Biométrie & cantines scolaires : encore et encore

Publié le par Coordination contre la biométrie

Entreprises / TPE - PME

PACA

Alise fait entrer la biométrie à l'école

De retour à l'école, des élèves du secondaire doivent montrer patte blanche pour accéder à la cantine.

Alise, spécialisée dans le développement de logiciels d'identification et des périphériques associés, a mis au point un procédé de biométrie à reconnaissance du contour de la main (RCM) destiné à faciliter la gestion des repas dans les collèges et lycées. Chaque élève doit taper un code puis poser sa main sur un lecteur biométrique qui affichera son nom, prénom, le solde de son compte et acceptera ou non son passage. Cette technologie, validée par la Cnil dans le cadre d'une autorisation unique, remplace les cartes magnétiques qui peuvent être perdues, volées ou échangées. Celles-ci ne seront conservées que pour les élèves dont les parents refusent la biométrie et par les hôtes exceptionnels.


Alise travaille dans le domaine du contrôle d'accès depuis 1992. Tourniquet, barrière lumineuse, distributeur de plateaux, biométrie RCM, elle équipe 1.250 restaurants, cafétérias, parkings, CDI? Créée et dirigée par Pierre Benguigui, la société emploie actuellement 19 salariés et génère un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros. « Notre croissance connaît un coup d'accélérateur depuis que nous proposons de la biométrie. Cette technologie draine presque 20 % de notre activité », précise le dirigeant.


Solutions de gestion


À partir de son siège de Venelles, dans les Bouches-du-Rhône, et de ses deux agences commerciales, Alise couvre l'ensemble de l'Hexagone. La PME travaille pour des établissements scolaires et a, dès sa création, proposé des solutions aux gestionnaires de cantines. Avec pour commencer un logiciel de gestion financière permettant, entre autres, de comptabiliser les repas réellement consommés. Le système Arc-en-Self a, depuis, donné naissance à un club d'utilisateurs comptant 500 adhérents qui font évoluer le produit en fonction de leurs besoins. « Notre valeur ajoutée réside dans notre capacité à faire de nos clients des partenaires. Ils nous aident à trouver des solutions à leurs problèmes », assure Pierre Benguigui. « C'est à la demande de nos clients, qui désiraient que nous résolvions le problème des oublis de cartes, que nous avons exploré la voie de la biométrie. »

Gérard Tur, à Marseille



Toulon

Pour manger à la cantine il faut montrer patte blanche

Paru le mercredi 7 janvier 2009 2 commentaire(s)
nm-photo-227820.jpg
Photo : André Dupeyroux
A Bonaparte, on a troqué la carte de cantine contre la vérification biométrique du contour de la main. « Un système qui n'a que des avantages », d'après la direction du lycée.

Self du lycée Bonaparte, 12 h 15. Environ 650 estomacs affamés prennent d'assaut la cantine avant d'affronter les cours de l'après-midi. Émilie, en BTS, se présente devant un terminal, tapote un code à quatre chiffres, puis plaque sa paume et ses cinq doigts sur un appareil bourré d'électronique. Lequel valide son identité et lui débloque un tourniquet métallique : le sésame pour goûter aux délices de la restauration collective. De la science-fiction ?


Un capteur identifie le contour de la main

Pas vraiment. C'est ainsi depuis le début de l'année scolaire avenue Winston-Churchill, ainsi qu'au collège de la Marquisanne (1). Il faut montrer patte blanche pour accéder aux réfectoires de ces deux établissements, depuis qu'ils ont choisi d'investir dans une borne biométrique pour remplacer la carte de cantine.

« Cette technologie permet de contrôler les accès en identifiant le contour de la main. Elle a été validée par le conseil d'administration. Pour autant, les familles qui le souhaitent peuvent rester à l'ancien système », explique Adelita Pendaries, proviseur adjoint.

Les avantages de cette innovation ? Pas de fraude ni de racket, gestion administrative facilitée, moins de personnels pour contrôler, traçabilité des mangeurs, stocks optimisés, gain de temps et même d'argent : si le joujou vaut plus de 7 000 e hors installation, fournir une carte magnétique aux nouveaux lycéens et la remplacer en cas de perte, coûterait à terme bien plus cher à la collectivité. Adelita Pendaries n'a aucun doute : « les aspects pratiques de la biométrie sont nombreux et indéniables. »

Les aspects éthiques, eux, ne seraient pas aussi irréfutables. D'aucuns s'offusquent que l'on déresponsabilise encore un peu plus les jeunes étourdis, qu'on les habitue à des contrôles systématiques, voire, carrément, qu'on les « fiche ». Le gros-mot-qui-fait-peur est lâché. « Parce qu'avec une carte, on n'est pas fichée ? se gausse gentiment Thierry Vuillemin, pour la PEEP, association majoritaire de parents d'élèves à « Bona ». Et puis, on laisse plus d'infos en saisissant un verre ou en s'inscrivant sur facebook ! »

Selon Didier Paoli, président de la CPaE, l'autre groupement de parents, « les libertés individuelles » seraient pourtant « menacées ». Et d'expliquer : « Ce procédé, même bien intentionné, est symptomatique d'une dérive de la société où contrôles et autres caméras se multiplient. On est certes en face du palais de justice, mais ça reste un lieu d'éducation... »

Dumont : « Il faut vivre avec son temps »

Et quid des intéressés ? Chez les lycéens, les récalcitrants ne seraient que quelques dizaines. Laurent résume le sentiment général : « Moi ça m'arrange : j'oubliais tout le temps ma carte. » Seuls les professeurs font montre d'un peu plus de scepticisme. Jérôme Nallet, prof de physique, confie avoir « l'impression désagréable de mettre le doigt dans un système peu déontologique ». Comme nombre de ses collègues, il a gardé la bonne vieille carte.

Quant aux autres établissements de la ville... « On y réfléchit très sérieusement, admet Éric Gommé, proviseur de Dumont-d'Urville. Avec la multiplication des forfaits individualisés, on se doit de gérer chaque personne comme un client à part. Dans cette optique, le système a beaucoup de qualités et tôt ou tard, beaucoup y viendront. Moi qui ne suis pas un adepte du contrôle tous azimuts, je crois quand même qu'il faut vivre avec son temps. »

Et s'en laver les mains ?

 

http://www.varmatin.com


1. Le principal du collège, Gérard Leca, assure que le système n'a soulevé aucune protestation et qu'il n'y a aucun récalcitrant dans son établissement.

Commenter cet article