Navigo et fraudes de la RATP

Publié le par Coordination contre la biométrie


Les militants anti-Navigo se manifestent à Paris

 

Ils craignent d'être « tracés », « étudiés», « fliqués ». Les militants anti-Navigo s'organisent pour protester contre l'implantation d'une puce dans le pass, « susceptible de porter atteinte à la vie privée et au profilage des individus à leur insu ». Cette dernière recueille en effet toutes les informations sur les déplacements des usagers, mais la Cnil a donné son accord à la RATP, à condition que ces données ne soient utilisées que pour lutter contre la fraude. Le 31 mars dernier, une poignée de militants manifestaient à la station République (3e) et ouvraient les portes aux voyageurs pour leur permettre de passer sans être enregistrés.

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M. G. - ©2008 20 minutes




Des titres défectueux pour accélérer la cadence

 

Le sujet fait sourire aux guichets de la RATP. Oui, les coupons de Carte orange se démagnétisent plus que de raison depuis quelque temps, obligeant les usagers à les échanger trois à quatre fois par mois. Une « mesure dissuasive », de l'aveu même des vendeurs d'une station de la ligne 3, qui brandissent leur registre de réclamations plein à craquer. « A chaque fois, on glisse l'enveloppe d'inscription au pass Navigo dans les mains du client. A force, ça devrait rentrer », s'amuse l'un d'eux. A la RATP, le sujet est tabou et la direction assure qu'« aucune mesure pour fournir des tickets de moins bonne qualité n'a été prise ». Mais aux guichets, les chiffres parlent d'eux-mêmes. « Avant, on échangeait une dizaine de tickets par jour. Aujourd'hui, on frôle la centaine », révèle un guichetier de la ligne 2 du métro.

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Magali Gruet - ©2008 20 minutes



La Carte orange fait de la résistance

 

Difficile d'y échapper dans les couloirs du métro. Une voix rappelle fréquemment à l'usager tête en l'air qu'il serait temps de s'équiper d'un pass Navigo car «la carte Orange va disparaître». Oui, mais quand? La RATP a tenté l'intox auprès des usagers pour accélérer la cadence, mais le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) calme le jeu: «La migration doit se faire en douceur», selon lui. Le site Internet de la RATP, qui annonçait il y a quelques semaines que le coupon magnétique disparaîtrait définitivement en 2008, s'est fait taper sur les doigts par l'autorité de régulation.

«Ça sera difficile de passer à la télébilletique totale cette année, confirme Olivier Nalin, directeur des affaires économiques et tarifaires du Stif. Le dernier moment pour passer de la Carte orange au pass Navigo ne peut être le même pour tout le monde, ce serait la bousculade.» Il reconnaît que les décideurs franciliens avaient «dans l'idée que le passage serait plus rapide». Selon une étude menée par le Stif, un tiers des usagers reconnaissent ne pas être prêts à changer sans y être contraints et forcés. D'où l'idée de rendre progressivement impossible l'achat de coupons magnétiques dans les stations. Cette stratégie qui consiste à « miter le réseau» concerne aujourd'hui 50% des gares SNCF et 35% des stations RATP. Soit un bassin de 40% des usagers du premier réseau et 25% à 30% du second. «On attaque le noyau dur du million de récalcitrants, soit le tiers des usagers », explique- t-on à la SNCF. Où l'on ne cache pas une certaine impatience de voir la carte magnétique reléguée au rang des antiquités. «Ça fait trois ans que nos équipes se fatiguent à vendre Navigo, il faut qu'on en finisse», s'énerve une source qui dénonce la tiédeur du Stif. Elle l'accuse aussi d'avoir «peur de la polémique sur l'anonymat!» Faux, répond Olivier Nalin, qui fait valoir que le fabricant de pass Navigo ne peut en produire que 200.000 par mois. Rendez-vous, donc, en 2009.

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Alexandre Sulzer

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