Hostilités contre la biométrie

Publié le par Coordination contre la biométrie

Le passeport biométrique déclenche les hostilités en terre vaudoise

IDENTITÉ | 00h24 Henri Rothen, chef du Service cantonal de la population (SPOP), défend une modernisation du contrôle des habitants – réation de quatre centres régionaux – qui passe mal dans les communes. Il répond aux critiques.

FLORIAN CELLA | CRITIQUES A la tête du Service cantonal de la population, Henri Rothen doit faire face à la fronde des communes.LAUSANNE, ARCHIVES

PHILIPPE MASPOLI | 26 Janvier 2008 | 00h24

Passer au bureau communal pour commander une carte d’identité, un passeport ou un permis de séjour d’étranger, quoi de plus naturel dans un pays attaché à une bonne vieille notion de proximité? Dès novembre?2009, ce sera fini. Le souffle de la révolution provient de l’espace européen sécurisé défini à Schengen.

Les documents d’identité adopteront les coûteuses techniques de la biométrie intégrant les empreintes digitales: le prix d’une machine se monte à 50 000 francs. Le SPOP ouvrira donc quatre centres, à Nyon ou à Morges pour l’ouest, à Vevey pour l’est, à Yverdon pour le nord et la Broye, et à Lausanne. Calqué sur les arrondissements d’état civil, cela semble simple. En réalité, un bras de fer est engagé entre les communes, qui dénoncent une centralisation et une perte de recettes, et le chef du SPOP, Henri Rothen.

«Tentative de hold-up»

Le 6 décembre dernier à Aubonne, il a été reçu fraîchement par l’Association de communes vaudoises (AdCV), regroupant les communes dites riches. Auparavant, il a aussi été accusé de «tentative de hold-up» et de «mépris» dans une lettre envoyée au Conseil d’Etat par l’Association vaudoise des contrôles des habitants (AVDCH).

Le contentieux ne date pas d’hier: «J’ai toujours entendu dire qu’il y avait des relations tendues entre les bureaux de contrôles d’habitants et le SPOP», relève Nicole Grin, secrétaire générale de l’Union des communes vaudoises (UCV). «Mais cela dure depuis trente ans, ce n’est pas dû à ma personnalité. Je ne suis pas anticommunes, nous devons travailler ensemble. J’ai été secrétaire municipal à Yverdon et secrétaire général de l’UCV», rappelle Henri Rothen, qui dirige le SPOP depuis 2002. Les représentants des bureaux communaux sont plutôt discrets en attendant d’être reçus par le conseiller d’Etat Philippe Leuba. Leur présidente, Claude Petit, résume les reproches: «On enlève aux communes les activités qui rapportent. Mais le plus grave, c’est la perte de proximité.»

Le monde change

Le chef du SPOP défend la modernité. «Je conteste l’équation proximité?=?efficacité. Les habitudes de mobilité ont évolué. Avoir un bureau communal devant sa porte est illusoire s’il n’ouvre que quelques heures pas jour. L’exemple de l’état civil le montre: nous avons unifié les horaires, qui sont plus adéquats. Nous misons aussi sur internet.» Les lois, surtout dans le domaine de l’immigration, sont de plus en plus complexes. «Nous devons professionnaliser», assène Henri Rothen

Et l’argument financier? Le chef du SPOP rétorque que les émoluments des papiers d’identité et des cartes pour les étrangers représentent une goutte d’eau dans l’océan des recettes communales, 3,8 millions sur un total de 4,2 milliards. Soit une proportion de 0,09%.


source : 24heures

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