La biométrie pour les voitures

Publié le par Coordination contre la biométrie

À Roissy, les vols de voitures enrayés par la technologie

Christophe Cornevin
25/08/2008 | Mise à jour : 18:01 |
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À l'entrée des parkings de Roissy, la plaque et la calandre des véhicules sont photographiées à chaque émission de ticket.
À l'entrée des parkings de Roissy, la plaque et la calandre des véhicules sont photographiées à chaque émission de ticket.

Les parkings étaient devenus un «supermarché» pour les trafiquants de berlinesde luxe. Un système high-tech a permis de lutter contre ce fléau.

Luxueuses berlines dérobées, puissants 4 × 4 disparus, coupés sports volatilisés… Des années durant, les parkings de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle ont été le théâtre de vols en série de véhicules de particuliers. Les malfrats, issus de bandes organisées, étaient comme aimantés par ce site de 27 000 emplacements où stationnent, sagement rangés sur treize sites, toutes les marques et modèles les plus récents en circulation. Autrement dit, un vrai supermarché à ciel ouvert et en souterrain où il ne faisait pas bon venir garer sa Mercedes un mois de suite dans le même secteur sans se faire repérer.

Le fléau avait pris une ampleur telle qu'en 2003 un rapport estimait qu'une voiture y était volée chaque jour. Le stratagème était enfantin : un inconnu arrivait au volant d'un tacot hors d'âge avant de s'emparer d'un bolide flambant neuf. Une fois le tour de passe-passe opéré, il repartait en franchissant tranquillement un simple barriérage à l'aide de son ticket d'entrée. Les plus astucieux intervertissaient les plaques minéralogiques avec celle du modèle volé pour ne pas être repérés. Commandés par des filières internationales, les modèles haut de gamme filaient clandestinement vers la Belgique puis les pays de l'Est. Ou, dans certains cas, ils étaient acheminés vers la Côte d'Azur avant d'être maquillés puis embarqués par conteneurs vers l'Afrique…

Zéro infraction

«Fin 2003, les responsables de notre service des parcs et accès gérant les parkings ont décidé de prendre le problème à bras-le-corps, confie-t-on à l'antenne de Roissy d'Aéroports de Paris (ADP). Il fallait améliorer le service à une clientèle encline à davantage de sécurité…» Avec des tarifs de stationnement allant de 20 euros la journée jusqu'à 140 euros la semaine, le spectre du vol n'était en effet plus tolérable.

S'appuyant sur l'expertise technologique du groupe Thales, spécialiste des équipements électroniques de défense et de sécurité, ADP a développé un prototype de protection de ses parkings unique au monde. Baptisé «Carmetrics», il a permis de réduire à zéro les vols de voitures l'année dernière. Le système, ultrasophistiqué, se déclenche lorsque les automobilistes viennent retirer leur ticket à l'entrée du parking. La plaque de chaque voiture est photographiée et la forme de la calandre est visualisée par des capteurs qui retiennent neuf points bien spécifiques.

En ressortant, l'usager du parking se retrouve dans un double barriérage devenu la hantise des voleurs. «Quand il passe son ticket, le logiciel reconnaît le numéro de la voiture photographiée et effectue le rapprochement avec les 9 points mémorisés de la calandre», explique-t-on à ADP. Si cet inédit «passeport biométrique» de la voiture est valide, la dernière haie de la borne de péage s'ouvre aussitôt. «En cas de problème, la clôture ne se lève pas et un agent d'ADP vient vérifier le ticket et la détention de la carte grise», explique Stéphane Glock, responsable du pôle patrimoine des parcs et accès à Roissy.

Les forces de l'ordre sont appelées à la rescousse en cas de besoin. «En général, les malfaiteurs ne s'attardaient pas au volant et nous avons retrouvé au moment de la mise en place de Carmetrics des voitures abandonnées dans les chenaux de sortie, observe Stéphane Glock. Par ailleurs, le système évite aux fraudeurs de se coller à une voiture pour sortir sans payer…»

L'enjeu, sur le plan de la sécurité, est colossal car, selon une estimation fournie au Figaro, pas moins de 10,1 millions de passagers viennent chaque année en voiture sur la zone aéroportuaire de Charles-de-Gaulle. La manne financière, elle aussi, n'est pas négligeable. Selon le dernier bilan annuel de l'entreprise, «les recettes des parcs de stationnement automobile et accès s'établissent à environ 150 millions d'euros, en hausse de 4,5 %».

Depuis l'année dernière, l'activité des parkings d'ADP a globalement fait un bond de 9,5 % tandis que les abonnements progressent. Rempart high-tech contre le vol, Carmetrics est convoité. Des aéroports de provinces et des États-Unis, mais aussi de grands gestionnaires de parkings, sont venus à Roissy afin de vérifier l'invulnérabilité du système.


Cartes grises électroniques

Déjà 70.000 unités délivrées
 
· Généralisation à partir de 2010

· Le décryptage des puces tributaire du futur code de la route


LA biométrie gagne du terrain: après la CIN, c’est au tour de la carte grise et du permis de conduire électroniques de garnir le portefeuille de l’automobiliste, en attendant le passeport.
Dans un an et demi, deux ans au maximum, l’on passera à la généralisation des documents de nouvelle génération, annonce un cadre en charge de l’opération au ministère des Transports.
Désormais, tout changement de véhicule se traduit systématiquement par un changement de la carte grise. D’ici 2010, la majorité des automobilistes et détenteurs de permis détiendra des cartes électroniques.
En attendant, cela fait 6 mois déjà que les nouvelles cartes circulent surtout dans la zone pilote, Casablanca et Rabat. Un bilan d’étape s’impose donc.
En tout et pour tout, depuis le lancement des nouveaux documents biométriques, plus de 70.000 cartes grises ont été délivrées à ce jour par les différents centres immatriculateurs, précise un cadre au département de tutelle. Quelque 20.000 permis définitifs biométriques ont été livrés jusque-là. Par ailleurs, plus de 70.000 permis bleus, dits provisoires, passés aussi au mode biométrique, sont distribués.
Pratiquement, l’ensemble des centres délivrent aujourd’hui des documents électroniques, à l’exception de Zagora et de Taroudant.
Deux villes qui passeront incessamment vers le nouveau procédé, probablement en septembre prochain.
Un changement favorablement accueilli par de nombreux automobilistes.
La nouvelle carte étant très réduite et pratique s’inscrit dans l’air du temps. Elle est d’un format similaire à celui de la carte bancaire (GAB).
Toutefois, les nouvelles cartes n’offrent aucune valeur ajoutée sur le plan fonctionnel, comparées aux anciens cartons gris ternes. «C’est faire du neuf avec du vieux!», témoigne un automobiliste qui vient de renouveler sa carte.
Les nouveaux documents sont certes munis de puce électronique. Une pièce maîtresse censée stocker des données sur l’identité du propriétaire ainsi que celle du véhicule.
Mais ces données ne sont pas encore exploitables! Pour la simple raison que les agents de la circulation (police, gendarmerie…) ne disposent pas encore de terminaux de décryptage. Des lecteurs censés être compatibles de façon à décrypter les puces des 3 cartes (CIN, permis, carte grise).
«Il faut que le volume des cartes en circulation justifie l’acquisition de nouveaux terminaux», explique un cadre au ministère des Transports.
«Dans deux ans, les nouveaux documents seront majoritaires et justifieront des investissements dans les terminaux de lecture», poursuit-il.
En attendant le volume, les agents de la circulation se contentent de lire comme à l’accoutumée des données figurant sur la nouvelle carte: marque, type, genre, modèle, carburant, n° du chassis, nombre de cylindres, puissance fiscale, nombre de places, poids global, poids à vide…
Et c’est là un autre grief à l’encontre des nouvelles pièces. Quoique plus esthétiques et réduites, les cartes de dernière génération reproduisent intégralement l’ensemble du contenu de l’ancien document gris cartonné. L’on ne fait l’impasse sur aucun détail même si la puce est intégrée: numéro d’immatriculation, date de la première mise en circulation, date de la mutation, validité, usage du véhicule (particulier, commercial…), nom et prénom du propriétaire, adresse… «Tant que l’on ne peut décrypter les données stockées, l’administration est tenue de reproduire l’ensemble des données comme le précise la convention de Vienne à l’échelle internationale», signale la même source.
Certains responsables aux centres immatriculateurs vont plus loin. Ils expliquent cette «incongruité administrative» par l’absence d’un cadre juridique. Seule la promulgation d’un texte de loi permettant l’accès à des données personnelles, la sélection d’une base de données concernant le propriétaire du véhicule, les modalités de traitement… permettra l’introduction de ces données et leur éventuelle exploitation par les agents de circulation.
La lecture des données reste ainsi tributaire de la promulgation du nouveau code de la route. En l’absence du cadre juridique, l’on ne peut cependant faire l’impasse sur l’ensemble des données.


Retards


Supposés entraîner plus de célérité et une nouvelle dynamique dans la gestion des dossiers des centres immatriculateurs, les nouveaux documents accusent beaucoup de retard. L’on parle de 60 à 120 jours d’attente contre seulement 30 jours en moyenne auparavant: «Il m’a fallu attendre plus de 4 mois avant d’avoir la nouvelle carte. A chaque fois, on me cachetait la carte provisoire pour proroger sa validité de 30 jours supplémentaires. Avec les longues files d’attente, il y a assurément plus de tracasseries qu’auparavant», témoigne un automobiliste. Un retard que des centres attribuent à l’administration centrale. «La production des nouveaux documents est centralisée à Rabat», répond l’air désolé le préposé au guichet d’un centre immatriculateur. Faux, précise-t-on au niveau de l’administration centrale. «Seule la partie personnalisation, c’est-à-dire l’impression des cartes se fait à Rabat». Pour l’impression, le délai maximum est en principe de 7 jours. Le retard enregistré est surtout attribué à l’aspect étude et traitement lorsqu’il s’agit de transfert de dossiers d’une ville à l’autre.

Amin RBOUB


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parking roissy 25/03/2016 14:56

Le parking de l'aéroport est souvent le cible des malfrats. Souvent, il arrive que les voyageurs à leurs arrivés descentes d'avion voient constatent qu'une pièce de ses voitures ont été volés