Le passeport biométrique serait falsifiable

Publié le par Coordination contre la biométrie


La Suisse produit des passeports biométriques depuis 06.
La Suisse produit des passeports biométriques depuis 06.[Keystone]
10.07.2008 11:23
Trois chercheurs lausannois ont examiné le passeport biométrique. Présenté comme un gage de sécurité et de fiabilité, celui-ci comporte des risques de falsification et des lacunes dans la protection des données, disent-ils dans Uniscope.
Au terme d'une étude de deux ans financée par le Fonds national de la recherche scientifique (FNS), une experte de la police scientifique, une juriste ainsi qu'un ingénieur ont établi que les données biométriques induisaient d'importants risques dans chacun de leur domaine.

Les résultats de leurs recherches font l'objet d'un article dans Uniscope, la publication mensuelle de l'Université de Lausanne. Les conclusions de cette recherche prennent une dimension toute particulière à l'heure où le Parlement vient d'approuver l'ajout, dès 2009, de deux empreintes digitales au passeport à croix blanche.
Falsification facile
"On peut mouler l'empreinte digitale de quelqu'un et réaliser un contre-moulage à l'aide de gélatine. Il suffit ensuite de coller cette fine couche de gélatine sous l'index, par-dessus ses propres empreintes. Tous les capteurs que nous avons testés, même ceux munis d'un dispositif antifraude, se font piéger", explique Marcela Espinoza, de l'Institut de police scientifique, dans Uniscope.

Pour la chercheuse, il est tout à fait envisageable d'obtenir l'empreinte de quelqu'un sans son accord ou en relevant une trace, par exemple sur un verre.
Les photos posent aussi problème
"Avec la photo du visage, le fait que vous ayez laissé pousser vos cheveux ou votre barbe peut perturber le système, qui peinera à vous reconnaître. De même, une variation dans l'éclairage ou la position de la tête peut fausser la mesure", constate Jonas Richiardi, postdoctorant du groupe traitement de la parole et biométrie à l'EPFL.

Dans le cas d'une vérification automatique et systématique, il faudra donc décider d'un seuil de tolérance arbitraire au-delà duquel on estime que la personne tente de frauder.

"Avec un seuil élevé, il y a peu de chances que des tricheurs passent inaperçus, mais le risque est grand que des personnes honnêtes soient refoulées. Avec un seuil plus bas, on diminue ce risque de faux rejets, mais également l'efficacité de la protection". A l'heure actuelle, personne ne sait qui fixerait ce seuil et s'il serait le même dans tous les pays.

tsr.ch/mej
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