Irak : laboratoire biométrique, ah les malinous!

Publié le par Coordination contre la biométrie

La biométrie, arme de sûreté en Irak

La biométrie, arme de sûreté en IrakSécurité - Présente dans le pays depuis mars 2003, l'armée américaine a mis sur pied une base d'identification biométrique. Un moyen de limiter les risques d'attentats.

Alors qu'une identification poussée des individus fait débat aux Etats-Unis au nom de la lutte anti-terroriste, le gouvernement américain se félicite du succès rencontré en Irak par le fichage biométrique. En date du 15 août 2007, il comptabilisait quelque 350 000 données anthropométriques mises à disposition des autorités irakiennes.

Communément appelé AFIS (Automated Fingerprints System), le dispositif stocke photos d'identité, empreintes digitales mais aussi des scans de la rétine. « Nous complétons la base au rythme de 4 000 à 5 000 nouvelles entrées chaque semaine », précise John W. Velliquette. Lieutenant Colonel dans l'armée américaine, il est le coordinateur du centre de relevé d'identité AFIS installé dans le quartier international de Bagdad.

Le système biométrique est constitué d'un ordinateur portable, d'un appareil photo et d'un scanner de rétine. Il est utilisé pour identifier les membres de la police et de l'armée iraquienne, mais aussi les prisonniers et les personnes autorisées à porter une arme. Il sert également à identifier les criminels et suspects impliqués dans diverses affaires.

A cela s'ajoute une application purement administrative. « Il nous permet aussi de traquer les employés fantômes. Ces personnes qui empochent deux salaires, mais qui en fait n'occupe qu'un seul poste », précise John W. Velliquette.

Ce système de relevé biométrique reste soumis à quelques limites techniques des plus élémentaires. Les informations collectées ne peuvent en effet être enregistrées directement sur des serveurs du Ministère de l'intérieur. « En raison de problèmes de connexion, les données sont d'abord gravées sur CD », explique John W. Velliquette. Le catalogue est ensuite remis aux services compétents.

Trois systèmes en place

Ce qui est loin de garantir une totale sécurité si cette base venait à tomber entre les mains d'une personne mal intentionnée. Comme le reconnaît le lieutenant colonel, elle deviendrait alors « une liste noire » où chaque personne consignée pourrait faire l'objet de règlement de compte. Pour le moment, une trentaine de personne ont accès à cette base à Bagdad : 7 représentants américains et 24 employés du Ministère de l'intérieur.

Les informations consignées comportent le nom de chaque individu, son adresse, sa date de naissance, son poids, sa taille, la couleur de ses cheveux, ainsi que le nom de ses parents. L'accointance religieuse en revanche ne serait pas consignée.

Parallèlement au système AFIS alimenté sans cesse à Bagdad, vient s'ajouter un autre dispositif réservé aux personnes habitant dans d'autres villes du pays. Une troisième base recense les personnes autorisées à accéder à la zone internationale à Bagdad, là où travaillent officiels irakiens, américains et diplomates étrangers. Tous ces systèmes sont reliés au Centre biométrique du Pentagone, situé à Clarksburg, en Virgine occidentale, aux Etats-Unis. En revanche, ils ne sont pas connectés entre eux, ce qui signifie par exemple qu'une personne identifiée pour la ville de Fallujah ne sera pas forcément déjà identifiée pour venir travailler à Bagdad.

« Avec l'occupation ici, les badges font parties du quotidien des irakiens », confiait récemment le caporal Jonathan Rudolph sur le site des Marines. L'année prochaine, durant l'été 2008, les autorités locales devraient pouvoir prendre en charge ces opérations biométriques pour compléter leur propre système d'identité.

Publié dans articles

Commenter cet article