Communiqué de la CNT 91 Soutien aux briseurs de bornes biométriques

Publié le par Edouard



Communiqué de la CNT 91
Soutien aux briseurs de bornes biométriques


Nous syndiqués de l'éducation déclarons soutenir les 3 étudiants
accusés de dégradation suite à leur action contre les bornes biométriques
installées à la cantine du lycée de la vallée de Chevreuse
de Gif sur Yvette qui grâce à un scanner de la silhouette de la main
réglaient l'accès des élèves.

A l'instar des faucheurs volontaires qui cherchent à réveiller les
consciences et à imposer un débat démocratique sur les OGM, l'action de ces
étudiants interpellent l'opinion publique sur la multiplication des expériences
de contrôle biométriques de nos activités (contrôle de l'accès à
l'entreprise, au self, au parking etc.)
Celles-ci sous couvert d'avancée technologique, se font sans aucune
consultation démocratique et le plus souvent avec une validation a posteriori de la
CNIL. Si de nombreux moyens technologiques de contrôle existent déjà et
permettent depuis peu la traçabilité de nos comportements sociaux (le téléphone
portable, l'internet,la carte bancaire etc), la biométrie , le plus souvent
présentée de façon anodine, constitue bien de part les données qu'elle enregistre,
le moyen de contrôle potentiellement le plus dangereux pour la liberté
individuelle.

Pour des raisons déontologiques, professionnelles et politiques, nous
dénonçons plus particulièrement son installation "expérimentale" dans des écoles
(au Lycée J. rostand à Mantes la jolie, au collège Joliot-curie de
Carqueiranne et annoncée au Lycée-collège Maurice Ravel de Paris )
Dans le contexte idéologique et économique actuel où un gouvernement
impose à coup de réforme une gestion ultra libérale à l'école publique et répond
aux contradictions qu'elle provoque et amplifie quotidiennement dans la vie
scolaire des établissements, par un discours répressif et sécuritaire,
nous craignons que ce nouveau moyen, ajouté à la vidéo surveillance,
transforme l'école en instrument de contrôle et de répression social.

Nous dénonçons le développement "expérimental" de la biométrie parce
qu'il ne fait l'objet d'aucun débat démocratique dans et hors de l'école. Que
ces "expériences" se fassent insidieusement à l'école ne relève pas du
hasard: dans son "livre bleu" le Gixel, lobby des entreprises d'électronique,
préconise que «plusieurs méthodes devront être employées pour faire accepter la
biométrie à la population» dont celle qui consiste à familiariser les plus jeunes
en les implantant prioritairement à l'école. Au Lycée de la Vallée de
Chevreuse comme au collège Maurice Ravel de Paris, l'administration avec l'accord de
leurs recteurs respectifs a accepté leur installation sans réelle
consultation des enseignants, des parents d'élèves et des élèves. Aucun protocole
s'inscrivant dans la loi informatique et liberté n'encadre par ailleurs leur usage.
Qu'adviendra-t-il quand on pourra à l'avenir pour chaque individu
croiser son dossier scolaire, ses données médicales, familiales et son casier
judiciaire?
L'échec scolaire stigmatisera-t-il la « dangerosité sociale » d'un
individu ?

Enfin, nous refusons la biométrie car elle est synonyme d'une
raréfaction du personnel d'éducation dans les enceintes des établissements scolaires.
La mécanisation des entrées et sorties des élèves qui prétend alléger la
tache de la vie scolaire , finira par la vider de ses surveillants (AE et MI SE)
et retirer à l'espace scolaire toute dimension éducationnelle et
pédagogique.
Nous percevons tout le danger de cette tendance qui transformerait
définitivement l'espace de l'école en lieu de consommation (du savoir
et des connaissances ) comme les autres avec ses clients et ses exclus.


La biométrie ressemble pour l'heure à un gadget mais elle participent
comme d'autres « nouveaux dispositifs » de régulation de l'espace et du temps
à une remise en cause de fait des orientations sociales du service public de
l'école.

Nous syndiqués et travailleurs de l'éducation saluons le courage des
trois étudiants incriminés.
Nous demandons leur relaxe et l'abandon de l'expérimentation
biométrique à l'école.
Nous appelons toutes les organisations syndicales et pédagogiques
conscientes des risques soulevés par le contrôle biométrique et technologique à
l'école à se concerter pour organiser un front du refus et réaffirmer notre
attachement au projet d'une école pour tous au service de chacun.

Salutations syndicalistes et révolutionnaires. CNT 91

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