Dijon : Biométrie pour tous!

Publié le par Coordination contre la biométrie

mardi 30 septembre 2008

Le personnel assistant du lycée Simone-Weil concerné

Biométrie : la « pointeuse » des temps modernes

 
Pointer la présence des élèves, c'est vieux comme l'école. Intégrer la biométrie dans les cantines devient de plus en plus fréquent. Mais pointer le personnel scolaire via la biométrie, c'est nouveau… et pas forcément du goût de tout le monde. Exemple au lycée Simone-Weil à Dijon.
Il y a les partisans des nouvelles technologies, qui prônent l'avancée technique, la simplification des tâches ou encore les économies d'argent et de temps.
Il y a aussi les partisans des libertés individuelles, les anti « Big Brother » et « anti-flicage », à l'heure du fichier Edvige et autres contrôles des personnes.
Alors comment allier les deux ? Et surtout comment réagir lorsqu'un établissement scolaire décide d'installer un système biométrique, à savoir une reconnaissance par contour de la main, pour pointer son personnel ? Dilemme entre praticité et droits des individus ? Pas vraiment pour le proviseur du lycée Simone-Weil à Dijon, Norbert Pelletier, qui teste depuis peu ce système : « Il s'agit tout simplement de passer d'un système archaïque à un système moderne. Avant, une personne devait pointer manuellement les arrivées et les sorties du personnel. Aujourd'hui nous avons la chance d'avoir des machines qui peuvent le faire pour nous. C'est un gain de temps et d'argent ». Une cinquantaine de personnes - assistants d'éducation, agents… - sont ainsi concernées par ce nouveau dispositif.
Une meilleure gestion du temps
Le proviseur, qui ne parle pas de « biométrie » mais de « reconnaissance par contour de la main », a bien du mal à comprendre d'où vient la polémique.
« C'est un outil de gestion. Les choses ont évolué et aujourd'hui nous devons gérer du personnel dont les horaires sont totalement variables. Avec ce nouveau système, nous gérons mieux cette amplitude. Nous avions des pertes énormes en nombres d'heures dans certains domaines. Avec ce dispositif, nous savons quand le personnel fait trop d'heures ou quand il n'en fait pas assez. C'est en quelque sorte un juge de paix. Un même dispositif à l'entrée de la cantine me semble également envisageable. »
Déjà dans les cantines
La biométrie n'est pas en effet une nouveauté au sein des établissements scolaires. Depuis quelques années, ce dispositif a fait son entrée dans les collèges et lycées notamment pour les passages à la cantine.
C'est le cas en Côte-d'Or notamment aux collèges des Lentillères à Dijon et à Jean-Rostand à Quetigny. Une installation qui n'avait cependant pas fait l'unanimité (voir encadré).
Là où certains voient un intérêt pratique - fini le risque de perte, de vol ou de détérioration de la carte -, et financier, d'autres constatent une « banalisation du flicage » (voir éditions des 30 avril et 7 mai 2008).
Contestation autour de la biométrie
Et c'est naturellement sur ce dernier point que personnel et syndicats réagissent. « Nous sommes dans un contexte où nous sommes tous contrôlés, où tout le monde est stigmatisé », déplore le Snes-FSU, syndicat enseignant. « Faire pointer le personnel revient à lui dire qu'on n'a pas confiance en lui. Nous nous posons beaucoup de questions sur l'intérêt de cette mise en place. D'autant qu'apparemment, cette décision n'a pas été validée en interne. Nous cherchons aussi à vérifier que la déclaration auprès de la Cnil a bien été effectuée ». Information démentie par le proviseur : « Ce projet a été lancé en 2006 et suivi par les chefs de service et le conseil d'administration ; nous en avons encore parlé lors de notre dernière réunion lundi (22 septembre) ». Et effectivement, le projet a bien été présenté au conseil d'administration. Cependant, ce dernier n'a pu donner son accord car le projet n'a pas été soumis au vote, au motif que la mise en place de la pointeuse relève du fonctionnement de l'établissement. Quant au coût, il s'élève à 4 000 euros.
Une « décision arbitraire » pour les syndicats et le personnel. « Le personnel se trouve devant le fait accompli. Et comme bon nombre se trouve en situation précaire, ils n'ont pas le choix. À aucun moment, les personnes concernées n'ont été averties. Ils se sentent fliqués, espionnés. Comment voulez-vous que les gens travaillent correctement dans une ambiance de peur ? On leur montre clairement qu'on n'a pas confiance en eux, ils vont être totalement démotivés », explique un membre du personnel.
Un contexte difficile donc au sein du lycée Simone-Weil. La frontière entre l'utilisation de nouvelles technologies et le respect des libertés individuelles est mince… et suscite un véritable débat.
Christelle POMMERET

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hollinger 29/05/2011 01:19



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