs. Mais évidemment la législation peut changer, les champs peuvent devenir obligatoires et d’autres peuvent évidemment être
ajoutés.
Accessibilité
- Les écoles, l’administration de l’Education nationale mais aussi les communes auront accès aux données.
On connaît le rapport Benisti de 2005 puis la loi de prévention de la délinquance de mars 2007 qui déclarait le secret professionnel partagé entre acteurs sociaux, professionnels de
santé, enseignants, police et maires et permet donc un accès pour tous ces "partenaires"…
- De plus, la mise sur Internet des données concernant l’enfant inquiète les parents. « Les fichiers de centaines d'écoles étaient consultables sur Internet : il suffisait de donner comme nom
d'utilisateur le numéro de l'établissement (renseignement public) et comme mot de passe... le même numéro ! « Le Canard » a pu vérifier cet état de fait dans plusieurs académies, avant la
décision de fermeture prise la semaine dernière. Explication : consigne avait été donnée aux chefs d'établissement de se simplifier la vie, en évitant de mémoriser un mot de passe compliqué. Une
faute que ne commettrait pas un informaticien débutant. Impossible de savoir s'il y a eu des consultations frauduleuses, voire des modifications de données.»
Le Canard enchaîné du 27 juin 2007
Un élu Vert en verte campagne nous raconte ses démarches et ses lettres à la CNIL au sujet de la sécurisation des données, je n’ai pas tout suivi, c’était fastitidieux.
Instrument de contrôle social
- La LDH insiste sur l’importance de l’évolution des fichiers à tous les niveaux (par exemple le dossier médical personnel), qui n’a connu quasiment aucune opposition. Et sur leur
centralisation.
- Les professeurs et directeurs-ices d’écoles, comme les travailleurs sociaux, ont ici comme « rôle inédit » de contribuer au fichage généralisé de la population
- Le droit à l’oubli est un argument mis en avant : en effet, la bêtise qu’un enfant a fait à trois ans est consignée 15 ans dans un dossier… Cela évoque aussi le rapport Benisti selon
lequel on peut déceler les prémices de la délinquance avant même l’école maternelle et y répondre par des solutions sécuritaires (internat en CM2, vidéosurveillance, suppression d’allocations
familiales aux parents « démissionnaires » etc.). Ou encore le rapport de l’Inserm qui préconise le dépistage du « trouble des conduites » chez l’enfant dès le plus jeune âge (36 mois !) à l’aide
de facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité. Qui introduit l’idée d’une dimension génétique de la délinquance.
Un exemple de délation possible
Dans le Haut-Rhin, la liste des élèves sans-papiers a été demandée par l’inspection académique aux directeurs d’école le 17 septembre 2007. Beaucoup ont sèchement refusé. Le fichier base-élève
n’était pas encore installé, mais avec les champs sur le pays d’origine ou de naissance précités, il n’y a aurait même eu pas une besoin de demander aux directeurs-ices…
Pas de débat
Les parents d’élève racontent comment ils ont eu vent de ce fichier. Souvent, ils ont été alertés par des professeurs et directeurs-ices d’école (à Lesdiguières) ou par d’autres parents d’élève
(par ceux-celles de Chorier-Berriat, par exemple). Si ces personnes ne s’étaient pas inquiétées, ils auraient bien pu ne jamais être au courant. Il n’y a aucune consultation ou réelle information
institutionnelle là-dessus.
Une personne soulève justement qu’on demande l’autorisation des parents pour la moindre sortie, la moindre consultation médicale mais qu’on ne juge pas important de les consulter sur le fichage
des enfants….
Par ailleurs, l’inspection d’académie a interdit à des directeurs-ices d’aborder le problème en Conseil d’école, prétendant que c’est un problème de gestion qui n’a pas à être discuté.
Passage en force des administrations
Pire, les directeurs-ices d’écoles subissent des pressions. Certain-es, qui refusent ce fichier, sont menacées de suppression de salaire, chez une autre, c’est l’animateur informatique qui met la
pression : « vous êtes la seule à refuser etc. ». On intimide aussi les nouveaux profs ou directeurs-ices qui sortent de formation et prennent tout juste leurs fonctions. Ces techniques de
division et d’isolement sont utilisées pour empêcher une solidarité possible entre les écoles.
Faire des liens
--- Dans la salle, une personne se présente comme membre d’un collectif « Panoptique » contre le fichage (ADN, biométrie…) et la criminalisation de la jeunesse. Elle explique qu’une campagne
contre la biométrie dans les lycées et collèges va avoir lieu du 12 mars au 12 avril et requiert la participation des syndicats, des fédérations de parents d’élève et autres collectifs
panoptique@no-log.org.
Des personnes interviennent en faveur d’un élargissement de la réflexion sur la société de contrôle et le fichage de tous et toutes, adultes et enfants. L’une d’entre-elles interpelle l’élu PS en
rose campagne de service en disant qu’il y a un lien entre tous les dispositifs sécuritaires, et que c’est bien joli d’être ici mais que la ville de Grenoble accentue la vidéosurveillance, aide
au financement de start-up de biométrie etc.….
Pas mal de personnes ont l’air d’entendre et d’être d’accord avec elle.
--- D’autres souhaitent étendre le combat au moins à la criminalisation de la jeunesse et autres types de fichiers : base-école et base-élève devraient être mis en place (ce qui entraînerait une
mise en concurrence des écoles). L’évolution de SCONET pour les élèves du second degré est tout aussi dangereuse que la généralisation de “base élèves”, alors que, sur ce fichier, la mobilisation
reste assez embryonnaire. Et un autre fichier, géré par le ministère de l’Intérieur, est inacceptable : le fichier Eloi conservera pendant trois ans des données concernant les enfants de « sans
papiers » expulsés.
Quelqu'un déclare que sans le soutien des citoyens, les parents d’élèves ne peuvent pas grand-chose.
Inversement, sans elles-eux, on ne peut pas faire retirer la biométrie des cantines…
Les actions menées…
Une personne de la tribune nous rend compte des actions menées jusqu’ici par le collectif isérois pour le retrait de base-élève.
- Ses membres tentent d’abord d’informer le plus possible les enseignant-e-s et parents, avec des affiches, des tracts et un dossier d’information (qui critique le dossier de l’Inserm également).
Se placent devant certaines écoles avec un stand.
- Ils font signer des pétitions (20 000 signataires en Isère -?- mardi) et proposent d’écrire des lettres à l’inspection académique.
- Il y a eu des actions de blocages de session de formation des futurs directeurs-ices, à qui on ordonne d’utiliser base-élève. Nota : à Saint-Affrique en Aveyron, deux sessions ont été
annulées.
Mardi dernier à Grenoble 7 personnes ont suffit à empêcher le bon déroulement d’une réunion formation.
A savoir, la FCPE Isère n’a pas le même positionnement que la FCPE nationale qui appelle à arrêter de lutter contre base-élève.
…Et à venir
- Multiplier les réunions publiques d’information comme celle-ci dans les différentes communes de l’Isère.
- Continuer les pétitions, les affichages et la diffusion de tracts.
- Mettre quand même à l’ordre du jour base-élève dans les conseils d’école pour montrer au moins qu’on en a parlé.
- Faire « des actions plus…directes » : blocages de réunion où « se décident des choses ».
- Manifester, organiser un rassemblement :
--> Réunion pour aborder des perspectives d’actions le 12 mars à la Maison des Associations.
- Un meeting se tiendra à Clermont-Ferrand le 5 mars
- Ainsi qu’une réunion au CRDP de Grenoble, mais quand ?
Vers un retrait total
La plupart des personnes qui prenaient la parole se prononçaient pour un retrait total de base-élève.
« Y’a pas d’aménagement, c’est le retrait ».
Cependant des membres du collectif se questionnent sur l’aménagement de base-élève (mettre moins de champs, sécuriser les données…) et se demandent s’ils ne vont pas être entraînés dans une
spirale infernale.
En effet, je ne peux que leur conseiller de refuser totalement ce fichier et les autres, parce que c’est la logique même du fichage et la société de contrôle qui sont à refuser. Accepter des
modifications techniques, c’est d’une part accepter qu’on soit des données, rentrer dans la logique tout en tentant de rendre ce fichage « moins pire ». D’autre part la législation évolue, des
champs peuvent devenir obligatoires, on ne sait pas ce que seront base-élève et l’Education nationale dans 10 ans. Une parent d’élève : « pour supprimer le risque, il faut supprimer la
cause du risque ».
Un directeur d’école a déclaré que parfois, il fallait apprendre à désobéir à sa hiérarchie, et à être « hors-la-loi. » Une syndicaliste CGT membre de Résiste38 (collectif de syndicat contre la
traque des étrangers) rappelle le nouveau décret selon lequel tout fonctionnaire de catégorie C, dépendant de n’importe quel ministère ne peut refuser de servir le ministère de l’Intérieur. Et
que la désobéissance est parfois nécessaire.
courage et à bientôt..
http://www.ldh-toulon.net/
http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/
http://souriez.info/Refusons-Base-eleves
http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&filtre=1&droiteA=1&numpageA=1&id=6229
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Fin de soirée, rien à voir
A la fin, des ami-e-s et moi dehors discuter disons vivement avec l’élu Ps en rose campagne qui nous dit en substance :
- qu’il n’y pas de vidéosurveillance dans Grenoble, sauf pour la circulation (alors que Destot vient de proposer de l’augmenter)
- que les socialistes n’ont jamais fait de loi sécuritaire, qu’il ne sait pas ce qu’est la LSQ (loi sur la sécurité quotidienne) et la LSI (loi sur la sécurité intérieure), mais qu’on doit
mentir,
- que je dis « n’importe quoi » à propos des lois sur le fichage ADN qui ont été renforcées par la droite certes, mais amenées par le PS (loi Guigou, loi Vaillant)
- qu’il y eu des débats publics sur Minatec en amont de la construction et que toute façon il est pour.
- que la mairie de Grenoble et le Ps n’ont pas de lien avec la Françafrique, que si Simon Compaoré, maire de Ougadougou vient à Grenoble, il n’y a pas forcément de lien avec Blaise Compaoré,
dictateur du Burkina Faso.
- qu’on devrait aller en Afrique pour voir
- et qu’il faut qu’on sorte de notre bulle.
Sécurité & Menaces
<!-- function f_protect(mailto,toshow,u,d) { if(mailto) document.write("<a class=nd href=mailto:"+u+"@"+d+">"+toshow+"</a>") else document.write("<a class=nd href=mailto:"+u+"@"+d+">"+u+"@"+d+"</a>"); } //-->L’Europe tentée par le contrôle biométrique
Sécurité - Bruxelles réfléchit à la mise en place d’un contrôle des visiteurs pénétrant dans l’espace européen. Chaque personne concernée serait fichée électroniquement.
Le projet n'est pas sans rappeler ce qui se fait déjà depuis quelques années aux Etats-Unis, et depuis peu au Japon. Au tour donc de l'Europe, première destination touristique dans le monde, de réfléchir à un suivi de près de 300 millions de personnes pénétrant chaque année dans l'espace Schengen. L'enjeu est de ne pas perdre leur trace et de lutter par là-même contre l'immigration clandestine.
Le Figaro résume en quelques points les grandes lignes du projet présenté sur le site Europa, de l'Union européenne : « Les visiteurs soumis à un visa verront leurs identifiants biométriques (photos digitalisées et empreintes digitales) stockées dans une base de données commune. Le système deviendrait totalement opérationnel en 2015 ».
Reste à régler le problème de la violation des libertés civiles soulevé par un tel projet. Les données informatiques de chaque visiteur ne seraient pas stockées apparemment plus de 5 ans. Déjà une bonne tranche de vie.
• EU unveils plans for biometric border controls - repéré sur EUobserver.com
• Bruxelles entend ficher les visiteurs de l'Europe - repéré sur le Figaro.fr
• L'Union européenne pourrait mettre en place des relevés d'empreintes digitales à ses frontières - repéré sur le Monde.fr
• Travelers to Europe May Face Fingerprinting - repéré sur le Washington Post
• Un fichier pour construire une forteresse - repéré sur RFI
Par la rédaction, News.fr
À propos de cet article
Union européenne / Immigration
Un fichier pour construire une forteresse
par RFI
Article publié le 31/01/2008 Dernière mise à jour le 31/01/2008 à 08:25 TU
Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, testant le nouveau visa biométrique au Consulat de France à Cotonou, le 21 juin dernier.
(Photo : AFP)
Protéger l'Europe, ce n'est pas la fermer. L'idée est en vogue en ce moment dans les instances européennes ; mais il y a bien longtemps que le commissaire Frattini en a fait sa devise. L'argument sert aussi d'ailleurs à repousser d'éventuelles protestations d'organisations de défense des droits de l'homme.
Le fichier biométrique européen serait constitué des données personnelles de chaque voyageur étranger, c'est-à-dire non membre de l'Union : empreintes digitales mais aussi identifiants de l'oeil (iris ou rétine), et données personnelles comme l'adresse de résidence, les dates d'entrée et de sortie du territoire... Ces données seraient collectées à toutes les entrées terrestres, maritimes ou aériennes du territoire européen,
Ce type de fichier est inspiré des Etats-Unis, qui ont exigé et finalement obtenu des Européens le transfert des données des passagers aériens au printemps 2007, mais existe aussi en Australie; le Japon s'apprête lui aussi à expérimenter une de ses formes.
Pour le commissaire Frattini, ce système d'autorisations de voyage pourrait à terme remplacer celui des visas, en répondant à la nécessité d'adapter la lutte contre l'immigration clandestine, le trafic mafieux et le terrorisme à la nouvelle carte européenne.
L'Europe de Schengen s'est en effet étendue le 21 décembre à 9 nouveaux pays, aux confins de la Norvège et des pays baltes ou de la Pologne. Or pour les ministres de l'intérieur des 27, réunis près de Ljubljana en Slovénie, trop de demandeurs d'asile utliseraient déjà cette libre circulation pour multiplier leurs demandes d'asile et prolonger leur séjour sur le territoire européen, ce qui selon le droit est interdit, les demandes devant être obligatoirement traitées par le pays d'entrée des ressortissants étrangers.
Les 27 approuvent le projet. La mesure accompagnée de demandes de soutien à Frontex, l'agence européenne chargée des frontières, sera soumise le mois prochain au parlement de Strasbourg. La France, prochaine présidente de l'Union au deuxième semestre 2008, s'y est déjà déclarée favorable.
source : RFI
Souriez, vous êtes protégés
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Mauriguard Ltd, spécialisée dans la sécurité privée et qui compte parmi ses clients une bonne partie des nantis, a vu la demande pour ses services croître substantiellement en 2007. Dans son package dont Mauriguard taira le coût, « compétition oblige », on peut trouver tout ou presque tout ce dont on a besoin. Vous avez des doutes sur vos employés de maison ou vous souhaitez être sûr de leur intégrité ? Pas de problème, la société fera une enquête discrète sur le personnel. Une cohorte d’anges gardiens Avant d’acheter une résidence, il est arrivé, mais c’est assez rare, de voir des familles engager un détective pour enquêter sur le voisinage. Histoire de savoir si les chers voisins n’ont rien à cacher. Mais ce n’est pas tout, la société offre aussi la possibilité d’avoir recours à un service de gardiennage 24 heures sur 24. « Les gens qui en ont les moyens optent volontiers pour ce service quand ils doivent s’absenter un long moment. Un gardien est là pour veiller sur leurs biens », explique Mukan Mardaymootoo, le directeur de Mauriguard Ltd. Avec beaucoup de moyens, vous pourrez faire comme feu Aristote Onassis ou encore le footballeur milliardaire David Beckham et vous entourer d’une cohorte d’anges gardiens lors de vos déplacements. « Les hommes importants, mais surtout des industriels étrangers font souvent appel à nous parce qu’ils ne connaissent pas le pays et ne veulent prendre aucun risque. Parfois, ce sont des gens qui ont ausi reçu des menaces de mort », confie le directeur de Mauriguard Ltd. On n’est jamais trop prudent. Pour la compagnie Brinks Mauritius « le service de protection rapprochée existe déjà, et nous le proposons, mais cela reste une prestation peu développée ». D’autres sociétés, comme Alarmtech Co. Ltd, envisagent de faire une étude pour connaître les besoins des familles mauriciennes en termes de protection rapprochée. « C’est une filière que nous souhaitons développer, mais cela dépendra des besoins », explique un responsable qui précise que la demande des services de systèmes d’alarme a augmenté de 20 % en 2007. Certains, comme Ollier Security Centre, parlent même d’une hausse de 30 %. Et avec l’implantation des Integrated Resorts Schemes, la demande en matière de sécurité va exploser, surtout pour des familles ultra-riches qui viendront s’installer à Maurice. La société Brinks compte bien obtenir une part de ce marché. « Nous travaillons sur une protection périphérique adaptée à la particularité et à la sensibilité des sites. Notre approche est une combinaison innovante et dissuasive de sécurité humaine et électronique, préventive et réactive, suffisamment déployée en amont de la zone à risque pour réaliser des interventions efficaces sans imposer aux résidents le stress d’une protection “trop rapprochée” », souligne le directeur général de Brinks océan Indien, Éric Rey. La biométrie pour identifier Mais c’est surtout le secteur de la biométrie, permettant d’identifier une personne grâce à ses caractéristiques physiques, qui connaît ses premiers balbutiements à Maurice. Le sentiment d’insécurité est en train de créer une demande de la part de personnes pour lesquelles l’argent n’est pas un problème. « Nous proposons et installons des systè-mes de contrôle d’accès basés sur la biométrie et identifiant les empreintes digitales ou la lecture de l’iris. Ces équipements restent onéreux et sont encore très souvent réservés aux locaux professionnels et leur utilisation est couplée avec des logiciels de gestion du personnel », poursuit Éric Rey. La poignée de porte qui identifie les empreintes digitales ou l’iris est presque banale à l’étranger. La société américaine Biometric Group a avancé à pas de loup dans ce domaine très complexe. On en est maintenant à la géométrie des mains, qui consiste à mesurer plusieurs caractéristiques de la main, par exemple sa forme, sa longueur, la largeur des doigts, la forme des articulations… Mais on parle aussi d’identification par le lobe de l’oreille, la rétine de l’œil, ou encore la configuration des veines. Outre les caractéristiques physiques, un individu possède également des éléments de son comportement qui lui sont propres. Comme la dynamique des frappes. Biometric Group explique que les frappes au clavier sont influencées par plusieurs choses ; tout d’abord, selon le texte que l’on tape et, de manière plus générale, selon la nature de l’individu, ce dernier aura tendance à modifier sa façon de taper au clavier. C’est d’ailleurs un des moyens utilisés par certaines attaques (timing attacks) pour essayer d’inférer sur le contenu ou la nature du texte tapé, de façon à remonter jusqu’à un mot de passe par exemple. Il y a ensuite le facteur comportemental qui entre en jeu, et ce dernier va être différent pour chaque individu. Les facteurs sont, à peu de choses près, identiques à ceux évoqués précédemment : ce sont les durées entre les frappes, la fréquence des erreurs, la durée de la frappe elle-même… La différence se situe plus au niveau de l’analyse, qui peut être soit statique et basée sur des réseaux neuronaux, soit dynamique et statistique. Surveillance via Internet Mais nous n’en sommes pas encore là. Comme autres nouveautés, la société Brinks compte proposer bientôt des équipements de déverrouillage de portes à distance. Alarmtech Co. Ltd n’est pas en reste. Elle propose Oasis, un système avec une communication GSM, sans fil, qui peut cumuler plusieurs fonctions : système d’alarme, système anti-incendie, contrôle d’accès, détection des fuites de gaz, mais aussi la domotique, de plus en plus populaire en Europe. Elle permet de contrôler les lumières ou la climatisation, voire même de brancher et de débrancher le système d’alarme à distance, le tout par le GSM. La compagnie installe également des systèmes d’alarme personnalisés, fait de la télésurveillance avec intervention, dispose des caméras de surveillance, des systèmes anti-incendie, et des accès de contrôle. Chez Ollier Security Centre, le nec plus ultra reste le système de videosurveillance via Internet. |
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Bindu BOYJOO |
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