La biométrie s'installe illégalement dans les écoles

Publié le par Coordination contre la biométrie

Grasse

Sécurité Sans l'autorisation de la CNIL, la biométrie a fait son apparition dans les écoles maternelle Henry-Wallon et primaire Saint-Antoine


Paru le jeudi 27 novembre 2008 1 commentaire(s)
nm-photo-222679.jpg
Photo : Loïc Temporelli
Le dispositif ne concerne que les enseignants et le personnel. Il a été mis en place à la maternelle Henri-Wallon mais à Saint-Antoine (ci-dessous), un mouvement de résistance s'est élevé contre le principe de la prise d'empreintes.

Dans un avenir proche, il faudra peut-être montrer patte blanche ou du moins son empreinte, pour accéder aux bâtiments communaux.



Pour l'instant, à titre expérimental, la biométrie s'installe sur certaines portes de la commune. Et ce de manière tout à fait illégale !

L'école maternelle Henry-Wallon et la primaire Saint-Antoine sont les premiers établissements équipés.

Si au Plan-de-Grasse l'encadrement de l'école s'est volontiers prêté au jeu, côté Saint-Antoine, on affiche une ferme résistance.

Les enseignants ainsi que le personnel ont donc tout simplement refusé de donner leurs empreintes. À raison, puisque le dispositif est illégal. L'installation, en effet, n'a pas reçu l'autorisation pourtant indispensable de la CNIL...

« Nous avons suivi à la lettre ce que dit la Commission nationale de l'informatique et des libertés, qui a tout simplement refusé l'installation de la biométrie par système d'empreintes dans les écoles » affirme Anne-Lise Caporali, directrice de l'établissement.

Mais cela importe peu à la municipalité, puisque le matériel loué à l'entreprise Oytech a quand même été installé. « Le système est expérimenté, sur trois entrées à Saint-Antoine et deux à Henry-Wallon. Nous louons le matériel pour 200 e par mois. Cela nous permet d'éviter le coût d'achat qui est d'environ 6 000 » » explique Patrick Fouques, directeur des bâtiments communaux. « Ce que je ne comprends pas, c'est que l'entreprise nous avait garanti la conformité de l'installation. »

« Je demande l'installation d'une alarme »

Pour Anne-Lise Caporali, « le système ne correspond, pas du tout aux attentes de l'école ». Ciblée à trois reprises cette année, l'école de Saint-Antoine a subi plusieurs vols et dégradations. La sécurité y est inexistante.

« Ça fait plus de deux ans que je demande l'installation d'une alarme, insiste la directrice de l'école. Avec ce système, on sous-entend que ce sont des personnes de l'école qui sont complices des intrusions ! »

Rémi Krisanaz, adjoint délégué à la vie scolaire et périscolaire, est lui bien conscient que l'amélioration de la sécurité est inévitable. « La biométrie n'empêchera rien. Il faudra peut-être rehausser les barrières, mettre des fermetures de porte à trois points. Les alarmes avaient un déclenchement intempestif. Les caméras ont un coût trop onéreux. Je reste ouvert à toute proposition ».

Mais pour l'instant, la municipalité a décidé de se mettre hors-la-loi. La CNIL n'ayant pas donné son autorisation pour l'installation du système biométrique, devrait demander des comptes à la Ville.

Fabien Pigalle

Commenter cet article