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Vol. 21, no 2 (printemps 2009)
Dossier : Intimité et vie privée : déplacements de pudeur et politiques
Responsables : Rébecca Beauvais et Maria Nengeh Mensah
Au 21e siècle, bon nombre de pratiques sociales mettent en jeu l’intimité et la vie privée. Pensons à la tenue des dossiers et des informations à caractère confidentiel, aux soins et services livrés à domicile, à l’intervention en matière de violence familiale et conjugale, à la biométrie et à l’intelligence sur l’identité individuelle, aux différents métiers de l’industrie du sexe, au quotidien des personnes qui résident en milieu carcéral ou dans d’autres institutions fermées, aux expériences du vivre dans la rue, aux exigences du secret professionnel, aux programmes visant à modeler l’habillement des adolescents ou à notre engouement face aux émissions de télé-réalité. Chacune de ces activités est traversée par une tension certaine, entre d’une part la volonté de savoir, de connaître et de dévoiler, et d’autre part, la résistance et le contrôle de l’invasion. Nos sociétés surveillent et protègent en même tant qu’elles sont devenues remarquablement « avouantes ». De ce constat, et si l’on accepte l’idée que ces pratiques ont une fonction politique, il importe dès lors de s’interroger sur les enjeux démocratiques qui les sous-tendent et, du coup, de nommer les repères à partir desquels les enjeux de l’intimité et de la vie privée peuvent être examinés.
La dimension politique de l’intimité et de la vie privée apparaît être au cœur des débats actuels. Car sans politique, parlerait-on vraiment de l’hypersexualisation de la société, du non-respect de la vie privée, de l’extimité ou du sur-dévoilement, entre autres, par l’usage d’Internet et des télé-réalités, comme des problèmes sociaux qui semblent bouleverser notre « vivre-ensemble » — donc une façon de vivre et de penser le politique.
Ainsi, bien que l’intime doive être différencié de la vie privée (la vie privée est une notion explicitement politique, un droit civil dûment policé, tandis que l’intime est une activité sociale, une portion d’espace réel ou métaphorique dont l’acteur principal privilégie la garde), les deux termes recouvrent des repères normatifs et politiques semblables. Les pratiques sociales, les institutions et les codes, qui organisent la vie privée cristallisent l’état des rapports de force entre les sexes, par exemple. « Le personnel est politique! », s’écriaient les mouvements féministes dans les années soixante. Parce qu’il n’y a pas de domaine privé dans une existence qui ne soit politique, et inversement, il n’y a pas de problème politique qui, en dernier ressort, ne soit personnel. Dans cet ordre d’idées, se sont imposées diverses stratégies, dont l’étude de la division entre les sphères privée/publique et de son inscription dans la différenciation sociale des sexes; et l’examen des problématiques de la vie privée (l’amour, la sexualité, la famille, le travail domestique, le rapport au corps et à l’identité, etc.) qui ont eu un impact sur les rôles sexuels et les modes de vie tant intimes que publics.
Cette intimité dont on parle se compose conceptuellement d’au moins quatre dimensions interreliées : une dimension émotionnelle qui renvoie au sentiment, au souci de l’autre; une dimension spatiale reliée à la proximité et aux interactions physiques; une dimension psychologique qui implique une certaine intersubjectivité; et une dimension sociale qui comprend des échanges verbaux d’informations, de connaissances. Or le sexe est fortement associé à cette intimité et à l’identité individuelle. C’est pourquoi on a tendance à réduire la notion d’intimité et les espaces où elle se cantonne à la dimension sexuelle de l’existence; à faire de la sexualité le fondement même de l’intime. Et c’est pourquoi aussi les ouvrages publiés au cours des dix dernières années qui se sont intéressés à la notion d’intimité ont largement exploré l’angle de la sexualité. Dans ce numéro, nous voulons élargir le sens et surtout la portée des transformations qui s’opèrent dans ce champ.
Or, nous émettons ici l’hypothèse que les déplacements et les débats actuels quant à l’intimité et à la vie privée, sont surtout une affaire de déplacement de pudeur ; les frontières du privé et du public resteraient quant à elles opérantes. En conséquence la pudeur, « cette gêne qu’une personne éprouve à faire, à envisager ou à être témoin » serait un motif des résistances comme des renouvellements des pratiques. Chez certains acteurs, cette pudeur serait déplacée au profit d’enjeux économiques et politiques : accès à l’information, test génétique dans les demandes d’immigration, cartes à puce, etc. Du reste, c’est la question démocratique qui nous interpelle ici : la pudeur n’y étant pas limitée aux choses sexuelles. La notion d’intimité génétique par exemple, notion qui « découle de l’apparition de formes de discrimination génétique utilisée par les employeurs, les compagnies d’assurances, les écoles ou les agences d’adoption » laisse entrevoir une nouvelle gestion et délimitation du champ de l’intimité. D’une part, une intimité à protéger : une atteinte à la démocratie, car on « viole » la vie (l’intimité) des gens; une tension entre diffusion/accès à l’information et le droit à une vie privée. D’autre part, une intimité qui est un moteur de prise en charge citoyenne, l’intimité devient un lieu propice à la prise de parole, à l’engagement, à la résistance (luttes contre l’assujettissement) qui ne se limite pas à l’individu même s’il en est la première prise de conscience.
Pour son numéro d’hiver 2009, NPS invite les praticiens, les étudiants engagés en intervention sociale, les militants des milieux communautaires et bénévoles, les professeurs et les chercheurs à réfléchir sur les enjeux démocratiques que soulèvent de nouvelles pratiques sociales liées à l’intimité et à la vie privée. Nous cherchons donc des contributions scientifiques qui tentent de contextualiser les changements quant à l’intimité et à la vie privée, à cartographier les lieux de cette intimité et leurs nouvelles frontières, ainsi qu’à questionner comment la démocratie s’inscrit dans ces nouvelles démarcations. À titre d’exemples, les textes soumis pourront aborder les questions suivantes : Quelle vitalité démocratique réside autour des frontières qui entourent l’intimité et la vie privée? Comment la caractériser? Qui limite qui? Dans quel but et avec quels effets? Quelles formes prennent les pratiques de l’intime et de la vie privée dans l’univers de l’intervention sociale? Individuelle, familiale, de groupe ou auprès des collectivités? Et que sont les nouvelles tensions émergentes en considérant les enjeux émotionnels, spatiaux, psychologiques ou sociopolitiques? Aussi, est-ce que ces déplacements sont radicaux (remise en question de cette séparation privée/publique), moraux ou stratégiques? Finalement, comment se définissent le politique et le démocratique sur le terrain de nos recherches et réflexions?
Les manuscrits doivent être soumis avant le 15 avril 2008 par courrier électronique à Nouvelles pratiques sociales (nps@uqam.ca).
Pour toute question relative à ce numéro thématique, les auteurs sont invités à communiquer avec les responsables : Rébecca Beauvais
Chargée de cours
Département de science politique et École de travail social
UQAM
Tél.: 514-987-3000 (poste 4141)
beauvais.rebecca@uqam.ca
Maria Nengeh Mensah
Professeure-chercheure
École de travail social Institut de recherches et d'études féministes
UQAM
Tél.: 514-987-3000 (poste 1723)
mensah.nengeh@uqam.ca
Rappel : Vous trouverez le guide pour la présentation des articles dans la revue et vous pouvez le consulter sur notre site Web (http://www.nps.uqam.ca/appel/guide.php); toutefois, nous
précisons déjà qu’aucun article ne devra dépasser 35 000 caractères (espaces compris), notes, bibliographie et tableaux inclus.
source : calenda.revues.org
23 février 2008
Voici un texte explicatif sur la campagne biométrie, ses objectifs et modalités, en html ainsi qu’en version mise en page et prête à être photocopiée. Tous les outils de campagne, tracts et affiches types sont disponibles en cliquant ici. Des documents complémentaires. sur la biométrie sont disponibles là, ainsi que des documentaires sonores, ici.
Contexte et propositions de lutte
La biométrie consiste à utiliser la mesure de parties du corps (iris de l’œil, empreintes digitales, contour de la main, du visage...) ou de comportements (démarche, manière de signer...) pour reconnaître une personne. Ces parties du corps, réputées uniques pour chaque individu, sont numérisées, puis enregistrées dans des bases de données, etréactivées à chaque fois qu’il faut s’identifier. Depuis la fin des années 90, sous la pression de lobbys industriels et étatiques, les outils de reconnaissance biométrique, souvent des bornes, se généralisent et remplacent les clés, les cartes ou tout simplement la reconnaissance en face-à-face.
Les dispositifs biométriques ont d’abord été installés dans des zones dites « sensibles » (prisons, aéroports…). Depuis quelques années, dirigeants et industriels ne reculent devant rien pour en généraliser l’usage à toutes sortes d’activités quotidiennes. En 2004, le groupement des industriels de micro-électronique (Gixel) publiaient un Livre Bleu de préconisations au gouvernement, lui conseillant de conditionner les plus jeunes pour faire accepter la biométrie à une population récalcitrante. Ils y prescrivaient une « éducation dès l’école maternelle », c’est-à-dire l’implantation massive de bornes biométriques dans les établissements scolaires. Dès 2005, cette propagande s’est rapidement matérialisée sous forme de systèmes d’accès des élèves à la cantine et aux entrées. On compterait aujourd’hui 350 établissements scolaires biométriques, contre seulement une vingtaine en 2005. C’est donc une grande partie de la jeunesse qui, tous les jours, est priée de trouver normal d’être gérée en silence par le biais de son anatomie, avec la complicité de prétendus éducateurs.
Le monde de la biométrie est le même que celui du prélèvement massif d’ADN, de la vidéo-surveilllance et de la pose de bracelets électroniques sur les nourrissons. C’est un monde où l’on juge que gérer des corps est finalement plus efficace et rentable que dialoguer avec des personnes. Derrière la machine, un pouvoir arbitraire et omniprésent alimente, peut-être plus encore que par le passé, frustration, impuissance et paranoïa. Grâce à ces technologies, les dirigeants constituent des fichiers et organisent une surveillance en temps réel dont auraient rêvé les dirigeants soviétiques. De leur côté, les industriels se réjouissent d’étendre encore leur conquête des activités humaines, en les conformant à leurs innovations technologiques. Tantôt en agitant la peur des terroristes, tantôt pour nous « simplifier la vie », les bureaucraties, petites et grandes, étatiques ou marchandes, ne cessent de soumettre les espaces de la vie commune à leurs propres critères : rien ne doit entraver le flux de l’économie ; rien ni personne ne doit se déplacer incognito.
Pourtant, depuis 2005, une résistance se structure. Fin 2005, une troupe de clowns apparaît dans la cantine du lycée de Gif-Sur-Yvette et sabote les bornes biométriques pendant le repas de midi. Diverses campagnes d’information ont lieu et certaines oppositions réussissent à empêcher l’installation de bornes biométriques. En ce début d’année 2008, divers collectifs en France se sont alliés pour lancer du 12 mars au 12 avril une campagne nationale contre la biométrie. Vous trouverez ci-dessous diverses infos politiques et pratiques sur cette campagne.
Cadre de la campagne
Cette campagne a été lancée parce qu’il est urgent de faire obstacle à la banalisation de la biométrie. Or les mobilisations qui ont eu lieu dans certains lycées sont encourageantes : la détermination de quelques-uns peut suffire à créer un rapport de force favorable. Si, depuis plus de deux ans, diverses actions ont déjà été menées ici et là, l’idée est aujourd’hui de se donner plus de force et de cohésion, notamment en agissant au même moment.
Cette campagne contre la biométrie a été lancée par divers collectifs en France souvent impliqués par ailleurs dans des luttes contre le fichage (ADN, "base élève"), la vidéo-surveillance, la répression et l’enfermement des mineurs... Nous avons décidé de nous attaquer à la biométrie dans le cadre d’une offensive de longue haleine et plus large sur le contrôle social, l’enfermement et les conséquences du développement des nouvelles technologies. Mais dans cette campagne, pas de stratégie unique ni de cadre fermé : à chacun, selon le contexte, de trouver les alliances et les formes d’action les plus belles et les plus intéressantes.
Nous cherchons à élargir cette campagne au plus vite. Votre aide est la bienvenue pour diffuser ce texte de proposition, par internet, mais surtout dans le monde réel autour de discussions.
Les actions que nous projetons visent notamment les établissements scolaires : ce sont des lieux privilégiés de la propagation de ces technologies, mais aussi parce que ce sont des endroits
où les enjeux collectifs permettent encore des mobilisations (au grand dam du Gixel). Mais il est tout aussi pertinent de s’attaquer à d’autres espaces où s’implante la biométrie :
immeubles, entreprises, bars et restos, lieux de diffusion d’objets high-tech (disques durs et ordinateurs portables par exemple), piscines... Et puis, évidemment, à toutes les entreprises qui la
vendent (vous trouverez de nombreux détails sur le blog d’un grand amateur de biométrie :
http://pagesperso-orange.fr/fingerc... _ Pas tout à fait
exhaustif mais une bonne base).
Modes d’action
La base est pour nous, de provoquer des remous dans les établissements biométriques et au mieux d’en exclure la biométrie ; et de diffuser massivement des tracts dans les établissements où elle n’est pas implantée, histoire de décourager des projets d’installation. Il a été constaté que dans l’un et l’autre cas ça pouvait marcher.
Nous nous sommes rendu compte qu’il est assez facile d’entrer dans les établissements pour glisser des papiers dans les casiers des profs, voire d’aller trouver franchement des chefs d’établissements et de leur proposer des affiches. On trouve toujours des profs et des lycéens complices.
Dans diverses villes, on peut prendre contact avec des lycéens, syndicats de profs (FEN, FSU, CGT educ, CNT, SNES, SNUIPP, SUD educ...) et parents d’élèves (FCPE...) pour organiser une soirée d’information. C’était assez efficace jusqu’ici et cela permet que les luttes soient menées avec des personnes directement concernées. Cela peut être pas mal d’organiser des actions communes avec des collectifs locaux (en général des syndicats de profs et parents aussi) qui s’engagent actuellement contre Base-élève.
En dehors des tracts et des soirées d’information, des initiatives de "fermeture" symbolique des établissements déjà équipés, avec des marquages du type "Biométrie : quand les lycées se transforment en prison, fermons-les !", pourraient aussi sonner juste.
Des initiatives plus drastiques ne sont pas à exclure, sans nuire aux personnes.
Textes et affiches-type pour la campagne
Deux tracts-types sont proposés avec un contenu un peu différent. Ils peuvent être diffusés tels quels ou modifiés à votre guise (versions texte et pdf disponibles sur le site panoptique.boum.org). Nous proposons aussi des modèles d’affiches à coller autour des établissements et ailleurs.
Soirées publiques
Pour des soirées publiques, nous pouvons envoyer des copies du documentaire "le temps des biomaîtres", un film qui est loin d’être parfait, mais assez court. Si vous en faites la demande par mail, certaines personnes qui ont l’habitude d’intervenir dans des présentations publiques pourraient venir vous aider à organiser la soirée.
Lister les établissements biométriques en France
Nous sommes en train d’établir une liste des établissements scolaires équipés. Il y aurait donc 350 établissements biométriques officiellement déclarés à la CNIL (qui participe activement à la banalisation de la biométrie, voir par ex. l’article http://ww.rebellyon.info/article4767.html), et un certain nombre d’établissements biométriques non déclarés. Il est assez facile d’appeler les collèges et lycées, voire les écoles primaires, en se faisant passer pour une quelconque boîte de biométrie qui propose des équipements aux établissements, pour voir s’ils sont déjà équipés ou pensent le faire. L’un des rares moments dans la vie où il est agréable de se faire insulter au téléphone par des gens qui ne veulent pas en entendre parler.
Retours et diffusion de l’info
Les divers documents et comptes rendus liés à cette campagne seront disponibles sur le site panoptique.boum.org. Vous pouvez déjà y retrouver, outre les tracts et affiches sus-mentionnés, des brochures et documents à photocopier sur le sujet.
Si vous avez fait de l’info dans les lycées locaux, collé des affiches, organisé des débats, envoyez-nous des communiqués sur les réactions que ça a suscité auprès des parents d’élèves, administrations, dans les médias locaux... Par ailleurs si vous entendez parler d’autres actions menées, par le biais de médias locaux indépendants ou marchands, nous voulons bien relayer l’info. Vous pouvez envoyer ces informations à panoptique@boum.org
Nous vous invitons à relayer largement cette initiative chez vous et à décider vous-mêmes du traitement médiatique que vous trouvez adéquat. Rappelons que les chefs d’établissement installent souvent la biométrie pour donner une image de modernité et de prestige à leur école : ils sont donc particulièrement gênés par une opposition médiatisée, ne serait-ce que localement. Des communiqués de synthèse des actions menées partout en France pendant la campagne seront envoyés aux médias au nom du réseau « Biométrie hors de nos vies ». Nous avons choisi que ce réseau de circonstance n’ait ni représentant ni porte-parole ; personne ne devrait donc se mettre en avant et « récupérer » ces actions publiquement, et surtout pas un parti politique.
Bon printemps à tous.
Biométrie, hors de nos vies !
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sécurité
Données personnelles : la Cnil juge la situation angoissante
Elu président du G29, Alex Türk souhaite que ce groupement des autorités européennes de protection des données se fasse mieux entendre.
Julie
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« L'utilisation des données personnelles dérive de plus en plus. Pire, il y a un
glissement des mentalités : les gens ne se rendent pas compte qu'il faut protéger leurs informations, donc leur intimité. » Alex Türk,
président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) tire une fois de plus la sonnette d'alarme. Et il le fait, cette fois, à l'échelle européenne.
Sécurité - Bruxelles réfléchit à la mise en place d’un contrôle des visiteurs pénétrant dans l’espace européen. Chaque personne concernée serait fichée électroniquement.
Le projet n'est pas sans rappeler ce qui se fait déjà depuis quelques années aux Etats-Unis, et depuis peu au Japon. Au tour donc de l'Europe, première destination touristique dans le monde, de réfléchir à un suivi de près de 300 millions de personnes pénétrant chaque année dans l'espace Schengen. L'enjeu est de ne pas perdre leur trace et de lutter par là-même contre l'immigration clandestine.
Le Figaro résume en quelques points les grandes lignes du projet présenté sur le site Europa, de l'Union européenne : « Les visiteurs soumis à un visa verront leurs identifiants biométriques (photos digitalisées et empreintes digitales) stockées dans une base de données commune. Le système deviendrait totalement opérationnel en 2015 ».
Reste à régler le problème de la violation des libertés civiles soulevé par un tel projet. Les données informatiques de chaque visiteur ne seraient pas stockées apparemment plus de 5 ans. Déjà une bonne tranche de vie.
• EU unveils plans for biometric border controls - repéré sur EUobserver.com
• Bruxelles entend ficher les visiteurs de l'Europe - repéré sur le Figaro.fr
• L'Union européenne pourrait mettre en place des relevés d'empreintes digitales à ses frontières - repéré sur le Monde.fr
• Travelers to Europe May Face Fingerprinting - repéré sur le Washington Post
• Un fichier pour construire une forteresse - repéré sur RFI
Par la rédaction, News.fr
par RFI
Article publié le 31/01/2008 Dernière mise à jour le 31/01/2008 à 08:25 TU
Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, testant le nouveau visa biométrique au Consulat de France à Cotonou, le 21 juin dernier.
(Photo : AFP)
Protéger l'Europe, ce n'est pas la fermer. L'idée est en vogue en ce moment dans les instances européennes ; mais il y a bien longtemps que le commissaire Frattini en a fait sa devise. L'argument sert aussi d'ailleurs à repousser d'éventuelles protestations d'organisations de défense des droits de l'homme.
Le fichier biométrique européen serait constitué des données personnelles de chaque voyageur étranger, c'est-à-dire non membre de l'Union : empreintes digitales mais aussi identifiants de l'oeil (iris ou rétine), et données personnelles comme l'adresse de résidence, les dates d'entrée et de sortie du territoire... Ces données seraient collectées à toutes les entrées terrestres, maritimes ou aériennes du territoire européen,
Ce type de fichier est inspiré des Etats-Unis, qui ont exigé et finalement obtenu des Européens le transfert des données des passagers aériens au printemps 2007, mais existe aussi en Australie; le Japon s'apprête lui aussi à expérimenter une de ses formes.
Pour le commissaire Frattini, ce système d'autorisations de voyage pourrait à terme remplacer celui des visas, en répondant à la nécessité d'adapter la lutte contre l'immigration clandestine, le trafic mafieux et le terrorisme à la nouvelle carte européenne.
L'Europe de Schengen s'est en effet étendue le 21 décembre à 9 nouveaux pays, aux confins de la Norvège et des pays baltes ou de la Pologne. Or pour les ministres de l'intérieur des 27, réunis près de Ljubljana en Slovénie, trop de demandeurs d'asile utliseraient déjà cette libre circulation pour multiplier leurs demandes d'asile et prolonger leur séjour sur le territoire européen, ce qui selon le droit est interdit, les demandes devant être obligatoirement traitées par le pays d'entrée des ressortissants étrangers.
Les 27 approuvent le projet. La mesure accompagnée de demandes de soutien à Frontex, l'agence européenne chargée des frontières, sera soumise le mois prochain au parlement de Strasbourg. La France, prochaine présidente de l'Union au deuxième semestre 2008, s'y est déjà déclarée favorable.
source : RFI
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Mauriguard Ltd, spécialisée dans la sécurité privée et qui compte parmi ses clients une bonne partie des nantis, a vu la demande pour ses services croître substantiellement en 2007. Dans son package dont Mauriguard taira le coût, « compétition oblige », on peut trouver tout ou presque tout ce dont on a besoin. Vous avez des doutes sur vos employés de maison ou vous souhaitez être sûr de leur intégrité ? Pas de problème, la société fera une enquête discrète sur le personnel. Une cohorte d’anges gardiens Avant d’acheter une résidence, il est arrivé, mais c’est assez rare, de voir des familles engager un détective pour enquêter sur le voisinage. Histoire de savoir si les chers voisins n’ont rien à cacher. Mais ce n’est pas tout, la société offre aussi la possibilité d’avoir recours à un service de gardiennage 24 heures sur 24. « Les gens qui en ont les moyens optent volontiers pour ce service quand ils doivent s’absenter un long moment. Un gardien est là pour veiller sur leurs biens », explique Mukan Mardaymootoo, le directeur de Mauriguard Ltd. Avec beaucoup de moyens, vous pourrez faire comme feu Aristote Onassis ou encore le footballeur milliardaire David Beckham et vous entourer d’une cohorte d’anges gardiens lors de vos déplacements. « Les hommes importants, mais surtout des industriels étrangers font souvent appel à nous parce qu’ils ne connaissent pas le pays et ne veulent prendre aucun risque. Parfois, ce sont des gens qui ont ausi reçu des menaces de mort », confie le directeur de Mauriguard Ltd. On n’est jamais trop prudent. Pour la compagnie Brinks Mauritius « le service de protection rapprochée existe déjà, et nous le proposons, mais cela reste une prestation peu développée ». D’autres sociétés, comme Alarmtech Co. Ltd, envisagent de faire une étude pour connaître les besoins des familles mauriciennes en termes de protection rapprochée. « C’est une filière que nous souhaitons développer, mais cela dépendra des besoins », explique un responsable qui précise que la demande des services de systèmes d’alarme a augmenté de 20 % en 2007. Certains, comme Ollier Security Centre, parlent même d’une hausse de 30 %. Et avec l’implantation des Integrated Resorts Schemes, la demande en matière de sécurité va exploser, surtout pour des familles ultra-riches qui viendront s’installer à Maurice. La société Brinks compte bien obtenir une part de ce marché. « Nous travaillons sur une protection périphérique adaptée à la particularité et à la sensibilité des sites. Notre approche est une combinaison innovante et dissuasive de sécurité humaine et électronique, préventive et réactive, suffisamment déployée en amont de la zone à risque pour réaliser des interventions efficaces sans imposer aux résidents le stress d’une protection “trop rapprochée” », souligne le directeur général de Brinks océan Indien, Éric Rey. La biométrie pour identifier Mais c’est surtout le secteur de la biométrie, permettant d’identifier une personne grâce à ses caractéristiques physiques, qui connaît ses premiers balbutiements à Maurice. Le sentiment d’insécurité est en train de créer une demande de la part de personnes pour lesquelles l’argent n’est pas un problème. « Nous proposons et installons des systè-mes de contrôle d’accès basés sur la biométrie et identifiant les empreintes digitales ou la lecture de l’iris. Ces équipements restent onéreux et sont encore très souvent réservés aux locaux professionnels et leur utilisation est couplée avec des logiciels de gestion du personnel », poursuit Éric Rey. La poignée de porte qui identifie les empreintes digitales ou l’iris est presque banale à l’étranger. La société américaine Biometric Group a avancé à pas de loup dans ce domaine très complexe. On en est maintenant à la géométrie des mains, qui consiste à mesurer plusieurs caractéristiques de la main, par exemple sa forme, sa longueur, la largeur des doigts, la forme des articulations… Mais on parle aussi d’identification par le lobe de l’oreille, la rétine de l’œil, ou encore la configuration des veines. Outre les caractéristiques physiques, un individu possède également des éléments de son comportement qui lui sont propres. Comme la dynamique des frappes. Biometric Group explique que les frappes au clavier sont influencées par plusieurs choses ; tout d’abord, selon le texte que l’on tape et, de manière plus générale, selon la nature de l’individu, ce dernier aura tendance à modifier sa façon de taper au clavier. C’est d’ailleurs un des moyens utilisés par certaines attaques (timing attacks) pour essayer d’inférer sur le contenu ou la nature du texte tapé, de façon à remonter jusqu’à un mot de passe par exemple. Il y a ensuite le facteur comportemental qui entre en jeu, et ce dernier va être différent pour chaque individu. Les facteurs sont, à peu de choses près, identiques à ceux évoqués précédemment : ce sont les durées entre les frappes, la fréquence des erreurs, la durée de la frappe elle-même… La différence se situe plus au niveau de l’analyse, qui peut être soit statique et basée sur des réseaux neuronaux, soit dynamique et statistique. Surveillance via Internet Mais nous n’en sommes pas encore là. Comme autres nouveautés, la société Brinks compte proposer bientôt des équipements de déverrouillage de portes à distance. Alarmtech Co. Ltd n’est pas en reste. Elle propose Oasis, un système avec une communication GSM, sans fil, qui peut cumuler plusieurs fonctions : système d’alarme, système anti-incendie, contrôle d’accès, détection des fuites de gaz, mais aussi la domotique, de plus en plus populaire en Europe. Elle permet de contrôler les lumières ou la climatisation, voire même de brancher et de débrancher le système d’alarme à distance, le tout par le GSM. La compagnie installe également des systèmes d’alarme personnalisés, fait de la télésurveillance avec intervention, dispose des caméras de surveillance, des systèmes anti-incendie, et des accès de contrôle. Chez Ollier Security Centre, le nec plus ultra reste le système de videosurveillance via Internet. |
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Bindu BOYJOO |
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IDENTITÉ | 00h24 Henri Rothen, chef du Service cantonal de la population (SPOP), défend une modernisation du contrôle des habitants – réation de quatre centres régionaux – qui passe mal dans les communes. Il répond aux critiques.
FLORIAN CELLA | CRITIQUES A la tête du Service cantonal de la population, Henri Rothen doit faire face à la fronde des communes.LAUSANNE, ARCHIVES
PHILIPPE MASPOLI | 26 Janvier 2008 | 00h24
Passer au bureau communal pour commander une carte d’identité, un passeport ou un permis de séjour d’étranger, quoi de plus naturel dans un pays attaché à une bonne vieille notion de proximité? Dès novembre?2009, ce sera fini. Le souffle de la révolution provient de l’espace européen sécurisé défini à Schengen.
Les documents d’identité adopteront les coûteuses techniques de la biométrie intégrant les empreintes digitales: le prix d’une machine se monte à 50 000 francs. Le SPOP ouvrira donc quatre centres, à Nyon ou à Morges pour l’ouest, à Vevey pour l’est, à Yverdon pour le nord et la Broye, et à Lausanne. Calqué sur les arrondissements d’état civil, cela semble simple. En réalité, un bras de fer est engagé entre les communes, qui dénoncent une centralisation et une perte de recettes, et le chef du SPOP, Henri Rothen.
Le 6 décembre dernier à Aubonne, il a été reçu fraîchement par l’Association de communes vaudoises (AdCV), regroupant les communes dites riches. Auparavant, il a aussi été accusé de «tentative de hold-up» et de «mépris» dans une lettre envoyée au Conseil d’Etat par l’Association vaudoise des contrôles des habitants (AVDCH).
Le contentieux ne date pas d’hier: «J’ai toujours entendu dire qu’il y avait des relations tendues entre les bureaux de contrôles d’habitants et le SPOP», relève Nicole Grin, secrétaire générale de l’Union des communes vaudoises (UCV). «Mais cela dure depuis trente ans, ce n’est pas dû à ma personnalité. Je ne suis pas anticommunes, nous devons travailler ensemble. J’ai été secrétaire municipal à Yverdon et secrétaire général de l’UCV», rappelle Henri Rothen, qui dirige le SPOP depuis 2002. Les représentants des bureaux communaux sont plutôt discrets en attendant d’être reçus par le conseiller d’Etat Philippe Leuba. Leur présidente, Claude Petit, résume les reproches: «On enlève aux communes les activités qui rapportent. Mais le plus grave, c’est la perte de proximité.»
Le chef du SPOP défend la modernité. «Je conteste l’équation proximité?=?efficacité. Les habitudes de mobilité ont évolué. Avoir un bureau communal devant sa porte est illusoire s’il n’ouvre que quelques heures pas jour. L’exemple de l’état civil le montre: nous avons unifié les horaires, qui sont plus adéquats. Nous misons aussi sur internet.» Les lois, surtout dans le domaine de l’immigration, sont de plus en plus complexes. «Nous devons professionnaliser», assène Henri Rothen
Et l’argument financier? Le chef du SPOP rétorque que les émoluments des papiers d’identité et des cartes pour les étrangers représentent une goutte d’eau dans l’océan des recettes communales, 3,8 millions sur un total de 4,2 milliards. Soit une proportion de 0,09%.
source : 24heures
17-01-2008
Les services secrets britanniques et le FBI envisagent de se rapprocher afin de créer une base de données contenant des informations biométriques sur les criminels et les terroristes les plus recherchés
S'il est réalisé, le projet surnommé "server in the sky", devrait contenir des informations très détaillées sur les criminels et les terroristes les plus dangereux, par exemple, des empreintes
palmaires et des scans de l'iris...
L'initiative est à mettre au profit du FBI qui a présenté son idée lors d'une rencontre avec les services de cinq pays : l'Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne et les
USA.
La NPIA britannique (National Policing Improvement Agency) l'organisme qui travaille sur la modernisation des moyens et des méthodes policières a déclaré :"qu'un tel système serait encore
plus efficace s’il était associé à d'autres bases de données comme Ident1, qui cumule pas mois de 7 millions de données biométriques collectés sur des scènes de crime."
Pour l'instant, cette proposition est à l'étude, mais rien ne permet d'affirmer que ce rapprochement va véritablement voir le jour.
Un porte-parole de la NPIA a expliqué : "la proposition du FBI est intéressante, mais l'accord définitif n'a pas encore été signé", et c'est le même son de cloche qui résonne dans les
couloirs du ministère de l'Intérieur britannique qui a indiqué "chercher constamment de nouvelles techniques en vue d’améliorer l'efficacité de ces services."
Pour conclure, précisons que cette annonce intervient quelques jours après la mise en place par le gouvernement britannique du contrôle biométrique de tous les passagers demandeurs de visa.
Une enquête en cours des services de renseignements britanniques sur un site Internet islamiste qui appelait à l'établissement d'une section d'al-Qaida au Royaume-Uni n'a fait que confirmer les craintes de Michael Chertoff, le chef de la Homeland Security, le nouveau ministère américain créé il y a cinq ans dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001. «Les terroristes se tournent de plus en plus vers l'Europe en tant que cible mais aussi comme plateforme pour des attentats» à destination des États-Unis, affirmait-il mardi à la BBC.
Dans la naissance de cette cellule islamiste sur le sol britannique, Michael Chertoff voit une nouvelle preuve de la montée d'un terrorisme «de terroir» (home-grown), qui s'était manifestée par les attentats de Madrid en 2004 puis de Londres en 2005, sans parler de la tentative d'introduire des explosifs sous forme liquide déjouée en 2006 à l'aéroport de Heathrow.
L'affaire du site, qui visait «les infidèles», au premier rang desquels le premier ministre, Gordon Brown, et son prédécesseur, Tony Blair, pourrait renforcer la main du secrétaire américain à la Sécurité intérieure qui, selon un article du New York Times en mai 2007, avait en vain tenté de convaincre les autorités britanniques d'imposer des visas à leurs ressortissants d'origine pakistanaise se rendant aux États-Unis.
Comme la plupart des Européens, les touristes français munis d'un passeport biométrique bénéficient d'une dispense de visa. Mais à l'avenir, le droit d'entrée aux États-Unis sans visa ne dispensera pas d'un préavis : la Homeland Security prévoit que tout voyageur sera tenu d'enregistrer son projet de visite sur un site Internet qui lui fournirait en retour un numéro d'autorisation, valable pour un ou deux ans.
«Ne seraient exigées que les données habituelles pour commander un billet d'avion», indique Laura Keehner, une porte-parole du ministère, tout en précisant que «le projet n'est pas nouveau». Ce système d'«autorisation électronique de voyage» a d'ailleurs été mis en place par l'Australie.
Les touristes voyageant sans visa posent problème dans la mesure où ils ne se signalent aux autorités de l'immigration, souvent pour la première fois, que lorsqu'ils ont le pied sur le sol américain : «Cela nous laisse un très petit créneau» pour les vérifications nécessaires, remarque Michael Cherkoff. Le créneau serait considérablement élargi par la notification de l'entrée sur le territoire, même dans des délais courts et assortis de mesures d'urgence pour les voyages au pied levé.
«Cela nous permettrait de savoir à l'avance qui a l'intention de venir dans le pays», commente Laura Keehner, en précisant qu'aucune date n'est arrêtée pour l'instauration du nouveau système de contrôle. Les Américains, qui procèdent actuellement à l'essai d'une nouvelle méthode d'enregistrement des empreintes digitales des dix doigts au lieu de cinq dans une dizaine d'aéroports pour les visiteurs munis d'un visa, font la part de leur sécurité et de leurs intérêts : Michael Cherkoff assure que les nouvelles mesures ne doivent freiner ni le tourisme ni le commerce.
source : le figaro
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