Qu'est-ce que la biométrie? en bref...

Publié le par Blair

 

Quʼest-ce que la biométrie ? La biométrie, cʼest le mot high tech employé aujourdʼhui pour désigner une science vieille de plus dʼun siècle : lʼanthropométrie. Elle a été rebaptisée pour cacher ses origines et ses buts ; celle-ci servait à lʼorigine et jusquʼà aujourdʼhui à la police et à la science criminelle pour identifier les criminels, les délinquants, les hors-norme, sans compter les « mal-pensants ». Vers 1900, avec Bertillon, on commence à utiliser les photographies dans les fichiers de police, puis les empreintes digitales, jusquʼà ce que la biométrie serve aux nazis pour authentifier et trier tous ceux quʼils envoyèrent dans les camps de la mort. Cette technique, couplée à la mise en place de la carte dʼidentité obligatoire sous Vichy, en France comme dans de nombreux autres pays dʼEurope fut le support scientifique à lʼhorreur de la déportation. Puis elle servit à tous les régimes totalitaires qui ont vu le jour au XXème siècle à travers le monde pour repérer et éliminer les esprits libres et autres trouble fêtes. Mais les désirs de progrès galopant et les innovations technologiques sʼenchaînant dans un rythme effréné, nous voici tous devant une réalité bien dure à regarder : ces systèmes biométriques et leurs logiques de contrôle absolu commencent à sʼétendre dans toutes les sphères publiques et privées jusquʼau collège-lycée Maurice Ravel de paris 20ème. La technologie biométrique permet dʼauthentifier lʼidentité dʼune personne grâce à son propre corps : empreintes digitales, iris, contour du visage, gabarit de la main, etc. Une machine vient prendre la place de la personne sensée contrôler un accès : plus besoin de parler ni de présenter une carte : une machine se charge désormais de transformer une partie de mon corps en code numérique et hop, on est au top du progrès, génial. Une quinzaine de lycées ou collèges en France ont adopté ce dispositif pour vérifier que les élèves ne fraudent pas à la cantine, ou pour pallier aux pertes de cartes, cataclysmes abominables pour lʼorganisation dʼune vie scolaire ! Ces derniers appareils fonctionnent ainsi : on vous enregistre une première fois le contour de la main dans une machine, puis vous retenez un code à 7 chiffres, votre main étant envoyée dans une base de données dont le proviseur devient le « responsable de traitement ». Tout naturellement, le nom quʼa choisi le Conseil de lʼEurope pour les élèves se soumettant à cette procédure est « enrôlé ». Voilà, cʼest fait, plus dʼélèves, plus de parents dʼélèves, mais des enrôlés et des parents dʼenrôlés, donnant pleine au confiance au proviseur, pardon, au « responsable de traitement ».


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