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CONTRE LA BIOMETRIE
Mercredi 4 février 3 04 /02 /Fév 13:22
2ème congrès FedISA : "la carte d’identité de demain est entre nos mains aujourd’hui"
janvier 2009  par Emmanuelle Lamandé
En pourparler depuis 2003, la carte nationale d’identité électronique devrait officiellement voir le jour en 2009. Elle fait aujourd’hui partie des priorités nationales dans le cadre du plan France numérique 2012, annoncé en octobre dernier par Eric Besson. Quel sera l’impact d’une telle mesure sur l’identité et la dématérialisation en France ? Qu’en est-il au niveau européen ? Près de 300 personnes étaient réunies pour débattre sur cette thématique, mise à l’honneur à l’occasion du 2ème congrès FedISA, animé par François Jeanne, citizen-e.

Jean-Marc Rietsch, Président de FedISA

L’objectif de FedISA est d’informer les utilisateurs et de participer au développement du marché de l’archivage électronique. FedISA fédère de plus en plus de partenariats, tant en France qu’à l’étranger (Belgique, Irlande, Luxembourg, Italie, …). « Nous allons créer une FedISA internationale regroupant l’ensemble des structures nationales ; elle devrait voir le jour prochainement » souligne Jean-Marc Rietsch, Président de FedISA. « En terme de formation, nous avons obtenu le 1er badge (1/2 master exécutif) sur le thème du « Management de la dématérialisation et de l’archivage électronique », en partenariat avec l’école des mines de Paris. La première promotion démarrera au mois de février 2009 ». Jean-Marc Rietsch nous a également annoncé la création des Demat Awards, dont la remise des prix se fera à l’occasion du salon Documation. L’année 2009 sera marquée par un mouvement décisif en raison de la Carte Nationale d’Identité Electronique (CNIe).

Selon une étude, en 2010, le nombre de données en ligne pourrait atteindre le yottaoctet, soit 10 puissance 24 octets. Que faire ? Essayer de lutter contre l’évolution des volumes, éviter de faire des copies des emails dans tous les sens, rationaliser le stockage, archiver et supprimer les documents au-delà du délai légal de conservation. Dans les Data Centers, seulement 40% de l’espace serait utilisé de manière rationnelle. Sur une base de 10 To, 6 To sont perdus. La climatisation représente la plus forte consommation dans les Data Centers, il y aura donc des choses à faire de ce côté. Il faut dématérialiser mais avec une méthode, rationaliser la dématérialisation et le stockage. L’important est de se poser les bonnes questions : qu’est-ce que je dois conserver ? Pendant combien de temps ? Il est nécessaire de mettre en place une politique d’archivage au sens politique du terme.

La CNIe devrait entraîner une banalisation de la signature électronique

Il est indispensable de dématérialiser pour atteindre un bon niveau de productivité. Si vous ne le faites pas, vos concurrents eux le feront. La dématérialisation a, cependant, besoin de l’authentification forte et de la signature électronique. C’est un bon outil mais difficile à appréhender et relativement difficile à se procurer. La CNIe devrait permettre une banalisation de la signature électronique.

Jean-Marc Rietsch, Président de FedISA, et le Préfet Raphaël Bartolt, Directeur de l’ANTS

Le Préfet Raphaël Bartolt, Directeur de l’ANTS (Agence National des Titres Sécurisés), présente l’agence dont il a la charge au travers du projet national de la carte d’identité numérique. L’ANTS est un établissement public nouveau qui a vocation à gérer les projets complexes. Créée à Charleville-Mézières en février 2007, elle a en charge la CNIe, le passeport électronique, le passeport biométrique, le titre de séjour électronique et le visa biométrique. "Dans un projet, il faut toujours commencer par l’aspect juridique, souligne-t-il, de manière à ce qu’il n’y ait pas de freins ou revirements ultérieurs dans la démarche. L’aspect juridique passe en premier, puis vient l’organisationnel et enfin le technologique".

En ce qui concerne la CNIe, l’opinion publique est extrêmement sensibilisée. C’est un sujet d’une importance considérable qu’il faut prendre en compte dès le départ. Il ne faut pas perdre de vue le caractère de titre d’identité, ni que ce niveau disparaisse des préoccupations.

La carte d’identité nécessite une loi car c’est un titre national. Cette loi a été confirmée par Michèle Alliot-Marie, à l’Assemblé, au Sénat, sous la supervision de la CNIL. Le texte devrait passer devant le parlement à la fin du premier trimestre de l’année 2009. Le programme national est déjà prêt. Après plusieurs revirements, il a été convenu que la CNIe serait gratuite et non obligatoire. « C’est le premier titre qui propose autre chose que de prouver son identité, mais aucune connexion ne sera faite entre les différents fichiers ».

L’ANTS génère, selon Loïc de la Cochetière, Président de l’Imprimerie Nationale, une modernité quasi-unique en Europe, c’est une chance de pouvoir bénéficier de cette agence. Dans le cadre de ce projet, la CNIe sera éditée par l’Imprimerie Nationale. « On a fait appel à nous parce que nous inspirons la confiance, du fait de notre histoire. Le site de l’Imprimerie Nationale est capable d’héberger l’ensemble des services mais aussi d’assurer des fonctions complémentaires. En 3 jours, la carte d’identité devra être à disposition de son destinataire. Cette dernière représente un facteur d’amélioration du confort pour le citoyen, mais aussi un changement de génération. Nous n’aurons pas de problème pour accroître considérablement notre production en cas de forte demande ».

Pour Alain Bensoussan, Cabinet Bensoussan, le débat inhérent à la carte d’identité numérique est beaucoup trop technicien par rapport aux enjeux. Il souligne l’échec possible d’une telle démarche si nous ne prenons pas en considération les enjeux de l’identité. « A-t-on suffisamment de droits fondamentaux ? Pour générer cette avancée technologique peut-être, cette horreur sûrement. La numérisation est certes un facteur de performance, mais les fondamentaux de l’humanité sont, selon lui, en cause avec la CNIe. Le risque de la sécurité des données personnelles mérite que ce soit l’état qui en est la charge. Doit-il s’agir d’une logique par le marché ou d’une logique par l’état ? Je ne crois ni au tout marché ni au tout état ».

La carte de demain est entre nos mains aujourd’hui

« Plus de 30 zones dans le monde sont en guerre actuellement. Quelques pays électroniques sont en danger, la France en fait partie, à travers la CNIe. La carte de demain est entre nos mains aujourd’hui. Le problème vient de l’identifiant unique. La CNIe comportera un numéro identifiant unique capable de totaliser l’ensemble des français, c’est la zone où le danger est le plus grand. Avec la CNIe, chacun devra porter ce numéro. Qu’est-ce qui garantit aujourd’hui le blocage de l’interconnexion ? »

Quelle est l’autorité qui a compétence ? Avant l’état était hyper régulé par la CNIL. Avant 2004, 60% de l’activité de la CNIL était dédiée au secteur public et 40% au secteur privé. Depuis 2004, c’est l’inverse, 60% de son activité est consacré au secteur privé contre 40% pour le secteur public.

Le haut niveau de sécurité devient un haut niveau de danger si l’état n’est pas régulé par la société civile. Pour faire de la CNIe une cryptologie forte et le CNI « infalsifiable », les données biométriques seront réunies dans un fichier centralisé. On a vu ce que cela a donné avec le fichier national des empreintes génétiques, dédié au départ à une infime partie de la population. Ce dernier s’est largement étendu au fil des ans. Les données biométriques sont segmentées mais qu’est-ce qui nous garantit à terme la segmentation ? Jusqu’où l’état veut-il aller avec la biométrie ?

« Le risque est majeur. La France n’a pas de registre de population. Elle a mieux, un numéro de population. Chaque individu est marqué à la naissance. Nous sommes aujourd’hui dans un état démocratique, il y a du danger mais, pour l’instant, le risque est quasi-nul. Mais demain ? Ne doit-on pas se poser cette question dès aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je suis maître de ma signature électronique, je peux la changer. Quand elle sera incluse dans la CNIe, elle ne nous appartiendra plus. Ce qui crée le passage entre le régalien et le marché, c’est le bloc de la signature électronique. »

Le principe de proportionnalité est abandonné pour les principes de sécurité

Jusqu’à présent, la carte d’identité garde son caractère facultatif, qu’en sera-t-il avec la nouvelle carte, sachant que la signature électronique va se généraliser. Elle ne sera pas non plus obligatoire, mais les personnes qui s’y opposeront se trouveront en situation de fracture digitale.

Le principe de proportionnalité est abandonné pour les principes de sécurité. Nous nous dirigeons vers le « tout sécurité ». Aucune réflexion n’est faite aujourd’hui sur le principe de proportionnalité. Où s’arrêtera-t-on ? Quel est le taux de fraude considéré comme légitime ? Alain Bensoussan a donc mis en avant différents points de fêlures : le numéro associé à l’état civil, le passage du régalien au marché avec l’identité nationale électronique sécurisée, le « tout sécurité » au détriment de la proportionnalité, le problème des libertés individuelles. Jusqu’où a-t-on besoin d’authentification ? Telle est la vraie question. Ne faut-il pas créer un comité de surveillance ? Un référé Liberté ? Abandonner le numéro unique pour un numéro identifiant non signifiant ? _ Il manque le droit pour chacun d’être propriétaire de ses données. La carte paraît bien pensée, la technologie est opérationnelle, mais créer une commission des citoyens pourrait être une sécurité dans le débat.

Pour Pierre Leijder, STS Group, la carte d’identité électronique représente la pierre angulaire de la confiance numérique. Les premiers prototypes de la « Carte Européenne du citoyen » ont été remis il y a quelques mois à l’ANTS, souligne Xavier Fricout - Oberthur, l’objectif étant de créer un socle européen commun. Cette carte, compatible avec la norme « Carte Européenne du Citoyen », fournit les fonctions d’identification, d’authentification et de signature électronique. Elle repose sur le standard IAS ECC (Identification Authentification Signature–European Citizen Card), défini par le Gixel. Le Gixel section carte à puce regroupe des sociétés comme Gemalto, l’Imprimerie Nationale, Oberthur Technologies, Sagem Orga et Thalès. Les cartes IAS ECC permettent d’assurer l’interopérabilité dans toute l’Europe des cartes de e-Services.

L’hétérogénéité est importante entre les différents projets européens

Qu’en est-il au niveau européen ? Certains pays ont d’ores et déjà déployé la carte d’identité électronique depuis quelques années. Quels en sont les principaux retours pour le moment ? Une harmonisation européenne à ce niveau est-elle possible ? On observe une extrême hétérogénéité des avancées dans ce domaine. Chaque pays mène sa barque. Certains pays (Belgique, Suède, Finlande, Italie, …) sont en avance sur la France. Les finlandais ont, en effet, démarré en 2002 la carte de vie citoyenne La carte d’identité électronique existe en Belgique depuis 2004. Au mois de décembre 2008, plus de 8 millions d’eID y ont été délivrées. En Espagne, la carte d’identité électronique existe depuis 1997. Toute la population active en sera pourvue dans 5/6 ans. Des choix différents ont été faits selon les pays. Le niveau d’acceptation du public n’y est d’ailleurs pas le même. En Irlande, la carte d’identité n’existe pas, mais ils utilisent des services d’e-gouvernement. L’Irlande regarde l’Angleterre et son problème de fuite de données. Elle ne veut surtout pas y être associée. En Belgique, la carte d’identité électronique a été bien acceptée par le citoyen, mais le nombre d’applications associées à la carte reste limité et inférieur aux prévisions. En Espagne, l’eID est utilisée par les entreprises, mais moins dans le secteur privé. Prochainement, tous les services devront donner un accès électronique possible avec identification et signature.

A l’heure actuelle, les divergences entre états européens sont relativement importantes à ce sujet. Mais à terme, l’European citizen card devrait permettre à tous les citoyens de profiter de l’e-service du pays dans lequel il se trouve, conclut Jean-Marc Rietsch

RDV pour le prochain congrès le 26 janvier 2010.

Par Coordination contre la biométrie
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Mercredi 4 février 3 04 /02 /Fév 13:21
Sécurité
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Michèle Alliot-Marie. Photo : Jacques Demarthon/AFP

Un nouveau service pour contrôler les fichiers de police et de gendarmerie

Michèle Alliot-Marie a annoncé, dans une lettre adressée à Alain Bauer, la création d’un "service d’audit et de contrôle interne des fichiers" de la police et de la gendarmerie.

Cette décision fait suite à la remise le 11 décembre du rapport du groupe de travail présidé par Alain Bauer relatif au contrôle des fichiers de police et de gendarmerie.

Ce nouveau service devrait être composé de fonctionnaires issus de l’inspection générale de l’administration, de l’inspection générale de la police nationale, de l’inspection technique de la gendarmerie et de magistrats désignés par la chancellerie.

La ministre a par ailleurs demandé à ses services "d’étudier la possibilité technique de recourir à la biométrie" pour l’accès aux fichiers afin de "sécuriser davantage l’accès aux fichiers et la traçabilité".

En parallèle, elle a affirmé sa volonté de voir expérimenter, "d’ici un an", un "système de portraits robots informatisé", qui permettra, à terme, de diffuser les portraits directement "sur les ordinateurs, téléphones portables ou assistants personnels des policiers et gendarmes".

 

http://www.premier-ministre.gouv.fr

Par Coordination contre la biométrie
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Mercredi 4 février 3 04 /02 /Fév 13:21
Fichage biométrique des étrangers entrant au Japon.
jeudi 29 janvier 2009 (15h35)
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Une loi ordonnant de prendre une photo de visage et de relever les empreintes digitales des étrangers entrants est en vigueur au Japon depuis le 20 novembre 2007. Au service de l’immigration de tous les ports et aéroports japonais, un petit ordinateur muni d’une caméra et de deux scanners est là pour saisir les empreintes digitales et prendre une photo faciale, pendant que s’affiche sur son écran “Welcome to Japan” et quelques images de carte postale (mont Fuji, jeunes filles en kimono etc.). Toute personne refusant de donner ses empreintes et sa photo se verra refuser l’entrée sur le territoire japonais.

Rappelons qu’en 1952, la loi d’enregistrement exigeait déjà que tous les trois ans, chaque étranger donne ses empreintes digitales. La minorité coréenne issue de l’exode d’abord économique (après l’occupation des terres cultivables par les colons japonais dans leur pays), puis forcée de travailler dans l’archipel à partir des années 39, était toujours considérée comme étrangère. Bien que pour la plupart nés dans l’archipel, les Coréens étaient obligés de donner leurs empreintes. C’est sous leur pression dans les années 80 que le gouvernement japonais, à contre-coeur, en accepta la suppression en 1992. Aujourd’hui, le fichage des étrangers entrant sur le territoire américain permet au gouvernement japonais de s’aligner à bon droit sur son voisin et de renouer avec ce type de contrôle.

UNE LOI EN ACCORD AVEC UNE LOGIQUE PLANETAIRE…

Les raisons de cette loi ? C’est un pragmatisme anti-terroriste qui est évoqué officiellement. Mais une zone d’ombre demeure : pourquoi limiter la prise d’empreintes aux étranger ? Il faudrait, en toute rigueur, prendre aussi les empreintes des Japonais : personne n’a sans doute oublié l’attaque au gaz sarin perpétré en mars 1995 par la secte Aum dans le métro de Tokyo, faisant 12 victimes et en intoxiquant 5000 autres, le seul attentat terroriste subi à ce jour par le Japon. L’on peut donc prévoir une efficacité douteuse en cas de menace terroriste réelle, mais cette loi ne semble pas procéder du réel mais du symbolique. Tout d’abord, elle agite le spectre du terrorisme, alimentant un imaginaire collectif utile au bon fonctionnement de la société. Le terrorisme est pourtant un cache-misère, un ennemi fabriqué sur mesure pour faire accepter les défaillances de nos sociétés démocratiques, comme Guy Debord l’avait analysé dans ses Commentaires sur la Société du Spectacle :

Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut en effet être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique.

Le terrorisme est donc, en dépit des apparences, l’allié objectif de la société qui prétend le combattre (toujours frontalement, car les causes profondes du terrorisme sont systématiquement éludées). Évoquer sa menace a des vertus sédatives sur l’esprit critique : la démocratie ne veut plus être blâmée et emploie les bons moyens pour arriver à ce résultat. Cette loi s’inscrit donc dans une logique planétaire commune à toutes les sociétés démocratiques, qui ont créé un ennemi idéal pour éviter remises en question et contestations.

… QUI RENFORCE LE MYTHE LOCAL DE L’HOMOGENEISME

Ce contexte global entre pourtant en résonance avec un trait anthropologique important au Japon : la construction d’un « soi japonais » qui s’oppose à l’autre, au « grand méchant autre » représentant un danger potentiel pour l’intégrité identitaire du groupe. Idéologie qui s’est naturalisée et qui fonctionne depuis les origines du pays comme machine à discriminer. Ce « soi japonais » est d’autant plus fortement revendiqué qu’il est ambigu : l’écriture, le système de pensée (en l’occurrence le confucianisme) et même la nourriture de base, le riz (1), sont originaires de Chine. Cette autoaffirmation virulente vient certainement du statut contradictoire de la japonéité, qui s’inscrit originellement dans un cadre chinois. C’est pourquoi la dialectique fictionnelle du pur (l’appartenance a une certaine japonéité) et de l’impur (tout ce qui s’en écarte) sera particulièrement marquée. À partir de là, l’autre est soit intérieur, soit extérieur, dans tous les cas potentiellement désagrégateur, corrupteur, dangereux pour le groupe. L’autre intérieur (2) étant plus ou moins tabou, exclu de la représentation, c’est l’étranger du dehors qui sert de bouc émissaire : le danger (ici terroriste) ne saurait provenir que de l’extérieur. Nous retrouvons donc, des origines jusqu’à aujourd’hui, une logique vieille comme le monde, qui est celle du « crime commis en commun » cher à Freud, crime (ici symbolique) assurant la cohésion du groupe, qui se maintient par lui. (3) Dans le cas du Japon, rien de plus facile que de stigmatiser l’autre tant est omniprésente la coupure radicale avec l’étranger, ne serait-ce que géographiquement. La méfiance envers cet étranger, quel qu’il soit d’ailleurs, s’impose probablement comme le fait premier, antérieur à tous les autres dans la conduite de la nation : difficile à comprendre pour un Occident qui voit tout à travers le prisme de l’homme universel et la croyance en des valeurs religieuses et idéologiques qui dépassent les frontières. N’oublions pas que ce particularisme revendiqué s’est illustré concrètement par la fermeture du pays pendant deux siècles et demi (1603 – 1867). L’idée d’un Japon mono-ethnique s’est, selon l’historien Oguma Eiji, renforcée lors de la démocratisation de l’après-guerre, lorsque les Japonais ont eu le sentiment de se retrouver entre eux après la perte de leur empire. Dès lors, encore plus, le maître mot fut l’homogénéisme, « fiction nécessaire » qui commence à peine à être battue en brèche. La prise d’empreintes digitales des étrangers ne fait que continuer cette idéologie du « soi japonais » en vase clos, se méfiant a priori de toute forme d’altérité. La mondialisation, inscrivant les cultures singulières sous la loi de l’échange généralisé, les plaçant dans une équivalence de principe (pour pouvoir consommer les mêmes choses, les différences doivent s’amenuiser), ne peut que renforcer ce type de crispations identitaires.

Notons aussi que cette loi est liée à une des contradictions les plus profondes de la société de consommation, battant son plein au Japon : l’écart entre l’impératif de fun, de confort et les moyens à mettre en œuvre, essentiellement puritains, pour y parvenir (4) et s’y maintenir. Contradiction insurmontable sauf si l’on transforme cette société en conquête menacée, fragile, nécessitant d’être défendue : nous retrouvons une fois de plus le mythe d’un Japon autosuffisant, devant se prémunir contre toute agression venue du dehors.

LA REACTION DES ETRANGERS VIVANTS AU JAPON

Cependant, les premiers concernés par les effets de cette loi sont les étrangers vivant au Japon. Et c’est se méprendre grandement sur eux que de les soupçonner de fomenter des actions criminelles. La véritable nature des gaijin (terme utilisé en japonais pour désigner l’étranger, comportant une nuance péjorative) est autre. À savoir : le conformisme politique le plus complet, l’intériorisation intégrale des présupposés de notre société marchande globalisée. Il est superflu de s’inquiéter, ils ne constituent en rien une menace à l’ordre établi. D’aucuns sont fascinés par le Japon pour des raisons que nous préférerions ignorer et voient dans cette loi une excellente mesure. Ces gaijin-là n’ont pas honte d’être « les alliés de leurs propres fossoyeurs », pour reprendre l’expression de Kundera. Beaucoup d’expatriés, souhaitant se maintenir dans un pays juteux, ne voient pas d’inconvénients à cette obsession sécuritaire, bien au contraire : elle leur permet de se sentir plus protégés dans ce pays qu’ils ne le seraient dans leur propre contrée. Ils savent que ceux qui ont le plus de raison d’être inquiets au Japon ne sont pas les « cols blancs » occidentaux, mais plutôt les immigrés défavorisés, venus de pays pauvres. En retour, la « belle âme » pourra toujours prétendre que le Japon est raciste tout en profitant de cette situation.

DE POTENTIELS EFFETS PERVERS

Attention cependant aux effets pervers que pourrait produire cette loi. Nous savons que la stigmatisation provoque parfois des effets indésirables. Très souvent, celui qui intériorise arrive à être vraiment ce que l’on veut qu’il soit, ce par quoi il est désigné. Les responsables de cette loi devraient redouter des conséquences semblables ; cette loi pourrait créer des vocations. Rappelons ici qu’une partie de la minorité coréenne pauvre et marginalisée de l’après-guerre, s’était réfugiée dans le monde de la pègre japonaise (yakuza), du jeu, des pachinkos qu’elle contrôle souvent. Plus important clan de yakuza au Japon, le Yamaguchi-gumi est constitué à 70% de burakumin, ces « parias » exerçant des métiers liés aux interdits superposés du bouddhisme et du shintoïsme. Selon Mitsuhiro Suganuma, un ancien membre de la Security Intelligence Agency, 60% de l’ensemble des yakuza sont des burakumin. Jean Baudrillard notait bien qu’entre la désaffiliation et le défi, le rapprochement n’était pas uniquement phonétique. (5)

Ceux qui excluent symboliquement et stigmatisent évitent de penser à ces effets indésirables. Voici pourtant ce qui pourrait arriver si les étrangers vivant au Japon intériorisaient cette « impureté » essentielle qu’ils se voient inoculer.

Cependant, il existe des alternatives à la résignation ou à l’anomie : une frange extrêmement réduite d’étrangers, mais néanmoins réelle, s’organise pour contrer cette loi. Le blog collectif Re-entry Japan ( http://reentryjapan.blogspot.com/) met ainsi à la disposition des étrangers une pétition ainsi qu’un tract trilingue à glisser dans les « boîtes à idées » des services d’immigration. Ces gaijin dissidents, minoritaires et fragilisés, pourraient-ils, à force (en s’inspirant des Coréens des années 80), faire annuler cette loi ? Difficile à dire, tant son caractère expansif et planétaire (7) incite au fatalisme. Et pourtant, cette nouvelle manifestation de la surenchère sécuritaire au Japon (8) permettra à tous les dissidents d’affirmer avec Alain Badiou :

Si nous sommes dans un syndrome dont le symptôme majeur est l’impuissance avérée, alors nous pouvons élever l’impuissance à l’impossible. Mais qu’est-ce que cela veut dire? Beaucoup de choses. Cela veut dire trouver le point réel sur lequel tenir coûte que coûte. N’être plus dans le filet vague de l’impuissance, de la nostalgie historique et de la composante dépressive, mais trouver, construire, et tenir un point réel, dont nous savons que nous allons le tenir, précisément parce que c’est un point ininscriptible dans la loi de la situation. Si vous trouvez un point, de penser et d’agir, ininscriptible dans la situation, déclaré par l’opinion dominante unanime à la fois (et contradictoirement…) absolument déplorable et tout à fait impraticable, mais dont vous déclarez vous-mêmes que vous allez le tenir coûte que coûte, alors vous êtes en état d’élever l’impuissance à l’impossible. Si vous devenez un tel point, alors vous devenez un sujet enchaîné aux conséquences de ce qui, unanimement tenu pour une désastreuse lubie heureusement tout à fait impossible, vous accorde au réel et vous constitue en exception du syndrome dépressif. (9)

Julien BIELKA, professeur à l’Athénée Français de Tokyo.

Christian KESSLER, historien, professeur détaché à L’Athénée Français de Tokyo, enseigne aux universités Musashi et Aoyama de Tokyo.



De : wilbourne
jeudi 29 janvier 2009
Par Coordination contre la biométrie
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Mercredi 4 février 3 04 /02 /Fév 13:20

L'Inserm lance un observatoire de la santé

[ 26/01/09  ] 1 commentaires

L'ÉTUDE

L'Inserm et la CNAMTS lancent un observatoire qui sera chargé d'analyser sur le long terme le rôle de différents facteurs sur la santé des Français. Dans un premier temps, la phase pilote de ce projet baptisé « Constances » devrait inclure 5.000 volontaires recrutés par les Caisses primaires de Bordeaux, Lille, Pau, Rennes, Saint-Brieuc, Toulouse et Tours. Elles subiront une visite complète comprenant un examen médical : biométrie, tension artérielle, audiogramme, vision, spirométrie, biologie. Les plus âgés subiront des tests complémentaires de tonus musculaire et de fonction cognitive. Les volontaires seront amenés à répondre à des questionnaires sur leurs antécédents familiaux et personnels, modes de vie, histoire professionnelle, conditions de travail et expositions professionnelles, histoire familiale, vie affective, réseaux sociaux, conditions de vie, recours aux soins. Ils seront aussi invités à revenir régulièrement pour un examen destiné à étudier l'évolution de leur santé. En parallèle, des informations sur les événements de santé et la vie socioprofessionnelle seront extraites. Au fil des années, la base de données s'enrichira, permettant la réalisation de projets de recherche validés par des équipes de chercheurs français et internationaux.

 

http://www.lesechos.fr

Par Coordination contre la biométrie
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Mercredi 4 février 3 04 /02 /Fév 13:16
13 janvier 2009

Des universitaires viennent de démontrer que, et contrairement à ce que ses promoteurs avaient déclaré, Mobib, l’équivalent bruxellois du pass Navigo, contient bel et bien des données personnelles. Mieux : on peut également les consulter, au moyen d’un simple lecteur de puce sans contact RFiD, et d’un logiciel qu’ils viennent de rendre public :

La page d'accueil du site Mobib.beCes données peuvent être obtenues par n’importe quelle personne se trouvant à proximité de la carte. Prénom, nom, date de naissance et code postal sont présents, mais aussi et surtout la trace des trois derniers passages dans les transports publics (date, heure, ligne de bus, arrêt de bus, station de métro, etc.), ainsi que d’autres données techniques (transit, nombre total de validations de la carte, date d’achat, etc.) .

Cette révélation est en contradiction avec les propos du Ministre du Gouvernement de Bruxelles-Capitale chargé de la Mobilité et des Travaux Publics qui indiquait le 8 octobre 2008 devant le parlement que “les trajets ne sont pas enregistrés au niveau de la carte”.

Le parcours d'un passe MobibEn réaction, la STIB, équivalent bruxellois de la RATP, a annoncé… qu’elle ne modifierait rien à son système (cliquez sur l’image pour voir en grand la copie d’écran des données auxquelles ont peut accéder).

Son porte-parole, Jean-Pierre Alvin, s’en est d’ailleurs expliqué avec des mots qu’il convient de savourer :

“Il y a des données qui peuvent apparaître en clair, à condition d’avoir les logiciels et le matériel approprié, mais ce n’est pas en clair, il faut avoir un terrible matériel.”

C’est sûr : pour lire une clef USB, il faut un ordinateur, de même que pour lire une page web, il faut un navigateur. C’est terriblement compliqué.

Ainsi, et aussi étonnant que cela puisse éventuellement paraître à Mr Alvin, pour lire le contenu d’une carte RFiD, il suffit… d’un lecteur de puce RFiD.

Le lecteur utilisé pour lire les données du Mobib coûte moins de 20 euros. On trouve même des duplicateurs de puces RFiD pour moins de 50 euros. C’est ballot.Imaginer que personne n’ira lire les données des puces RFiD est aussi intelligent qu’utiliser le chinois comme code secret en partant du postulat que personne ne lit le chinois, ne connaît de Chinois ni n’est à même de trouver un traducteur de chinois.

Plus nous seront entourés de puces RFiD, plus nombreux seront ceux qui chercheront à savoir ce qui y est écrit, et plus on y trouvera de failles et problèmes de sécurité. Et il y en aura, forcément. Parce que la RFiD n’a pas été conçue pour être sécurisée, mais pour faciliter la vie de ceux qui ont beaucoup de choses (ou de gens) à surveiller, tracer, identifier.

Un précédent : la carte Sésame Vitale

Gildas Avoine, professeur de cryptographie à l’université catholique de Louvain, et co-auteur de cette “découverte”, souligne à juste titre qu’“il n’y a pas lieu de mettre des informations en clair sur la carte, alors qu’elles pourraient y être de façon chiffrée” (ce qui est rarement le cas en matière de puce RFiD).

Un problème similaire avait été posé en 2005, lorsque des chercheurs français avaient découvert que les données sensibles contenues sur la carte Sésam Vitale était consultables, elles aussi, en clair, parce que le mécanisme de sécurité censé les protéger n’avait tout simplement pas été activé.

Les responsables de cette grave bévue s’était dans la foulée engagé à l’activer, mais sans jamais expliquer ce pour quoi ils ne l’avaient préalablement pas fait.

Mais comme dansle cas Mobib, ils avaient eux aussi menti, en déclarant préalablement que les gens n’avaient rien à craindre, que leurs données étaient protégées.

Mon confrère Pierre Vandeginste en est tout retourné :

Comment on peut commander, concevoir, réaliser, livrer, accepter, mettre en route une application informatique aussi calamiteuse. On hésite : bêtise ou méchanceté ? On a du mal à imaginer qu’une erreur de conception aussi énorme puisse résulter d’une volonté délibérée de faciliter le travail des curieux. Mais sinon, c’est encore plus fou : ils ne l’auraient même pas fait exprès ?

N’est-ce pas le même genre de technolâtrie inconséquente qui a permis à d’autres technocrates de se faire croire que la démocratie gagnerait à remplacer au plus vite l’urne par un ordinateur, infiniment plus piratable ? Ou que nos passeports seraient plus sûrs, si on les dotait d’une puce RFID, bavarde et clonable. Et d’une couche de biométrie, alors qu’un enfant de dix ans peut fabriquer une fausse empreinte digitale.

J’ai eu beau réfléchir à ce sujet, la seule réponse qui m’est venue lors du (non)scandale de la carte Vitale est que l’enjeu devait être tout simplement financier, et que cette absence de protection de la vie privée de ceux qu’ils fichaient leur permettait de payer moins cher leur système de traçabilité des données de santé, tout comme il permet probablement à la STIB de payer moins cher le système de traçabilité de leurs usagers.

Le droit de lire

Je laisse le mot de la fin  à Gildas Avoine, qui avaient déjà démontré que les passeports belges à puce RFiD étaient eux aussi particulièrement bavards, et que la RTBF a interrogé sur ses motivations :

- Si vous êtes pour le respect de la vie privée, pourquoi mettre un logiciel en ligne qui va permettre à des gens de ne pas respecter la vie privée des autres ?

- Parce que je crois justement que tout un chacun a le droit de lire le contenu de sa carte

C’est d’ailleurs un des fondements de la loi informatique et libertés, qui prévoit des droits d’information, d’opposition, d’accès et de rectification face aux traitements de données personnelles dont nous faisons l’objet.

On attend avec impatience le lecteur de passe Navigo.

Voir aussi : Le passe Navigo “anonyme” n’existe pas .

Par Coordination contre la biométrie
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Mercredi 4 février 3 04 /02 /Fév 13:08

Entreprises / TPE - PME

PACA

Alise fait entrer la biométrie à l'école

De retour à l'école, des élèves du secondaire doivent montrer patte blanche pour accéder à la cantine.

Alise, spécialisée dans le développement de logiciels d'identification et des périphériques associés, a mis au point un procédé de biométrie à reconnaissance du contour de la main (RCM) destiné à faciliter la gestion des repas dans les collèges et lycées. Chaque élève doit taper un code puis poser sa main sur un lecteur biométrique qui affichera son nom, prénom, le solde de son compte et acceptera ou non son passage. Cette technologie, validée par la Cnil dans le cadre d'une autorisation unique, remplace les cartes magnétiques qui peuvent être perdues, volées ou échangées. Celles-ci ne seront conservées que pour les élèves dont les parents refusent la biométrie et par les hôtes exceptionnels.


Alise travaille dans le domaine du contrôle d'accès depuis 1992. Tourniquet, barrière lumineuse, distributeur de plateaux, biométrie RCM, elle équipe 1.250 restaurants, cafétérias, parkings, CDI? Créée et dirigée par Pierre Benguigui, la société emploie actuellement 19 salariés et génère un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros. « Notre croissance connaît un coup d'accélérateur depuis que nous proposons de la biométrie. Cette technologie draine presque 20 % de notre activité », précise le dirigeant.


Solutions de gestion


À partir de son siège de Venelles, dans les Bouches-du-Rhône, et de ses deux agences commerciales, Alise couvre l'ensemble de l'Hexagone. La PME travaille pour des établissements scolaires et a, dès sa création, proposé des solutions aux gestionnaires de cantines. Avec pour commencer un logiciel de gestion financière permettant, entre autres, de comptabiliser les repas réellement consommés. Le système Arc-en-Self a, depuis, donné naissance à un club d'utilisateurs comptant 500 adhérents qui font évoluer le produit en fonction de leurs besoins. « Notre valeur ajoutée réside dans notre capacité à faire de nos clients des partenaires. Ils nous aident à trouver des solutions à leurs problèmes », assure Pierre Benguigui. « C'est à la demande de nos clients, qui désiraient que nous résolvions le problème des oublis de cartes, que nous avons exploré la voie de la biométrie. »

Gérard Tur, à Marseille



Toulon

Pour manger à la cantine il faut montrer patte blanche

Paru le mercredi 7 janvier 2009 2 commentaire(s)
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Photo : André Dupeyroux
A Bonaparte, on a troqué la carte de cantine contre la vérification biométrique du contour de la main. « Un système qui n'a que des avantages », d'après la direction du lycée.

Self du lycée Bonaparte, 12 h 15. Environ 650 estomacs affamés prennent d'assaut la cantine avant d'affronter les cours de l'après-midi. Émilie, en BTS, se présente devant un terminal, tapote un code à quatre chiffres, puis plaque sa paume et ses cinq doigts sur un appareil bourré d'électronique. Lequel valide son identité et lui débloque un tourniquet métallique : le sésame pour goûter aux délices de la restauration collective. De la science-fiction ?


Un capteur identifie le contour de la main

Pas vraiment. C'est ainsi depuis le début de l'année scolaire avenue Winston-Churchill, ainsi qu'au collège de la Marquisanne (1). Il faut montrer patte blanche pour accéder aux réfectoires de ces deux établissements, depuis qu'ils ont choisi d'investir dans une borne biométrique pour remplacer la carte de cantine.

« Cette technologie permet de contrôler les accès en identifiant le contour de la main. Elle a été validée par le conseil d'administration. Pour autant, les familles qui le souhaitent peuvent rester à l'ancien système », explique Adelita Pendaries, proviseur adjoint.

Les avantages de cette innovation ? Pas de fraude ni de racket, gestion administrative facilitée, moins de personnels pour contrôler, traçabilité des mangeurs, stocks optimisés, gain de temps et même d'argent : si le joujou vaut plus de 7 000 e hors installation, fournir une carte magnétique aux nouveaux lycéens et la remplacer en cas de perte, coûterait à terme bien plus cher à la collectivité. Adelita Pendaries n'a aucun doute : « les aspects pratiques de la biométrie sont nombreux et indéniables. »

Les aspects éthiques, eux, ne seraient pas aussi irréfutables. D'aucuns s'offusquent que l'on déresponsabilise encore un peu plus les jeunes étourdis, qu'on les habitue à des contrôles systématiques, voire, carrément, qu'on les « fiche ». Le gros-mot-qui-fait-peur est lâché. « Parce qu'avec une carte, on n'est pas fichée ? se gausse gentiment Thierry Vuillemin, pour la PEEP, association majoritaire de parents d'élèves à « Bona ». Et puis, on laisse plus d'infos en saisissant un verre ou en s'inscrivant sur facebook ! »

Selon Didier Paoli, président de la CPaE, l'autre groupement de parents, « les libertés individuelles » seraient pourtant « menacées ». Et d'expliquer : « Ce procédé, même bien intentionné, est symptomatique d'une dérive de la société où contrôles et autres caméras se multiplient. On est certes en face du palais de justice, mais ça reste un lieu d'éducation... »

Dumont : « Il faut vivre avec son temps »

Et quid des intéressés ? Chez les lycéens, les récalcitrants ne seraient que quelques dizaines. Laurent résume le sentiment général : « Moi ça m'arrange : j'oubliais tout le temps ma carte. » Seuls les professeurs font montre d'un peu plus de scepticisme. Jérôme Nallet, prof de physique, confie avoir « l'impression désagréable de mettre le doigt dans un système peu déontologique ». Comme nombre de ses collègues, il a gardé la bonne vieille carte.

Quant aux autres établissements de la ville... « On y réfléchit très sérieusement, admet Éric Gommé, proviseur de Dumont-d'Urville. Avec la multiplication des forfaits individualisés, on se doit de gérer chaque personne comme un client à part. Dans cette optique, le système a beaucoup de qualités et tôt ou tard, beaucoup y viendront. Moi qui ne suis pas un adepte du contrôle tous azimuts, je crois quand même qu'il faut vivre avec son temps. »

Et s'en laver les mains ?

 

http://www.varmatin.com


1. Le principal du collège, Gérard Leca, assure que le système n'a soulevé aucune protestation et qu'il n'y a aucun récalcitrant dans son établissement.

Par Coordination contre la biométrie
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Mardi 6 janvier 2 06 /01 /Jan 15:06
ublié le 05/01/2009 09:36 | Silvana Grasso

Colomiers. Rentrer chez soi grâce à une empreinte digitale

Une société de Colomiers lance la serrure biométrique. Il suffit de poser le doigt sur un écran.

Philippe Bezers présente les types de serrures proposées par sa société. Photo DDM, F. Charmeux
Philippe Bezers présente les types de serrures proposées par sa société. Photo DDM, F. Charmeux

Dans quelque temps, utiliser sa clé pour rentrer chez soi fera presque partie du passé. La serrure biométrique sera passée par là !

Commercialisé dès le premier trimestre 2009 par la société BT Security Systems, ce nouveau procédé est en pleine expansion.

« Décriée par ses détracteurs lorsqu'elle est utilisée à des fins de surveillance des individus, la biométrie présente pourtant de nombreux avantages, remarque Philippe Bezard, conseiller clientèle dans la société basée à Colomiers. Finis le temps perdu à chercher ses clés et les appels en urgence au serrurier pour se dépanner, finie aussi la contrainte des clés à porter sur soi durant son footing. Désormais les serrures obéissent au doigt et à l'œil de leur propriétaire ».

au doigt et à l'œil

BT Security Systems propose une gamme de serrures biométriques par reconnaissance d'empreinte digitale adaptables à toutes les portes y compris par des non professionnels. Elle envisage de commercialiser des serrures basées sur la reconnaissance de l'iris de l'œil, une technologie très récente en pleine expansion.

« Ce système est déjà accessible aux professionnels depuis plusieurs années, reprend Philippe Bezers. La serrure biométrique se démocratise et devient désormais accessible aux particuliers. Près de 80 % des demandes proviennent de cette catégorie, notamment des personnes âgées, très concernées parla sécurité et la fiabilité. Aujourd'hui, pour 200 €, vous pouvez remplacer votre serrure traditionnelle ».

Une pose facile, accessible à tous. Et une programmation de près de 150 codes enregistrés dans cette serrure nouveau style. Après, il suffit à l'utilisateur, pour rentrer chez lui, de poser le doigt sur l'écran pour reconnaître l'empreinte. La porte s'ouvre ensuite automatiquement.

« J'utilise moi-même cette nouvelle serrure depuis six mois sans aucun problème», reprend Philippe Bezard. De toute façon, il y a toujours un jeu de clés en dépannage au cas où la technique jouerait des tours ».

La société comlumérine prévoit aussi de commercialiser un attaché-case biométrique, «idéal pour transporter des fonds en toute sécurité», selon le responsable. Après le passeport, la biométrie n'a décidément pas fini de nous étonner.

www.serrures-biometriques.com

Par Coordination contre la biométrie
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Lundi 5 janvier 1 05 /01 /Jan 17:37

 

Les parents d'Yldune, détenue dans le cadre des sabotages à la SNCF, ont répondu en tchat à vos questions sur Rue89.

(Audrey Cerdan)

Le tchat

unpticon:
Avez vous-eu des signes de soutien d'associations et/ou des partis politiques et de leur représentants? Et pourriez-vous donner quelques recommandations de lecture à un pticon qui connait pas grand-chose dans les livres…

La Ligue des droits de l'homme a fait une déclaration [1] prenant position sur l'affaire, demandant notamment le rejet de la qualification « terroriste » et dénonçant la « violation des garanties constitutionnelles des libertés ». Il y a aussi un communiqué des Verts, de Sud Education... Jeudi 11 à 11h30 à l'Assemblée nationale, il y aura une conférence de presse avec Noël Mamère, Patrick Braouzec, Martine Billard et Bernadette Bourzai, sénatrice de Corrèze.

Quant aux livres, toute la famille aime bien comme auteurs, par exemple: B. Traven et Albert Cossery, Sépulveda...

E-Fred:
Qu'est ce que le citoyen de base peut faire concrètement pour vous aider, vous et votre famille ?

Informer et que les gens se parlent entre eux. Plus il y aura de gens au courant de ce qui se passe, plus il y aura de chance que, d'abord, Yldune et Julien sortent de prison et surtout que soit abandonnée la qualification « terroriste ».

Nous préparons un site -fragmentsduvisible.org- pour le comité de soutien en Ile-de-France. Il y a des comités de soutien qui se créent partout, avec des informations, des événements, des groupes de discussions. Et tous les 11 de chaque mois, nous voulons faire quelque chose pour faire vivre ce soutien, en organisant des événements.

Rue89 :

Plusieurs internautes se demandent aussi si vous avez été en contact avec le ministère de la Justice, le parquet général, depuis le début de cette affaire ?

Non, aucun contact.

Lapin Bleu encore :
Faites-vous le rapprochement avec l'affaire AZF ? L'aviez-vous suivi ? Vous en souvenez-vous ? Qu'en aviez-vous pensé ?


On n'a pas eu le temps de réfléchir à cette question.

Yves Roland, plus érudit :
Que dites vous de cette opinion de Guy Debord sur le Terrorisme ?
"Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L'histoire du terrorisme est écrite par l'État ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique."


C'est une réflexion qui est de l'ordre du constat, cela ne permet pas de transformer les choses. Il faut donc sortir de cette mécanique d'interprétation.

johanjohan :
Toute cette affaire jette une lumière crue sur le dispositif anti-terroriste français. En lisant des témoignages de certains interpelés d'une part et la vacuité du dossier de l'autre, je ne peux pas m'empêcher de penser à toutes les personnes qui ont été auparavant prise dans l'étau aveugle de l'anti-terrorisme, d'habitude lié à l'islamisme. Pensez-vous élargir la bataille qu'il vous faut aujourd'hui mener contre l'ensemble des lois anti-terroristes?


Il y a une volonté de criminaliser tout ce qui n'est pas dans la norme. Tout ce qui est de l'ordre de la désobéissance civile et active est amalgamé à des comportements criminels, alors que ce sont des attitudes qui ne mettent jamais en cause la vie des gens sous aucune forme.
Cette situation met en lumière une vraie dérive du droit. On leur a reproché de ne pas avoir de téléphones portables, de ne pas vouloir se soumettre à la biométrie, voire de vivre à la campagne, comme on a reproché à d'autres d'aller à la mosquée.

Lohiel :
Est-il absurde d'imaginer que si Julien et Yldune ont été vus près des voies TGV quelques heures avant un incident, c'est parce qu'on leur y avait donné rendez-vous, afin que les policiers chargés de leur surveillance les y voient et puissent en témoigner ?


C'est une bonne idée. Cela nous a effleuré, car on est dans scénario où tout est possible.

Rue89 :
Est-ce que vous vous sentez une paternité par rapport à ce qu'on a pu dire du bagage intellectuel et/ou idéologique de votre fille ? Le situationnisme, la pensée libertaire ? Pensez-vous que ce qu'on a pu en dire ou en lire a été déformé, grimé ?


On est des gens ayant un sens critique. Les questions nous importent. Quand on réfléchit à un problème, l'intéressant, c'est de trouver. On a voyagé très tôt avec elle, elle a un respect de l'autre, c'est très important d'être curieux, de lire des romans... après, il y a une culture politique et d'analyse sociale, mais qui est de l'ordre de la critique pour reconstruire. Quand on des idées, l'important c'est d'arriver à en réaliser quelques-unes. C'est ce qu'elle a fait.

Bardamu, doutant de l'intérêt du tchat :
Que vont-ils nous dire de l'éducation d'Yldune... beaucoup de Dolto, sans doute?


Raté. Il y a d'abord l'école de Vitruve et sa philosophie « entreprendre pour apprendre », par des projets concrets. Et le conflit comme source de richesses et apprentissage de la vie. Ce n'est pas Dolto, mais Gérard Mendel, un socio-psychanalyste.

Rue89 :
Votre fille partageait-elle cette défiance envers les médias?


Qui ne la partage pas aujourd'hui ? On ne peut pas dire « les médias ». Nous distinguons les journalistes qui font leur travail d'enquête et d'autres pas. La question, c'est qui fait quoi ? Qui travaille ? Qui ne travaille pas ? Nous refusons de figurer pour l'émotion et de voir notre parole manipulée. Vous n'imaginez pas la violence que cela représente, la machine à fantasmes que certaines images peuvent produire : inculpés cachés, cagoules, photos de rail dans le brouillard... tout cela veut dire « terrorisme ».

karlM ("merci, courage et soutien")
Pensez-vous que votre fille porte plainte pour peut-être, « diffamation » contre Alliot-Marie ou contre des journalistes ?


C'est une perspective qu'on se réserve. Quand on voit le traitement de Mediapart, c'est un cas d'école. Le fait de laisser les noms en toute lettre avec les dates de naissance dans le rapport de police, cela veut dire que tu participes du lynchage et cela n'a plus rien à voir avec l'information. C'est de l'abus et c'est irresponsable.
Concernant Alliot-Marie, c'est juste navrant et une incompétence pour un ministre de l'Intérieur. Mardi, elle fait une déclaration en disant qu'il n'y a plus qu'un seul incarcéré. C'est un mensonge. Plus vite elle sera partie, mieux ce sera.

Elvince :
Compte-tenu des articles, des reportages parus ou diffusés un peu partout, de la méconnaissance manifeste de la part d'une large partie des journalistes quant à la philosophie post ou anti-industriel (alors que la littérature à ce sujet est disponible en librairie - être un lecteur de livres parus à l'Encyclopédie des Nuisances ne fait de personne un terroriste…), pourquoi avoir accepté la proposition de Rue89 ? La forme que prend votre intervention n'est pas de répondre à des journalistes, mais à des internautes. Est-ce la raison pour laquelle vous avez accepté ce rendez-vous avec Rue89 ?

Jusqu'à maintenant, on a accepté de travailler uniquement avec des gens de la presse écrite, devant le déferlement et l'excès d'abus, parce qu'il est possible d'engager un travail de réflexion, de questionnement sur ce qui arrive aux uns et aux autres. Il faut que les gens parlent et prennent la parole. Il faut que les gens arrêtent d'avoir peur. On lâche des chiens dans les écoles, on fabrique de la peur. Est-ce qu'on se pose la question de ce que cela fait aux enfants ? On est là pour essayer de faire qu'il y ait une prise de conscience collective, que ça peut arriver à n'importe qui, n'importe où et n'importe quand, avec les lois telles qu'elles sont appliquées aujourd'hui.

E-Fred :
La présomption d'innocence a-t-elle été respectée ?


La réponse est dans la question. C'est ce qui nous a le plus choqué au départ : ils ont été accusés et condamnés, alors que la perquisition n'était pas terminée, ni les interrogatoires effectués. Au moment de la perquisition, les policiers ne lui ont posé aucune question. Ils ont fouillé systématiquement tout notre appartement.
La présomption n'a été respectée par personne, mais en plus on a tout de suite utilisé des mots pour faire peur comme « autonomes », « ultra-gauche », « anarchistes ».

Lapin Bleu encore :

Avez-vous eu des infos du parquet ou des enquêteurs concernant le moindre début de preuve matérielle (alors que les avocats n'ont pas accès au dossier pénal sauf erreur) ?
On a parlé d'empreintes, de traces ADN... tout cela a disparu aujourd'hui. Nous ne savons rien de plus que ce que tout le monde sait. Ce qui apparaît aussi dans le rapport de police publié par Mediapart -dont on ne sait s'il est authentique- c'est que tout cela ressemble à une machination. Nous n'avons pas vu l'avocat depuis qu'il a obtenu le dossier, mardi matin.

Rue89 :
Vous avez été surpris d'une éventuelle évolution idéologique chez votre fille ? On a parlé de radicalisation... Pourtant vous n'aviez jamais rompu le contact ?


Elle a 25 ans et il n'y a jamais eu de rupture de parole ou quoi que ce soit à la maison. Il ne nous est pas apparu que les autres jeunes étaient en rupture par rapport à leur famille. On a affaire à quelqu'un qui se pose des questions, depuis qu'elle est petite. Elle s'est engagée auprès des mal-logés, à la création du DAL, lorsqu'elle était à l'école Vitruve, avec des enfants qu'elle cotoyait. Elle a toujours été dans la conscience du monde. Elle n'était pas seule dans ce cas, il y a des milliers de jeunes comme elle, avec des questions qui correspondent à notre époque.

Lapin Bleu :
Pensez-vous qu'il est possible que votre fille soit coupable des faits reprochés ? (Ou a contrario pensez-vous que ce dossier peut être monté de toutes pièces ?)


Qu'on accuse notre fille de terrorisme nous semble incroyable, car qui dit « terrorisme » dit atteinte aux personnes. Et ça, c'est impossible.

Tigerbill :

Savez vous comment ont fait votre fille et ses copains pour ne laisser AUCUNE trace, ni empreinte digitale, ni ADN, rien, sur les fameux fers à béton ????

Que voulez-vous répondre à ça...

caro :
J'ai entendu que le mandat de perquisition datait du mois de juin, alors que l'arrestation a été effectuée au mois de novembre. C'est un délai vraiment un peu long s'il s'agissait vraiment de terroristes ! Est-ce que la police a donné une explication plausible sur ce délai ? Un mandat de perquisition suppose déjà des soupçons, mais de quoi ? Etaient-ils déjà considérés comme « terroristes » en juin ?


En fait, dans les deux papiers présentés au moment de la perquisition, le premier -qui ouvre l'enquête pour les services de police français- est daté du 16 avril. C'est le « kit nord-américain ». Une enquête a été ouverte à partir de cette date. L'autre document daté du 6 juin, il ouvre la possibilité de faire des perquisitions dans le cadre de cette enquête. Le dernier document, celui de l'exécution de la perquisition, est daté de la veille ou du jour même. Tout cela, nous le découvrons le 11 novembre à 6 heures du matin.

Rue89 :
Les termes employés par les médias, la justice et le gouvernement dans cette affaire vous semblent avoir biaisé le traitement du dossier ?

C'est plus que biaisé. La perquisition a duré cinq heures. Cinq minutes après la fin de la perquisition, la télévision était à notre porte. Les policiers n'étaient pas contents. Ils ont remis leur cagoule et ont caché le visage d'Yldune pour sortir. La volonté, c'était d'avoir ces images là pour les diffuser.
Quand Michèle Alliot-Marie a parlé, pendant la perquisition, les présentant comme les coupables, les terroristes, les images étaient déjà prêtes.

elvince :
Ne sachant pas exactement où en est l'enquête, je me demande pour quel motif votre fille est maintenue en détention alors que (presque) tous les autres suspect-e-s arrêté-e-s ont depuis été remis en liberté.


J'aimerai bien le savoir précisément. L'avocat vient tout juste d'avoir le dossier. Au début, les policiers de la SDAT m'ont dit « c'est pour une enquête, on veut l'interroger ». J'ai répondu que s'ils l'avaient convoquée, elle y serait allée.
Cette histoire de figure du terrorisme vient un jour des Canadiens, un autre jour du FBI, donc elle a bien été fabriquée outre-atlantique. C'est ce que raconte la presse.

Rue89 :
Avez-vous pu voir Yldune depuis son arrestation ?

La réponse est non. Par contre, on a des nouvelles récentes d'hier et d'aujourd'hui, puisque le juge a déclaré à son avocat qu'il avait signé une autorisation de visite. Depuis mardi, on a téléphoné au greffe de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis où il n'avait rien reçu. Aujourd'hui, nous avons recommencé à téléphoner au greffe, où il n'y avait toujours rien. L'avocat nous a dit que ce n'était pas normal.
On nous a conseillé de rappeler la pénitentiaire, la parole du juge ne pouvant être mise en doute. Et là, on a fini par avoir le secrétariat de la prison nous indiquant que cela passait par le greffe de la maison d'arrêt des hommes. Là aussi, il n'y a rien. A l'âge d'internet, c'est quand même étrange.
Par Coordination contre la biométrie
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Lundi 5 janvier 1 05 /01 /Jan 17:32

La biométrique et la sécurité aux frontières peuvent aller se rhabiller: une
ressortissante sud-coréenne est parvenue à tromper un lecteur d’empreintes
digitales utilisé aux frontières japonaises avec un simple morceau de ruban
adhésif collé à ses doigts.

Cela s’est produit à l’aéroport de Tokyo. La femme a employé son truc à
plusieurs reprises pour entrer sur le territoire japonais sans que personne ne
remarque rien. Les autorités japonaises affirment soupçonner que beaucoup
d’autres utilisent aussi ce même truc, démontrant au passage la totale
inutilité des systèmes biométriques installés dans 30 aéroports en 2007 pour
la bagatelle de 32 millions d’euros.

La femme avait été en reconduite à la frontière en juillet 2007 pour séjour
illégal alors qu’elle travaillait comme hôtesse dans un bar de Nagano, mais
elle était revenue dans le pays en franchissant le contrôle aux frontières
avec son ruban adhésif et un faux passeport probablement fourni par un
faussaire sud-coréen. [Sidney Morning Herald via Fashion Funky]

http://www.gizmodo.fr/2009/01/05/des-lecteurs-biometriques-dernier-cri-
trompes-par-un-banal-morceau-de-ruban-adhesif.html
Par Coordination contre la biométrie
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Vendredi 5 décembre 5 05 /12 /Déc 13:27

Grasse : mauvaise utilisation de la biométrie dans les écoles

 Après la maladresse, la municipalié est en train de se mettre en conformité avec la Commission nationale informatique et liberté. : Photo Loïc Temporelli Après la maladresse, la municipalié est en train de se mettre en conformité avec la Commission nationale informatique et liberté. : Photo Loïc Temporelli

Depuis plusieurs semaines, un système biométrique à empreintes est installé sur les portes de deux écoles grassoises : la maternelle Henri-Wallon, et l'école primaire Saint-Antoine.

Mis en place par le service en charge des bâtiments communaux, le système doit gérer les ouvertures et fermetures de portes, pour le personnel et les enseignants. À Henri-Wallon, tout l'encadrement de l'école a accepté l'expérimentation. Mais à Saint-Antoine, il n'était pas question de donner la moindre empreinte !

Peu importe, le système avait quand même été mis en place.

Dans notre article paru le jeudi 27 novembre, nous soulevions l'illégalité de l'installation. La Commission nationale informatique et liberté (Cnil), très vigilante sur ces dossiers, n'avait délivré aucune autorisation pour l'installation.

Le système a en réalité mal été utilisé.

Après cette « maladresse », la municipalité est en train de régulariser le problème.

Patrick Fornas, P.-d.g. du groupe Easydentic, à laquelle appartient la société Oytech qui commercialise le produit, souhaitait apporter quelques précisions.

Fab. P
Nice-Matin
Par Coordination contre la biométrie
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