Une physique un peu trop biomaitrisée

Publié le par Coordination contre la biométrie

La sécurité d'accès au CERN passera par la biométrie
 
C'est dans les yeux qu'il faudra bientôt regarder le LHC (Large Hadron Collider). Tous les accès à l'accélérateur seront munis d'un dispositif d'identification par reconnaissance de l'iris. Le système de sas dernier cri est progressivement installé. En tout, ce sont plus de 3000 personnes qui devront passer par ce service avant fin 2007 pour que le système soit opérationnel en 2008.


L'accès au LHC sera réglementé par des sas avec des détecteurs biométriques,
des détecteurs infrarouges de mouvements et des capteurs de poids

Le service de biométrie fournit deux sésames: le futur badge d'accès au LHC combiné au dosimètre, ainsi que la reconnaissance de l'iris (voir plus bas). Pour enregistrer ce paramètre biométrique, une photo de l'oeil droit puis gauche est prise grâce à une petite caméra. L'image est codée par un algorithme, à la manière d'un code barres. Il faut ensuite s'assurer de la bonne reconnaissance de l'oeil par la machine et expliquer au personnel la démarche à effectuer pour utiliser ces nouveaux sas. Afin d'aider les utilisateurs à se familiariser avec ces nouveaux systèmes, un sas d'accès d'essais a été installé dans un bâtiment. Le fonctionnement de celui-ci n'est pas compliqué, mais il demande une procédure rigoureuse qu'il faut impérativement respecter. La moindre petite anomalie est détectée par le sas, qui par conséquent ne s'ouvre pas. En plus du lecteur d'iris, le sas est muni de détecteurs infrarouges de mouvements et de capteurs de poids. Ces contrôles supplémentaires permettent de s'assurer du passage d'une seule personne à la fois et empêchent le transport de matériel, celui-ci devant être acheminé par le sas matériel qui est installé à côté.

Les futurs badges d'accès pour le LHC sont fixés au dosimètre personnel. Un capot, contenant une puce est clipsé à celui-ci. "Ce nouveau procédé permet de s'assurer que le personnel emportera son dosimètre avec lui", explique Rui Nunes, responsable des systèmes d'accès. Ce badge ouvre les sas, ensuite il faut présenter son oeil devant une sorte de "cyclope" électronique pour une lecture de l'iris. S'il correspond à l'image enregistrée au préalable, la porte s'ouvre, sinon il faut faire demi-tour. Quarante sas équipés d'un détecteur biométrique vont être installés, dont un tiers ont déjà été mis en place.


Le saviez-vous ?

Le système de contrôle par reconnaissance de l'iris est l'un des systèmes les plus fiables qui existent. L'iris, anneau visible coloré de l'oeil, comporte un dessin unique à chaque personne. Plus encore, les deux yeux d'une même personne présentent des dessins distincts. Le service biométrie enregistre les données relatives à l'oeil droit et gauche d'une même personne pour qu'elle puisse présenter l'un ou l'autre au lecteur optique. La reconnaissance se fait tout simplement en plaçant son oeil à 20 centimètres du "cyclope" électronique. L'appareil prend une photo qu'il encode, puis il compare les données à toutes celles enregistrées. Les porteurs de lunettes de vue et de lentilles de contact peuvent même les garder lors de l'identification.

  Source: CERN
Illustration: © CERN Maximilien Brice

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