AGIR

CONTRE LA BIOMETRIE
Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 13:26

Safran acquiert la biométrie de Motorola

15/10/2008
Par l'intermédiaire de sa branche Sagem Sécurité, le groupe Safran a annoncé le rachat, pour un montant non communiqué, de l'activité biométrique de Motorola qui elle réalise environ 70 millions de dollars de chiffre d'affaires. Avec cette acquisition, Sagem Sécurité complète son portefeuille de solutions biométriques et le rend à même de proposer une offre sécuritaire globale aux Etats. Par ailleurs, « ce rachat nous ouvrira des accès supplémentaires sur le marché américain sur lequel nous sommes déjà bien installé depuis 1984, mais aussi sur les autres marchés sur lequel Motorola est présent. », détaille Emmanuel Mounier, directeur des affaires stratégiques de Safran. Sur le versant technologique, la branche biométrie de Motorola est aussi un accélérateur pour les développements futurs de Sagem Sécurité, « la plate-forme logicielle de Motorola est très modulaire et nous profiterons très rapidement de cette technologie pour concevoir nos produits futurs, tout comme les ressources de la société, soit environ 250 personnes », poursuit Emmanuel Mounier.

L'activité biométrique de Motorola est principalement composée d'un système de reconnaissance d'empreintes (AFIS), pour terminaux mobiles ou non, ainsi que de maintenance de ces systèmes. Motorola est très présent auprès des forces de police aux Etats-Unis et la police scientifique fait partie de ses grands clients. Motorola avait musclé cette activité en rachetant en 2000 la société «Printrak» pour 160 millions de dollars. De son côté, Sagem Sécurité possède dans son portefeuille clients US, le FBI ainsi que diverses agences et organismes civils.

Cette acquisition de la branche biométrie s'inscrit dans la stratégie de « dollarisation » de Safran, moyen pour le groupe d'équilibrer les bases de coûts entre euro et dollars. La branche Sagem Sécurité devrait faire mieux que les 15% de croissance en moyenne affichés par ce marché.
Les résultats de Safran seront annoncés vendredi matin.

Fabrice Frossard
Par Coordination contre la biométrie
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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 13:21
mardi 30 septembre 2008

Le personnel assistant du lycée Simone-Weil concerné

Biométrie : la « pointeuse » des temps modernes

 
Pointer la présence des élèves, c'est vieux comme l'école. Intégrer la biométrie dans les cantines devient de plus en plus fréquent. Mais pointer le personnel scolaire via la biométrie, c'est nouveau… et pas forcément du goût de tout le monde. Exemple au lycée Simone-Weil à Dijon.
Il y a les partisans des nouvelles technologies, qui prônent l'avancée technique, la simplification des tâches ou encore les économies d'argent et de temps.
Il y a aussi les partisans des libertés individuelles, les anti « Big Brother » et « anti-flicage », à l'heure du fichier Edvige et autres contrôles des personnes.
Alors comment allier les deux ? Et surtout comment réagir lorsqu'un établissement scolaire décide d'installer un système biométrique, à savoir une reconnaissance par contour de la main, pour pointer son personnel ? Dilemme entre praticité et droits des individus ? Pas vraiment pour le proviseur du lycée Simone-Weil à Dijon, Norbert Pelletier, qui teste depuis peu ce système : « Il s'agit tout simplement de passer d'un système archaïque à un système moderne. Avant, une personne devait pointer manuellement les arrivées et les sorties du personnel. Aujourd'hui nous avons la chance d'avoir des machines qui peuvent le faire pour nous. C'est un gain de temps et d'argent ». Une cinquantaine de personnes - assistants d'éducation, agents… - sont ainsi concernées par ce nouveau dispositif.
Une meilleure gestion du temps
Le proviseur, qui ne parle pas de « biométrie » mais de « reconnaissance par contour de la main », a bien du mal à comprendre d'où vient la polémique.
« C'est un outil de gestion. Les choses ont évolué et aujourd'hui nous devons gérer du personnel dont les horaires sont totalement variables. Avec ce nouveau système, nous gérons mieux cette amplitude. Nous avions des pertes énormes en nombres d'heures dans certains domaines. Avec ce dispositif, nous savons quand le personnel fait trop d'heures ou quand il n'en fait pas assez. C'est en quelque sorte un juge de paix. Un même dispositif à l'entrée de la cantine me semble également envisageable. »
Déjà dans les cantines
La biométrie n'est pas en effet une nouveauté au sein des établissements scolaires. Depuis quelques années, ce dispositif a fait son entrée dans les collèges et lycées notamment pour les passages à la cantine.
C'est le cas en Côte-d'Or notamment aux collèges des Lentillères à Dijon et à Jean-Rostand à Quetigny. Une installation qui n'avait cependant pas fait l'unanimité (voir encadré).
Là où certains voient un intérêt pratique - fini le risque de perte, de vol ou de détérioration de la carte -, et financier, d'autres constatent une « banalisation du flicage » (voir éditions des 30 avril et 7 mai 2008).
Contestation autour de la biométrie
Et c'est naturellement sur ce dernier point que personnel et syndicats réagissent. « Nous sommes dans un contexte où nous sommes tous contrôlés, où tout le monde est stigmatisé », déplore le Snes-FSU, syndicat enseignant. « Faire pointer le personnel revient à lui dire qu'on n'a pas confiance en lui. Nous nous posons beaucoup de questions sur l'intérêt de cette mise en place. D'autant qu'apparemment, cette décision n'a pas été validée en interne. Nous cherchons aussi à vérifier que la déclaration auprès de la Cnil a bien été effectuée ». Information démentie par le proviseur : « Ce projet a été lancé en 2006 et suivi par les chefs de service et le conseil d'administration ; nous en avons encore parlé lors de notre dernière réunion lundi (22 septembre) ». Et effectivement, le projet a bien été présenté au conseil d'administration. Cependant, ce dernier n'a pu donner son accord car le projet n'a pas été soumis au vote, au motif que la mise en place de la pointeuse relève du fonctionnement de l'établissement. Quant au coût, il s'élève à 4 000 euros.
Une « décision arbitraire » pour les syndicats et le personnel. « Le personnel se trouve devant le fait accompli. Et comme bon nombre se trouve en situation précaire, ils n'ont pas le choix. À aucun moment, les personnes concernées n'ont été averties. Ils se sentent fliqués, espionnés. Comment voulez-vous que les gens travaillent correctement dans une ambiance de peur ? On leur montre clairement qu'on n'a pas confiance en eux, ils vont être totalement démotivés », explique un membre du personnel.
Un contexte difficile donc au sein du lycée Simone-Weil. La frontière entre l'utilisation de nouvelles technologies et le respect des libertés individuelles est mince… et suscite un véritable débat.
Christelle POMMERET
Par Coordination contre la biométrie
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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 13:19
La Commission européenne propose de créer une base de données centralisée d'empreintes digitales
LEMONDE.FR | 19.03.07 | 15h30  •  Mis à jour le 24.10.08 | 16h36

a Commission européenne propose de mettre en œuvre "une base de données centralisée d'empreintes digitales" afin de "faciliter l'échange d'informations entre services répressifs et prévenir le phénomène de radicalisation", de lutter "contre la criminalité organisée et le terrorisme" et de "garantir la libre circulation des personnes au sein d'une Union élargie".
L'information, qui tient sur une seule ligne en page 13 de la "Stratégie politique annuelle pour 2008" de la Commission européenne, a été révélée par le Times, vendredi 16 mars. Le quotidien rapporte que cette base de données, qui pourrait être déployée fin 2008, contiendrait aussi bien les empreintes des personnes condamnées que celles des simples suspects. Les 27 pays de l'Union seraient invités à y participer, et des pays tiers, à commencer par les Etats-Unis, pourraient eux aussi y accéder.

La proposition fait suite à la conclusion, le 15 février, d'un accord politique sur la mise en réseau des bases de données policières et la transposition des dispositions essentielles du traité de Prüm dans le cadre juridique de l'Union européenne. Signé en mai 2005 par sept Etats européens (Belgique, Allemagne, France, Luxembourg, Pays-Bas, Autriche et Espagne), et soutenu, depuis, par neuf autres pays membres, il permet aux services de police d'accéder aux bases de données dactyloscopiques (empreintes digitales) et génétiques, ainsi qu'aux fichiers de plaques d'immatriculation, des autres signataires.

L'accès se fait sur la base d'une procédure dite du "hit/no hit" : en cas de concordance ("hit") entre empreintes "anonymes", les données personnelles peuvent ensuite être transmises dans le cadre d'une procédure judiciaire. Le croisement des bases de données ADN allemandes et autrichiennes, commencé en décembre 2006, a ainsi révélé près de 3 000 concordances entre des empreintes relevées dans les deux pays concernant plusieurs affaires – dont 31 meurtres et homicides, 23 infractions à caractère sexuel, 149 vols avec violence et 2 294 "autres délits".

UNE FORME DE "CONTOURNEMENT" DES INSTITUTIONS EUROPÉENNES

La coopération policière permise par le traité de Prüm permet également le franchissement des frontières, sans autorisation préalable, par les fonctionnaires de police en cas de "situation d'urgence", la création de patrouilles mixtes, de gardes armés à bord d'aéronefs et l'attribution de compétences de puissance publique nationale à des policiers étrangers, ou encore la transmission d'informations personnelles sur des personnes suspectées de terrorisme, ou susceptibles d'actes de violence à l'occasion de "manifestations de masse", "dans le domaine sportif ou en rapport avec des réunions du Conseil européen".

Dans son avis sur le traité de Prüm, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) remarquait que si "le droit des personnes à être renseignées et indemnisées fait partie du dispositif, de même que le droit à faire rectifier ou supprimer leurs données, (...) en cas de violations graves, notamment sur la sécurité et la confidentialité des traitements, aucune mesure de sanction n'est prévue vis-à-vis des autorités répressives responsables". La CNIL déplorait également une "forme de 'contournement' des institutions européennes dans un domaine relevant de la compétence de l'Union européenne".

Le contrôleur européen de la protection des données (CEPD) désapprouve lui aussi "le processus qui a abouti à ce traité". "Cela signifie en outre que le Parlement européen n'exerce aucun contrôle démocratique et la Cour de justice aucun contrôle juridictionnel", souligne-t-il. De plus, note le CEPD, il faudrait "prévoir des garanties adéquates juridiquement contraignantes pour éviter que les progrès scientifiques ne permettent d'obtenir à partir de profils ADN des données à caractère personnel".

Christian Estrosi, ministre délégué à l'aménagement du territoire, qui remplaçait Nicolas Sarkozy lors de la signature de l'accord avec les ministres européens de l'intérieur, avait de son côté surpris ses collègues en déclarant que les citoyens seraient mieux protégés si leurs données ADN étaient recueillies dès leur naissance. 


Jean Marc Manach


 
Par Coordination contre la biométrie
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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 13:17
Le scanner corporel, dernier-né des techniques de contrôle dans les aéroports
LEMONDE.FR | 24.10.08 | 18h33  •  Mis à jour le 24.10.08 | 20h14

ne fouille au corps virtuelle" : c'est ainsi que bon nombre de parlementaires européens ont décrit les scanners corporels. Plusieurs eurodéputés ont en effet vivement condamné, jeudi 23 octobre à Strasbourg, une proposition de la Commission européenne visant à faire de ces scanners corporels une des "méthodes autorisées" pour assurer la sécurité dans les aéroports européens
 
Cette technologie, si elle est décriée en Europe, est pourtant déjà largement utilisée outre-Atlantique. De New York à Los Angeles, une vingtaine d'aéroports sont équipés d'un tel dispositif, auscultant des passagers choisis au hasard. Ces appareillages complètent une panoplie déjà très variée de systèmes de contrôle, du désormais classique portail aux rayons X, au scanner de prothèses et de bandages. Depuis 2004, aux Etats-Unis, existe aussi le système US Visit, qui enregistre les empreintes digitales et la photographie de tous les étrangers qui atterrissent sur le territoire américain. Selon le département de la sécurité américain, 14 400 visiteurs étrangers déposent ainsi chaque jour leurs empreintes à l'aéroport John-Fitzgerald-Kennedy de New York. En 2009, les ressortissants européens devront aussi remplir, sur Internet, une fiche de renseignements avant de se rendre sur le territoire américain, ce qui permettra aux autorités américaines de recueillir des données en amont.

NICE CHOISI POUR TESTER LE SCANNER CORPOREL

Les promoteurs de ces initiatives font valoir le gain de temps réalisé par une identification biométrique. Si des projets similaires existent en Europe, ils demeurent pour l'instant au stade expérimental. A l'aéroport londonien d'Heathrow, le système d'embarquement automatisé "miSense" a été testé, en 2007, auprès de 4 000 volontaires pour accélérer l'accès aux avions en comparant les données contenues sur un document biométrique et les empreintes de la personne. Aux Pays-Bas, l'aéroport de Schiphol-Amsterdam est équipé d'un appareil qui scanne l'iris des passagers. En France, le ministère de l'intérieur a également testé, l'an dernier, la création d'une base centrale d'empreintes digitales des passagers aériens qui le souhaitent, afin de leur permettre d'emprunter un dispositif de passage rapide des frontières extérieures de l'espace Schengen. Selon la direction de l'aviation civile, la plate-forme de Nice a aussi été choisie pour expérimenter le scanner corporel.

Outre les personnes, le contrôle des bagages, qui représentent deux milliards de paquets et de valises dans le monde chaque année, est un enjeu important. Dans l'Union européenne, les passagers doivent, depuis novembre 2006, retirer toutes sortes de liquides de leurs bagages à main ; les appareils électriques, donc les ordinateurs portables, étant également susceptibles d'être inspectés. Les nouvelles technologies sont aussi sollicitées : la généralisation des étiquettes radio-fréquences (RFID), qui permettraient un traçage complet des bagages, est ainsi envisagée à l'aéroport de Madrid notamment.

Les associations de protection des données personnelles, principalement aux Etats-Unis, s'inquiètent de l'expansion de telles techniques. Selon l'American Civil Liberties Union, qui milite pour un investissement dans des technologies moins intrusives, l'expérimentation des scanners corporels dans le secteur aérien n'est qu'un prélude, avant l'extension à d'autres modes de transport.


Laurent Checola
Par Coordination contre la biométrie
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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 13:16
La biométrie est "en première ligne d'une bataille politique et industrielle" internationale
LEMONDE.FR | 20.06.08 | 20h33  •  Mis à jour le 24.10.08 | 16h42

es pays européens ont jusqu'au 29 juin 2009 pour doter leurs ressortissants de passeports biométriques. A terme, les passeports du monde entier devront eux aussi être "lisibles par la machine" et comporter les empreintes digitales et photographies d'identité numérisées de leurs détenteurs. Les perspectives offertes par ce marché de la sécurisation des titres d'identité sont colossales.

Sagem Sécurité, qui vient de remporter l'appel d'offres (de 120 millions d'euros) des passeports biométriques en France, est le leader mondial de la gestion de l'identité sécurisée. Filiale du groupe Safran, la société revendique 80 % du marché civil des systèmes d'identification biométrique, et "la saisie des données personnelles de plus de 200 millions de personnes dans plus de soixante pays", essentiellement africains, sud-américains ou du Golfe.

Mais Sagem Sécurité peine encore à imposer ses documents d'identité sécurisés dans les pays industrialisés, qui se sont surtout intéressés à ces solutions policières, à l'image du fichier automatisé des empreintes digitales du ministère de l'intérieur ou de ceux du FBI et d'Interpol. Ce type de documents, et les technologies (biométrie, puces RFID, etc.) impliquées, est pourtant considéré comme prioritaire, depuis des années, par le gouvernement.

En 2005, Dominique de Villepin, alors ministre de l'intérieur, avait ainsi insisté sur l'importance, en termes de "souveraineté économique, industrielle et technologique", de la maîtrise, considérée "vitale pour notre sécurité", des "technologies sensibles", et notamment de la biométrie. En lui succédant, Nicolas Sarkozy avait quant à lui fait de la création de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), chargée de la modernisation des titres d'identité et maître d'œuvre du passeport biométrique, l'une de ses priorités.

"IL N'EST PLUS POSSIBLE DE RECULER"

Depuis, la mise en place du passeport biométrique semble avoir avancé à marche forcée. En décembre, Michèle Alliot-Marie a inauguré l'ANTS en soulignant, non seulement son expertise technologique, mais aussi le fait qu'elle était "en première ligne d'une bataille politique et industrielle". L'objectif assigné par la ministre est ambitieux : "la France doit être en mesure de proposer des solutions françaises et communiquer de manière sécurisée avec les procédures de ses principaux partenaires, sinon elle court le risque de se voir imposer leurs solutions. Ceci la priverait à la fois d'un moyen d'influence et supprimerait un levier de développement puissant".

Alors que le décret sur les passeports biométriques n'avait pas encore été rendu public (il ne l'a été que le 4 mai), Michèle Alliot-Marie avait également annoncé que "la distribution du premier passeport biométrique aura lieu au début du mois d'octobre 2008", et l'organisation, le 23 octobre 2008, d'une manifestation internationale dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, "consacrée aux enjeux liés à la carte à puce pour la vie quotidienne des citoyens".

Une note confidentielle révélée par Bakchich.info au sujet de cette manifestation souligne d'ailleurs que "la biométrie est une priorité de la France", d'autant que "l'Union européenne est la première entité au monde à développer à l'échelle de plusieurs pays des titres électroniques intéropérables".


Jean Marc Manach
Par Coordination contre la biométrie
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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /Oct /2008 09:32

Retour sur quelques présentations des Entretiens du Nouveau Monde industriel qui se sont tenu les 3 et 4 octobre à Beaubourg.

“C’est un certain type d’identité qui est retenue dans l’opération d’identification”, explique le philosophe Pierre-Antoine Chardel, responsable du Groupe de recherche Ethique, technologies, organisations et société à l’Institut Télécom. Cette opération est née avec l’anthropométrie policière et judiciaire. Le carnet anthropométrique fichait les individus nomades en décrivant leur profil “physique”. Né à une époque où l’on craignait le péril errant, la part de l’imaginaire dans cette crainte était loin d’être absente : c’est le nomade, dans une société très stable, qui est désigné comme l’élément à risque.

L’anthropométrie mesurait l’individu dans son altérité la plus objectivable. La biométrie d’aujourd’hui suit une piste assez proche, car “elle consiste à transformer une caractéristique physique en une empreinte numérique”. La différence, c’est que le suspect n’est plus un nomade ou un étranger, mais nous tous, constate Pierre-Antoine Chardel. L’autre différence induite par les nouvelles technologies de l’identité, c’est qu’elles permettent de suivre les individus à la trace, mettant en mémoire non seulement le profil d’un individu, mais aussi sa “dangerosité”. La biométrie permet d’établir et d’encoder des caractéristiques stables et permanentes. “C’est l’inertie du corps qui est utilisée contre un rempart aux stratégies de dissimulation.”

Bien sûr, l’utilisation de la biométrie a suscité quelques très vivres réactions comme le fameux “Non au tatouage biopolitique” de Giorgio Agamben, qui explique que l’enjeu de la nouvelle relation entre les citoyens et l’Etat que promettent les technologies biométriques, concerne l’inscription et le fichage de l’élément le plus privé et le plus incommunicable que nous ayons : à savoir la vie biologique de nos corps. Avec ces technologies, le politique en est réduit à une pure et simple sphère de contrôle : “en appliquant à tous les citoyens le dispositif permettant de repérer les classes dangereuses, tous les citoyens deviennent des classes dangereuses.”

Mais pourquoi acceptons-nous ces systèmes ?
Alex Türk, président de la Commission nationale informatique et libertés, a largement stigmatisé l’avènement d’une société de surveillance. Mais comment comprendre notre relative indifférence ? Comment comprendre notre si grande acceptabilité de ces systèmes ?

“L’acceptabilité”, explique Pierre-Antoine Chardel, “est ce qui est acceptable, même si sa forme grammaticale est douteuse. Ce qui est inacceptable, impropre, peut être accepté dans une situation particulière. L’acceptabilité des technologies de contrôle nous dit qu’il y a des situations qui rendent acceptables ce qui ne l’est pas de fait. Elle traduit la mise en application d’une tolérance circonstancielle.”

La mise en place d’un appareil de contrôle socio-politique vient menacer les libertés individuelles, sous le couvert d’exigence de protection et de sécurité, disait Paul Virilio. La mise en place de systèmes d’identification répond à des situations de crise, qui servent de prétexte à des mesures sécuritaires, comme l’ont été les attentats du 11 septembre. Mais il n’y a pas que des situations de crise qui favorisent le développement des technologies sécuritaires, l’insécurité socio-économique est également motrice. Et de constater que plus l’insécurité sociale est grande et plus la demande de sécurité est forte. Cela ressemble à un transfert d’angoisse, s’amuse Pierre-Antoine Chardel. A l’heure de la mobilité exaltée, de la mondialisation, à l’heure où les moyens technologiques fluidifient les relations, les revendications identitaires s’exacerbent. André Gorz ou Bernard Stiegler ont rappelé le rôle des productions industrielles dans ce phénomène.

“Le risque n’est-il pas de voir des dimensions sécurisantes, réconfortantes, devenir une norme susceptible de s’appliquer à tout les rapports sociaux ?”, s’interroge le philosophe. L’accoutumance à des dispositifs inoffensifs (comme l’usage de la biométrie pour ouvrir un ordinateur), ne nous accoutume-t-il pas aux technologies de contrôle ? Et Pierre-Antoine Chardel de s’interroger sur cette acceptabilité qui s’appuie sur la quotidienneté : “Est-ce que cette acceptabilité est une pure affaire de servitude volontaire ?”

C’est l’organisation de notre univers professionnel qui favorise l’acceptation de ces technologies, avance le philosophe. L’entreprise est un lieu de contrainte qui induit des situations de subordination, rappelle-t-il. Le salarié y est soumis au contrôle de son employeur. Les récentes mutations du travail nécessitent une prise en compte plus grande de l’autonomie, mais les technologies conviviales (comme Facebook ou les technologies mobiles d’aujourd’hui) ont tendance à nous trahir. Elles ont tendance à diminuer l’autonomie et à accentuer les contrôles hiérarchiques plutôt que le contraire. L’acceptabilité est également facilitée par la dématérialisation et l’invisibilité des dispositifs, qui sont beaucoup moins contraignants que les contrôles physiques et matérialisés.

“Mais pourquoi y’a-t-il si peu de vigilance, de réflexion critique autour des technologies de contrôle ?” Pourquoi les contrôles sont-ils normalisés, acceptables et acceptés, notamment dans le cadre professionnel ? Pour 63 % des cadres, le contrôle est légitime si les personnes contrôlées sont informées, répondent-ils en coeur dans un récent sondage. Les enjeux éthiques des TIC sont en grande partie liés à ces contradictions : il nous faut mieux évaluer ce nouveau risque, dans le cadre de la responsabilité sociale de l’entreprise. La responsabilité n’a de valeur que dans l’autonomie, et la liberté est la valeur fondamentale de l’éthique disait Michel Foucault. Encore faudrait-il que ces systèmes nous permettent de nous en souvenir.

Les techniques de contrôle : remède ou poison ?
“Les techniques de contrôle, peuvent-elles avoir une action pharmacologique ?”, s’interroge encore le chercheur, avec un semblant d’espoir. Il semble que le téléphone mobile produit une perte d’inviduation, car il façonne le comportement des individus. Mais le problème des dispositifs ne se réduit pas à leur bon ou mauvais usage, car en fait, les technologies ne proposent pas d’autre possibilités que la soumission et la perte de soi : nous sommes obligés de les utiliser !

Est-ce que cette perte n’est pas aussi mêlée d’un désir d’être autrement ? Peut-être faut-il regarder du côté des artistes ou de la psychanalyse pour mieux comprendre notre désir “d’être envahi par ces technologies envahissantes” ? Le fait de sentir et de “se sentir” dans un système technologique, n’est-il pas une manière de retrouver des repères, d’être identifié dans une société de plus en plus incertaine ? La perte d’inviduation ne traduit-elle pas plutôt des processus complexes de ré-individuation ?

Bien sûr, la perte d’individuation n’a rien d’évident, car un individu ne se résume pas à ses traces objectives, retenues par la biométrie, Facebook ou Google. “Ces traces sont de nous, mais ne sont pas nous.” C’est un langage qui manque ce qu’il y a d’irréductible dans l’être, comme le disait Maurice Blanchot. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut minimiser l’impact de cette réduction.

Les systèmes de classification et de nomination ne doivent pas nous empêcher d’arriver à un “devenir nomade” qu’évoquaient Félix Guattari et Gilles Deleuze, c’est-à-dire de pouvoir s’inventer en permanence et introduire du jeu dans les technologies. Une part de l’individuation doit inventer, déjouer les processus de contrôle, introduire de la créativité dans des technologies qui ne sont pas incontournables. Même dans la perfection du code, il y a toujours des renversements possibles…

“Si je crois qu’il est toujours possible de confronter la société de contrôle à ses propres impasses, il est nécessaire de préserver de l’intérieur des singularités, des subjectivités qui vont imposer la réflexivité à cette société de contrôle”, conclut Pierre-Antoine Chardel. Bien sûr, il y a - heureusement - un écart entre les possibilités technologiques du contrôle et leur efficacité. Seule la préservation des sensibilités pourra produire des lignes de fuite dans notre société hyperindustrielle, pour développer une écologie sociale qui est encore à inventer.

Par Coordination contre la biométrie
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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /Oct /2008 09:31
jeudi 9 octobre 2008 (09h22) :

NON A L’EDUCATION BIOMETRIQUE

Nous, citoyens, parents d’élèves, organisations signataires de ce texte, dénonçons la mise en place de bornes biométriques dans certains établissements scolaires de l’Hérault où des machines destinées à reconnaître le contour de la main conditionnent l’accès des enfants aux cantines scolaires.

En dépossédant les enfants de l’usage de leur nom patronymique, cette technique réduit dangereusement l’identité de chacun à un simple code basé sur l’enregistrement d’une particularité physique. Par ailleurs, nous nous interrogeons sur l’utilité de ces bornes pour le bien-être des élèves et sur leur place dans le projet pédagogique. L’argument de la sécurité, de l’efficacité, mis en avant par les établissements, ne nous semble pas évident, bien au contraire.

Nos craintes sont décuplées par les liens éventuels de ces fichiers biométriques avec les autres fichiers utilisés dans l’Éducation nationale (Base-élèves pour le primaire, Sconet pour le secondaire), de même qu’avec les autres outils dits de surveillance, telles les caméras de vidéo. Les entreprises commercialisant les logiciels biométriques argumentent d’ailleurs sur la possibilité de croiser les fichiers de présence, de notes et de comportement avec celui de la cantine. Dans le cadre de la loi de prévention de la délinquance, ces données détenues par l’éducation nationale peuvent être partagées, entre autres, avec les services de police, les collectivités territoriales (mairies, conseil généraux), les organismes publics ou para-publics (CAF, bailleurs sociaux). De plus, l’annonce récente du fichage des enfants de plus de 13 ans via le fichier Edvige 2ème version montre bien qu’une politique globale de fichage de la population est en cours, dans la continuité du fichier de police STIC dans lequel 25 millions de français sont enregistrés.

Pour nous l’éducation doit permettre l’épanouissement des enfants, dans le respect de leur intégrité physique et morale. L’école a pour mission d’éduquer à l’exercice de la liberté et non pas d’habituer les enfants à un contrôle social permanent. Les rapports humains, qui sont le propre d’une vie en société n’ont pas à être subordonnés au rapport à la machine.

Nous nous sommes donc réunis en collectif pour dénoncer et combattre l’installation de bornes biométriques dans les communautés éducatives.

Nous appelons les familles partout où les bornes biométriques ont été installées à refuser que leurs enfants utilisent ce genre de dispositif et qu’un système de remplacement soit mis en place, comme le prévoit la déclaration unique de la CNIL n° AU-009 d’avril 2006. Vous invitons toutes les personnes préoccupées par ces questions-là à prendre contact avec le collectif qui apporte son soutien aux diverses initiatives de refus déjà en cours.

Le 3 octobre 2008

Collectif « non à l’éducation biométrique » Contact : nonaleducationbiometrique@gmail.com

Citoyens, parents, organisations membres du collectif : Attac Cœur d’Hérault, CGA (Coordination des Groupes Anarchistes), CGT-SGPEN, CNT Éducation Santé-social 34, CUAL Montpellier, FCPE 34, FSU, Groupe Décroissance de Montpellier, LCR, LDH (Ligue des Droits de l’Homme et du citoyen), le MAI, SAF (Syndicat des Avocats de France), SM (Syndicat de la Magistrature), SUD-Education 34, UD CGT 34



De : Pasobrola
jeudi 9 octobre 2008
Par Coordination contre la biométrie
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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /Oct /2008 09:30


La société Easydentic lance un nouveau système de sécurité biométrique, qui analyse le réseau veineux des doigts par infrarouge.
Julie de Meslon, 01net., le 07/10/2008 à 18h30

Après les empreintes digitales, l'iris ou les traits du visage, voici un nouveau moyen d'identifier un être humain : les veines de ses doigts. Des scientifiques se sont aperçus dans les années 1990 que le réseau veineux était propre à chaque individu. Une information qui n'a pas échappé aux industriels de la biométrie comme Easydentic Group, spécialisé dans le contrôle d'accès et la visiosurveillance.
Ce groupe né en 2004 a conçu Biovein, un système de contrôle d'accès d'un genre nouveau, désormais commercialisé. Pour identifier un individu, l'appareil va « cartographier » les veines de son index en émettant des rayons infrarouges. L'hémoglobine contenue dans le sang va absorber l'infrarouge, permettant ainsi de reconstituer le réseau veineux en moins d'une seconde. Celui-ci sera alors comparé aux réseaux autorisés, stockés par le système, pour autoriser ou non l'accès.

Même avec les mains sales

Le système Biovein a été conçu par la filiale R&D d'Easydentic, Eden, mais la technologie d'imagerie veineuse a été développée par Hitachi. Elle a notamment déjà été utilisée dans le monde médical, pour surveiller l'activité cérébrale des nourrissons. Depuis, Hitachi l'a exploitée pour des applications biométriques au Japon, en équipant des automates bancaires. Sa technologie débarque désormais en France par le biais d'Easydentic, avec lequel il a signé un accord de distribution exclusif pour deux ans.
Selon Easydentic, l'identification veineuse présente de nombreux avantages par rapport aux empreintes digitales. Elle serait tout d'abord plus fiable, car, même en vieillissant, la configuration des veines ne s'altère pas autant que les empreintes. De plus, l'identification peut se faire même avec les doigts sales ou à travers un gant fin, ce qui élargit le champ de la biométrie à des secteurs comme le bâtiment ou la médecine. Plus besoin de coller le doigt sur le capteur, l'analyse se fait sans contact, d'où une meilleure hygiène pour des lieux comme les cantines ou les écoles.
Quant aux plus paranoïaques, ils n'auront plus à craindre qu'on leur coupe un doigt pour utiliser leurs empreintes : le réseau veineux est logiquement illisible sur un doigt coupé...

Un avis favorable de la Cnil

Mais pour Easydentic, le principal atout de cette technique est qu'elle a reçu un avis favorable de la Cnil et qu'elle résoud même des contraintes légales pesant sur l'identification par empreintes digitales. Car le réseau veineux permet une biométrie dite « sans trace », contrairement aux empreintes, que l'on peut laisser sur n'importe quel objet. Ici, l'image vasculaire ne peut pas être capturée à l'insu de quelqu'un.
De plus, depuis 2006, la Cnil n'autorise en théorie les systèmes d'accès d'entreprise à base d'empreintes que si l'individu possède sur un support individuel séparé (un badge, par exemple) son empreinte de référence, à laquelle sera comparée le scan de son doigt par RFID ; cela afin que les empreintes des employés d'une entreprise ne soient pas stockées dans une base centrale. Mais cela enlève presque tout intérêt au système biométrique.
Biovein, qui ne nécessite qu'un doigt, sans support supplémentaire, apparaît donc comme la solution miracle pour son fabricant. Et celui-ci compte bien vanter l'absence de contrainte légale du système pour convertir en masse les PME à l'accès biométrique, un secteur très prometteur.
Par Coordination contre la biométrie
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Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 13:43

Publié le 02/10/2008 à 11:49 - Modifié le 02/10/2008 à 16:47 Le Point.fr

ECOUTEZ - Les RG du Rhône voulaient ficher les salariés du conseil régional

Par Chloé Durand-Parenti et Clément Daniez (avec agence)

ECOUTEZ - Les RG du Rhône voulaient ficher les salariés du conseil régional

Michèle Alliot-Marie estime que cette "enquête" est inadmissible © Caroline Gautron / MAXPPP

Si Michèle Alliot-Marie a été contrainte de faire machine arrière sur le fichier Edvige, où aucun élément relatif à la religion des personnes ne devrait finalement figurer, il semble que les RG (Renseignements généraux) soient pour leur part toujours aussi friands de ce genre d'informations. Et pour cause, la direction des ressources humaines du conseil régional de Rhône-Alpes a affirmé, dans un communiqué, avoir reçu le 16 septembre un e-mail émanant de la police du Rhône pour le moins explicite sur le sujet.

"Auriez-vous l'amabilité de m'indiquer si, parmi votre personnel, vous avez des agents de confession autre que chrétienne. Dans l'affirmative, pouvez-vous me dire si certains d'entre eux ont demandé des aménagements d'horaires ou de service pour pratiquer leur religion", était-il écrit dans ce courrier électronique, en provenance d'un agent de la Sous-Direction de l'information générale (SDIG) de la Direction départementale de la sécurité publique du Rhône (DDSP), anciennement les RG. "Abasourdis, les services de la Région ont recontacté la DDSP du Rhône pour vérifier qu'il ne s'agissait pas d'un canular. Après vérification, il s'agit bien d'une demande officielle !", ajoute la Région.

"Une atteinte aux principes de non-discrimination"

Les services de police auraient alors prétexté une étude faite à la demande de l'Association des maires de France, ce que cette dernière a, depuis, formellement réfuté. Selon la région Rhône-Alpes, "d'autres collectivités auraient également reçu les mêmes interrogations". "Edvige enterré ? Pas vraiment. Cette demande remet au goût du jour le fichier Edvige, dont certaines prescriptions seraient abandonnées dans le projet de décret annoncé par le gouvernement le 18 septembre dernier. Alors que le nouveau projet de décret est à l'étude, les Renseignements généraux constituent leurs fichiers, mais sous couvert de quel texte de loi ? Par ailleurs, est-il nécessaire de rappeler que cette demande, qui stigmatise une religion par rapport à une autre, porte gravement atteinte aux principes de non-discrimination ?", conclut vertement le conseil régional.

"Inadmissible, totalement déplacée"

Cette "enquête" est inadmissible, totalement déplacée", a assuré mercredi soir le cabinet du ministre de l'Intérieur. Michèle Alliot-Marie "a immédiatement saisi le directeur général de la police nationale pour diligenter une enquête hiérarchique interne dont les résultats doivent lui parvenir dans un délai très bref qui ne doit pas dépasser vingt-quatre heures. Il est totalement inadmissible d'adresser ainsi à une collectivité locale une question de la sorte, sur un sujet qui n'a pas sa place dans les activités d'un service départemental d'information générale".

Le 26 septembre, le président PS de la région, Jean-Jack Queyranne, avait interrogé MAM "sur cette enquête qu'il trouve choquante tant dans son principe que dans les modalités de sa mise en oeuvre". Cette lettre "n'était pas encore parvenue à la ministre ni à son cabinet", a-t-on précisé place Beauvau, où on explique avoir découvert cette affaire par une dépêche de l'AFP. Michèle Alliot-Marie "ne manquera pas de tirer toutes les conséquences qui s'imposeraient au vu des résultats de l'enquête hiérarchique interne", a conclu son cabinet.



En Rhône-Alpes, les services de renseignement s'intéressent à la religion des fonctionnaires
LEMONDE.FR avec AFP | 02.10.08 | 09h31  •  Mis à jour le 02.10.08 | 11h18

lors que le gouvernement est toujours prudent sur les question de fichage après le tollé provoqué par le fichier Edvige – renommé depuis EDVIRSP –, un courriel émanant des services de renseignement demandant de connaître la religion des fonctionnaires du conseil régional de Rhône-Alpes a suscité l'indignation, autant chez les autorités locales qu'au ministère de l'intérieur.
Dans ce courriel, envoyé le 16 depuis les locaux de la sous-direction de l'information générale (SDIG), qui fait partie de la Direction départementale de la sécurité publique du Rhône (DDSP) - anciens renseignements généraux (RG) -, la direction des ressources humaines du conseil régional était sommé d'indiquer "si parmi votre personnel, vous avez des agents de confession autre que chrétienne". " Dans l'affirmative pouvez-vous me dire si certains d'entre eux ont demandé des aménagements d'horaires ou de service pour pratiquer leur religion", poursuivait la missive, qui a provoqué la stupéfaction des services de la région.

Après vérification, ces derniers ont appris qu'il ne s'agissait pas d'un canular, mais bien "d'une demande officielle". Des fonctionnaires régionaux ont même assuré que "d'autres collectivités" ont reçu les mêmes demandes de la part des ex-RG. Ces derniers ont justifié leur demande du bout des lèvres, assurant qu'ils agissaient à la demande de l'Association des maires de France (AMF), qui a démenti toute implication.

AFFAIRE "INADMISSIBLE ET TOTALEMENT DÉPLACÉE"

Vendredi 26 septembre, le président de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, avait interpellé le ministère de l'intérieur sur cette enquête "choquante tant dans son principe que dans les modalités de sa mise en œuvre". Dans un communiqué, la région dénonce une demande qui "remet au goût du jour le fichier Edvige, dont certaines prescriptions seraient abandonnées dans le projet de décret annoncé par le gouvernement le 18 septembre dernier". "Alors que le nouveau projet de décret est à l'étude, les RG constituent leurs fichiers, mais sous couvert de quel texte de loi ? Est-il nécessaire de rappeler que cette demande porte gravement atteinte aux principes de non-discrimination ?", conclut la région.

Au ministère de l'intérieur, où on assure avoir découvert l'affaire par le biais de la presse, on s'est empressé de diligenter une enquête interne sur cette affaire "inadmissible et totalement déplacée". Selon la Place Beauvau, la lettre de M. Queyranne n'était pas encore parvenue au cabinet de la ministre Michèle Alliot-Marie mercredi. "Il est totalement inadmissible d'adresser ainsi à une collectivité locale une question de la sorte", explique-t-on au cabinet de Mme Alliot-Marie. Les résultats de cette enquête devraient être connus "d'ici à vingt-quatre heures au plus tard" et Mme Alliot-Marie "ne manquera pas de tirer toutes les conséquences qui s'imposeraient".
Par Coordination contre la biométrie
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Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 13:42

Passeport biométrique: les opposants ont déposé leur référendum

Les Suisses devront certainement voter sur l'introduction du nouveau passeport biométrique. Le comité référendaire a en effet récolté entre 52'000 et 60'000 signatures lors du dernier jour du délai imparti pour le dépôt des paraphes.

Robert Devenoges, porte-parole du comité interparti contre le nouveau passeport suisse biométrique et les cartes d'identité, n'a pas pu communiquer de chiffres exacts. "Nous étions tellement dépassés dans les dernières heures que nous n'avions même plus le temps de récolter des signatures", a-t-il précisé à l'ATS.

Le référendum sera considéré comme valable à partir du moment où l'administration de la Chancellerie fédérale aura validé les 50'000 signatures nécessaires.

La fronde est menée tant à l'extrême gauche qu'à l'extrême droite de l'échiquier politique. Sur la liste des soutiens, Luc Recordon (Verts/VD), Carlo Sommaruga (PS/GE) ou le POP vaudois côtoient Dominique Bättig (UDC/JU), les jeunes UDC lucernois, des membres des Démocrates suisses (DS) et de l'UDF.


SDA-ATS News Service

Par Coordination contre la biométrie
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